Sénateur Goulet
Sénateur membre de la Commission des Finances
Abonné·e de Mediapart

75 Billets

0 Édition

Billet de blog 4 sept. 2014

Coup de Gueule : la lutte contre les périls du monde devra attendre l’élection des présidents

Sénateur Goulet
Sénateur membre de la Commission des Finances
Abonné·e de Mediapart

Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

Quiconque a lu, écouté ou regardé les informations au moins une fois au cours de l'été sait que l'actualité internationale est pour le moins catastrophique.

Le monde dit libre, ou occidental, paye les conséquences des interventions (ou non interventions) en Irak, Syrie, Lybie.

Dans cette région du Moyen-Orient où les États ne sont plus que des zones de non droit, où des barbares massacrent et décapitent de la façon la plus sauvage qui soit, y compris des musulmans, pas assez musulmans pour eux, même les chiites, pour construire leur pseudo État moyen-âgeux, le Califat.

La guerre menace, aux portes de l’Europe la Russie défie le droit international, l'Europe, l'OTAN et l'Amérique.

En Afrique, Ebola ravage des pays à l’économie et aux systèmes de santé déjà à genoux. 

Le monde entier est préoccupé par cette accumulation de drames qui nous laissent en spectateurs impuissants ou révoltés d’un moment.

Tout le monde ?

Non.

Comme le petit village gaulois d’Astérix, qui résiste fièrement  à l’emprise des Romains, car nous sommes bien dans le cas d’un petit groupe de gaulois résistant héroïquement aux tensions du monde qui l'entoure, une poignée d'irréductibles politiciens résiste encore et toujours au monde réel. Il faut dire qu'ils ont leurs propres guerres à mener.

À l'UMP, chacun se place avec ou contre le "Messie", que ce soit pour la présidence du parti ou celle de la République. Et chaque matin en se rasant, car il n’y a que des candidats  (et pas de femmes) qui  en se rasant se demandent  reviendra-t-il ou pas ???

On s'offusque certes pendant 15 jours, quand des chrétiens sont menacés et massacrés et que la presse regarde, mais la presse est volatile et l’immédiateté prévaut sur le fond et le suivi des dossiers… ainsi va la vie politique bercée depuis 24 h par les bonnes pages des ragots de traversin, pathétiques et indignes de l'ex-maitresse du Président de la République.

Et revoilà le marathon des plateaux télés, radios…Il faut dire qu'ils ont des images à forger ceux qui se préparent à diriger la France en 2017 et 2022, ces Mariton et autres Le Maire, Juppé, Bertrand.. toujours des hommes d’ailleurs.

Au centre, ce n’est pas beaucoup mieux, Morin, Jégo, Lagarde, Fromantin, en campagne pour la succession de Borloo ; avec un bémol sur Jégo que l'on a entendu à plusieurs reprises sur des sujets nationaux, les bourses au mérite, ou internationaux.

Le PS ne sait même plus s'il est socialiste, démocrate ou libéral, mais Montebourg se place déjà sur la ligne de départ pour la primaire de la présidentielle et La Rochelle n'a pas marqué les esprit pour sa réflexion internationale.

Est-ce à ça que se résume la politique aujourd'hui ? Des partis vaguement liés par des idées politiques, enfermés dans le nombrilisme et les luttes fratricides ?

L'élection est devenue une fin en soit, et non plus le point de départ de l'engagement pour le bien commun. 

J'ai la chance de ne pas être encartée.

Alors certes, je n'ai pas de troupes derrière moi pour m'accompagner ,je ne représente donc que moi-même et les électeurs qui m'ont fait confiance.

(Je ne suis pas une "valeur " en terme électoral, sans troupes, mais j'ai adhéré à un groupe au Sénat que je remercie au passage de son soutien pour la commission d'enquête sur les réseaux djihadistes.)

Mais je peux au moins dire que je consacre mon énergie à tenter de comprendre le monde qui nous entoure, pour contribuer à un niveau lilliputien aux travaux parlementaires et aux débats nationaux et internationaux.

Le monde politique français vit déjà en 2017 ou 2022.

