Les médias russes rapportent que le vol MH17 a été abattu par une batterie de missiles ukrainienne

Par Peter Schwarz, 28 juillet 2014 - Selon l'agence de presse russe Ria Novosti qui cite une source anonyme au sein de l'appareil de sécurité ukrainien, l’avion de ligne malaisien MH17 aurait probablement été abattu le 17 juillet par une unité anti-aérienne durant des exercices. Ces nouvelles allégations circonstanciées parues dans les médias russes arrivent au moment où les accusations par les Etats-Unis et l’Union européenne faisant porter à la Russie la responsabilité d’avoir abattu l’avion de ligne sont en train de se multiplier.

Selon ce rapport, le commandant du 156ème régiment lance-roquette de défense aérienne avait reçu le 17 juillet l’ordre d’assurer la couverture des unités terrestres près de Donetsk. L’unité fut chargée de la surveillance et de la destruction de cibles « au moyen d’une roquette de type Buk-M1 en mode d’entraînement. »

Deux appareils de combat SU-25 de la base aérienne de la 229ème brigade d’aviation tactique Kulbakino basée à Nikolaev auraient servi de cible témoin. L’un de ces avions avait été repéré près de Sarostschenskoje par un système de missiles anti-aériens Buk.

« Un malheureux hasard aurait pu faire que la trajectoire du vol du Boeing malaisien et celle du SU-25, qui se trouvaient à des altitudes différentes, se croisent en apparaissant sur l’écran radar comme un seul gros point; ce qui a été fatal pour l’avion civil étant donné que le système de ciblâge choisit automatiquement la cible la plus grande, » a indiqué cette source àRia Novosti.

Le lancement d’une roquette ne semblerait pas avoir été prévu. La source n’a pas été en mesure d’expliquer pourquoi elle a néanmoins été tirée. « C’est la question qui se pose au personnel du service de sécurité ukrainien qui a été chercher le chef de batterie et son équipe dans la soirée vers 20 h 30, » a-t-elle dit.

Le côté ukrainien a immédiatement réfuté cette information comme étant fausse. « Cette information, selon laquelle le Boeing a été abattu durant un exercice de défense aérienne est absolument insensé, » a dit un porte-parole du ministère ukrainien de la Défense.

Cette information émanant de la source de Ria Novosti ne peut pas être vérifiée tout comme les affirmations faites par le gouvernement américain disant que les séparatistes pro-russes ont abattu l’avion. Jusque-là, Washington n’a pas apporté la moindre preuve pour étayer ce scénario et ne parle que d’une façon générale « d’informations provenant des services secrets ».

Le ministère russe de la Défense a cependant déjà fourni lundi des informations précises, dont la présence à proximité du Boeing malaisien d’un avion de combat ukrainien SU-25 au moment du crash.

Lors de la conférence de presse, le lieutenant-général Andrei Kartopolov, a dit que le SU-25 aurait été en mesure de détruire le Boeing malaisien à l’aide d’un missile. Il a aussi montré des photos satellite de batteries de missiles Buk ukrainiennes se trouvant près de la zone où ont lieu des combats, ainsi qu’une hausse d’activité électronique enregistrée par des stations radar au moment du crash et qui transmettaient l’information sur les cibles aux batteries de missiles Buk. Le rapport de Ria Novosti confirme cette affirmation.

Bien qu’il n’y ait aucune certitude quant à qui a abattu l’avion de ligne malaisien et que les preuves d’une implication ukrainienne s’accumulent, Washington, Berlin et l’Union européenne continuent d‘exploiter systématiquement la catastrophe aérienne dans le but d’intensifier leur offensive irresponsable contre la Russie.

De sanctions aggravées risquent de plonger l’économie de la Russie, de l’Europe et du monde dans une nouvelle crise. Le déploiement, sur le site de la catastrophe, d’unités armées, comme le souhaitent les Pays-Bas et l’Australie grâce au vote d’une résolution de l’ONU, comporte le risque d’une escalade militaire qui serait susceptible de culminer dans une confrontation nucléaire avec la Russie.

Les puissances occidentales comptent sur un régime droitier imprévisible à Kiev qui considère une intensification de la guerre comme le seul moyen de s’accrocher au pouvoir. C’est ce qui est apparu clairement jeudi lorsque le premier ministre Arseniy Iatseniouk a démissionné de ses fonctions.

Iatseniouk a démissionné après que plusieurs projets de loi relatifs à l’économie ne furent pas votés au parlement. En faisait partie un projet de loi permettant la vente partielle du système d’acheminement du gaz du pays à des investisseurs étrangers pour fournir aux caisses de l’Etat des fonds dont celui-ci avait un besoin urgent. Un peu plus tôt, le parti Udar du maire de Kiev, l’ancien boxeur professionnel Vitali Klitschko, et le parti fasciste Svoboda, avaient quitté la coalition gouvernementale formée avec le Parti de la Patrie de Iatseniouk.

Iatseniouk a condamné cela comme un «crime moral et éthique » ayant des « conséquences catastrophiques pour notre pays.» Dans un discours furieux prononcé devant le parlement, il a accusé ses anciens alliés de « faire passer de façon irresponsable les intérêts politiques individuels avant le sort du pays. » Le travail du gouvernement serait désormais bloqué des mois durant, a-t-il dit. « Il n’y a pas de réponses à des questions comme celle de savoir avec quoi payer demain les salaires, comment faire le plein des chars, comment financer notre armée. »

La véritable cible de la virulente tirade de Iatseniouk était le président Petro Porochenko qui avait manifestement arrangé l’éclatement la coalition, qu’il a salué, en vue d’organiser des élections anticipées. « Ceci prouve qu’au moins une partie des membres du parlement ne collent pas à leur siège et se sentent obligés d’affronter la volonté des électeurs, » a-t-il déclaré. «Tous les sondages montrent que la société veut un renouvellement total de la direction. »

Après la démission de Iatseniouk, Porochenko a nommé un proche confident, Vladimir Groisman, 36 ans, au poste de premier ministre par intérim.

Iatseniouk, un banquier qui avait dirigé pendant un moment la Banque nationale ukrainienne, craint la faillite de l’Etat si le travail du gouvernement est bloqué par des élections. L’économie ukrainienne est en chute libre. Elle se contractera cette année de l’ordre de cinq à sept pour cent.

Les carnets de commandes des entreprises sont vides, les investisseurs internationaux se retirent et la Russie a suspendu les livraisons de gaz en juin. Iatseniouk avait entre autre projeté de lever 2,3 milliards d’euros grâce à des hausses d’impôts et des réductions de subventions dans le but de financer l’intervention militaire en Ukraine orientale.

L’oligarque milliardaire Porochenko espère toutefois pouvoir élargir la base de son pouvoir lors des élections parlementaires qui se dérouleront dans une situation exceptionnelle de guerre civile et de dure confrontation avec la Russie. C’est pour cette raison qu’il impose une offensive brutale contre les villes de Donetsk et de Lugansk, qu’il n’a pas interrompue après le crash de l’avion de ligne malaisien pour permettre la récupération des corps des victimes et sécuriser le site du crash.

L’armée ukrainienne a pilonné des régions fortement peuplées par des tirs d’artillerie et des frappes aériennes. Jeudi 24 juillet, l’ONG Human Rights Watch a publié un rapport documentant quatre cas d’usage de missiles Grad par l’armée ukrainienne dans des attaques contre des civils durant la période du 12 au 21 juillet.

Ces missiles – surnommés orgues de Staline durant la Seconde Guerre mondiale – tirent leurs roquettes en rafale causant d’énormes dégâts lorsqu’ils sont dirigés sur des quartiers habités. Au moins 16 personnes sont mortes dans les cas qui ont été documentés. Human Rights Watch a accusé l’armée ukrainienne de violations des droits de l’homme qui pourraient faire l’objet de poursuites comme crimes de guerre.

Les fascistes du parti Svoboda se sont donné pour tâche d’intimider les adversaires politiques de Porochenko à l’intérieur. Ils justifient leur soutien de nouvelles élections – auxquelles ils étaient initialement opposés craignant une perte de voix – en affirmant qu’un parlement dans lequel siègent des « criminels d’Etat » et des « agents de Moscou » ne devrait plus exister. Par « criminels » et par « agents » ils entendent le Parti des régions du président déchu Viktor Ianoukovitch et le Parti communiste qui avaient obtenu 30 et 13 pour cent de votes respectivement lors des dernières élections parlementaires, il y a deux ans.