Un homme (ou une femme) d'État doit certes savoir anticiper. Mais c'est aujourd'hui qu'il faut trouver des réponses à des conflits anciens ou nouveaux.

Mais quel monde trouverons-nous dans 3 ans si ceux qui prétendent assurer notre destin sont les premiers à s'en désintéresser ?

Bienvenue dans le Club de Mediapart

Tout·e abonné·e à Mediapart dispose d’un blog et peut exercer sa liberté d’expression dans le respect de notre charte de participation.

Les textes ne sont ni validés, ni modérés en amont de leur publication.

Voir notre charte

À la Une de Mediapart

Journal — France
Inflation : les salariés, éternels dindons de la farce
Avec la poussée inflationniste, les salariés sont sommés d’accepter un recul de leurs revenus réels pour éviter l’emballement des prix. Mais lorsque les prix étaient bas, les salariés devaient accepter la modération salariale au nom de l’emploi. Un jeu de dupes que seules les luttes pourront renverser. 
par Romaric Godin
Journal
Électricité et gaz : les salaires mettent le secteur sous haute tension
Appel à la grève dans le secteur des industries électriques et gazières, le 2 juin prochain, pour réclamer des revalorisations de salaires indexées à l’inflation. Chez RTE, gestionnaire du réseau électrique français, un mouvement social dure depuis déjà depuis treize semaines.
par Cécile Hautefeuille
Journal
Nouveau gouvernement : le débrief de Mediapart
Premier conseil des ministres du deuxième quinquennat Macron ce matin, marqué par l’affaire Damien Abad. Émission consacrée donc à notre nouveau gouvernement et à la campagne législative de ceux qui n’en font plus partie, comme Jean-Michel Blanquer, parachuté dans le Loiret.
par À l’air libre
Journal — Écologie
Planification écologique : le gouvernement à trous
Emmanuel Macron avait promis, pendant l’entre-deux-tours, un grand tournant écologique. Si une première ministre a été nommée pour mettre en œuvre une « planification écologique et énergétique », le nouvel organigramme fait apparaître de gros trous et quelques pedigrees étonnants.
par Mickaël Correia, Jade Lindgaard et Amélie Poinssot

La sélection du Club

Billet de blog
Ndiaye et Blanquer : l'un compatible avec l'autre
« Le ministre qui fait hurler l'extrême droite », « l'anti-Blanquer », « caution de gauche »... voilà ce qu'on a pu lire ou entendre en cette journée de nomination de Pap Ndiaye au ministère de la rue de Grenelle. Beaucoup de gens de gauche qui apprécient les travaux de M. Ndiaye se demandent ce qu'il vient faire là. Tentons d'y voir plus clair en déconstruisant le discours qu'on tente de nous imposer.
par Jadran Svrdlin
Billet de blog
Lycéennes et lycéens en burn-out : redoutables effets de notre organisation scolaire
La pression scolaire, c’est celle d’une organisation conçue pour ne concerner qu’une minorité de la jeunesse Lycéennes et lycéens plus nombreux en burn-out : une invitation pressante à repenser le curriculum.
par Jean-Pierre Veran
Billet de blog
Déblanquérisons l'École Publique, avec ou sans Pap Ndiaye
Blanquer n'est plus ministre et est évincé du nouveau gouvernement. C'est déjà ça. Son successeur, M. Pap Ndiaye, serait un symbole d'ouverture, de méritocratie... C'est surtout la démonstration du cynisme macronien. L'école se relèvera par ses personnels, pas par ses hiérarques. Rappelons ce fait intangible : les ministres et la hiérarchie passent, les personnels restent.
par Julien Cristofoli
Billet de blog
Recrutement enseignant : une crise des plus inquiétantes pour l’avenir de l’école
La crise de recrutement enseignant atteint cette année un niveau largement plus inquiétant que les années précédentes dont les conséquences seront gravissimes pour le service public d’éducation. Elle témoigne, au-delà de ses dénis, de l’échec de la politique de Jean-Michel Blanquer.
par Paul DEVIN