Le président du Parti communiste a été tabassé en plein parlement par un député de Svoboda après avoir exigé la fin de l’opération militaire en Ukraine orientale. Il fut par la suite expulsé de la salle par le président du parlement. Le statut de groupe parlementaire du parti lui fut retiré et des demandes pour le faire interdire ont été déposées.

Les nouvelles élections parlementaires, fixées au 2 octobre, rappellent l’élection du Reichstag sous Hitler en mars 1933 et les élections présidentielles égyptiennes de mai 2014 - tenues dans des conditions d’état d’urgence et de répression de l’opposition.

  

Article original paru le 26 juillet 2014 sur le site WSWS 

 

https://www.wsws.org/fr/articles/2014/jul2014/batt-j28.shtml 

 

RT a publié ce matin 29 juillet, une information que, pour ma part, j'inteprète comme un signe de la dèche qui ténaille les caisses de l'état ukrainien, mais chacun y lira ce que bon lui semble. Ce qui est sûr, c'est que les fascistes ukrainiens sont bien décidés à ne pas payer le gaz russe.... 

RIA Novosti / Konstantin Chalabov 

Un groupe de nationalistes ukrainiens bloque des stations de distribution du gaz russe, afin de demander du gaz gratuit


29 juillet 2014

 

Les militants de la droite nationaliste Secteur Droit ont bloqué plusieurs stations-service Lukoil à Ivano-Frankivsk, en Ukraine occidentale, exigeant le gaz libre de la compagnie pétrolière russe, a rapporté l'OSCE. Lukoil a confirmé les nouvelles à RT. 

 

Les employés des stations de gaz ont informé les observateurs de l'OSCE que Secteur Droit a demandé qu'ils fournissent des dons mensuels de jusqu'à trois tonnes d'essence - à utiliser par l'armée ukrainienne. 

 

"A l'une des stations, ont été informés les observateurs de l'OSCE, de membres du Secteur Droit de blocage de l'installation de trois à quatre jours", dit le rapport de l'organisation, en accord avec RIA Novosti. Le document mentionne le fait qu'une saisie pareille a eu lieu dans une autre station pendant plusieurs heures. 

 

Secteur Droit aurait menacé le personnel des stations de gaz avec plusieurs attaques dans le but ultime d'évincer la société de l'Ukraine

 

Lukoil a confirmé à RT que le travail de ses stations d'essence a été bloqué par Secteur Droit à Ivano-Frankovsk. La société affirme que les militants du parti ultranationaliste ont saisi trois des six stations Lukoil dans la ville. 

 

"Ils ne font leurs revendications que verbalement, ils ne les soutiennent pas par des ordres écrits", a déclaré une source de Lukoil à RT.  

 

La société a déclaré qu'elle ne va pas à émettre une déclaration officielle pour le moment pour des raisons de sécurité, parce que la direction de Lukoil craint que le gouvernement ukrainien pourrait également ne pas être en mesure de influencer Secteur Droit. 

 

La compagnie pétrolière présuppose que les actions de Secteur Droit constituent une "atteinte aux activités commerciales légitimes" et punissables par la loi ukrainienne. 

 

Secteur Droit s'était formé comme coalition d'organisations d'extrême-droite pendant les manifestations de Maidan à Kiev en Novembre 2013. Ses militants étaient plus tard derrière les affrontements les plus violents avec la police. 

 

Secteur droit est devenu un parti en mars 2014 et son leader, Dmitry Yarosh, s'est porté candidat à la présidence lors des élections du 25 mai, mais a reçu moins de 1% des voix. 

 

Les membres du groupe ont rejoint des unités militaires pro-Kiev combattant contre les forces anti-gouvernementales dans l'est de l'Ukraine. 

 

La semaine dernière, l'Organisation internationale de la Police Criminelle a mis Yarosh sur sa liste des recherchés.

 

Cela a été fait en réponse à la demande de la Russie en avril. Moscou a accusé Yarosh d' "incitation publique à des activités terroristes et extrémistes impliquant l'utilisation des médias de masse." 

 

Yarosh est connu pour sa rhétorique belliciste ciblant la Russie. En Mars, il a menacé de faire sauter  des oléoducs allant de la Russie vers l'Europe via l'Ukraine, comme un moyen de "priver l'ennemi de ressources."

 

(traduit de l'anglais)

 

Ukrainian nationalist group blocks Russian gas stations, demands free gas

 

http://rt.com/news/176352-right-sector-free-gas/

 

 



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