Promouvoir l’Islam des Lumières au lieu d’éteindre la Tour Eiffel !

où en sont les projets autour de l'ISlam de France ? l'Instance de dialogue ou la Fondation pour l'ISlam de France ???

Promouvoir l’Islam des Lumières au lieu d’éteindre la Tour Eiffel.

 

 

Un imam au coeur de l’enquête sur l’attentat de Barcelone : c’est sans doute, hélas, le moment de s’intéresser aux projets avortés, notamment de la formation des imams en France, laissés en « cale sèche » après le départ de Bernard Cazeneuve du Ministère de l’Intérieur .

 

Un an pratiquement jour pour jour après la réunion de l'instance de dialogue (créée après les attentats de Charlie Hebdo et de l'Hypercasher) au Ministère de l’Intérieur, à la suite de l’attentat de Nice et de Saint-Etienne-du-Rouvray, on peut légitimement s'interroger sur la feuille de route volontaire élaborée alors avec les communautés musulmanes et destinée à mieux organiser l'Islam en France.

 

Malgré un rapport d’information du Sénat dressant un état des lieux de l’Islam en France publié le 7 juillet 2016   http://www.senat.fr/commission/missions/islam_en_france/  et la nomination de Jean-Pierre Chevènement à la Présidence de la Fondation pour l’Islam de France, on ne constate aucun progrès, aucune avancée sérieuse sur ces sujets majeurs.

 

Faudra-t-il attendre la survenance d’un autre attentat en France au risque de fragiliser encore la cohésion nationale pour remettre sur les rails ce dossier délicat ?

 

Rien, rien, rien n’a été fait concrètement pour rendre plus transparente la filière halal et tenter de mettre en place la redevance halal qui est au centre des dispositifs envisagés pour obtenir des financements nationaux de la formation des imams et des aumôniers, des lieux de culte ou des établissements scolaires musulmans.

 

Rien non plus pour relancer une réflexion autour de la formation en France des imams et des aumôniers dont les communautés ont besoin pour exercer leurs cultes dans des conditions normales et décentes !

 

Les querelles de personnes semblent avoir eu raison, une fois encore, des bonnes résolutions.

 

La formation en France avec une bonne connaissance de notre bloc de légalité des imams sera plus efficace que d’attendre des dérapages, fermer des mosquées, faire taire ou expulser des imams prêcheurs de haine.

 

Ne pourrait-on pas penser ce sujet, avec le recul et l’expérience acquise au prix du sang, des larmes et de tant de vies humaines,   autrement qu’en termes répressifs  " ex post " et jamais, de façon constructive, " ex ante ".

 

Les sujets liés à  l’Islam en France sont indéniablement difficiles et délicats, se heurtent, dans le meilleur des cas, à la loi de séparation des Églises et l’État et, dans d’autres cas, aux idées reçues, préjugés et aux anathèmes de toutes sortes mais, en même temps, on ne peut pas laisser les communautés musulmanes de France otages des terroristes qui dévoient l’Islam.

 

Nous avons, au Sénat, avec André Reichardt (LR), co-rapporteur, Corine Feret (PS), présidente, et l’ensemble des membres de la mission d’information, identifié les sujets à traiter au premier rang desquels la formation des imams et des aumôniers.

Nos constats ont été partagés par l'ensemble des responsables religieux entendus dans le cadre d'auditions publiques en ligne sur le site du Sénat.

 

Nous avons, à l’unanimité des membres de notre mission, émis le souhait qu’à terme les formations puissent se faire en France et uniquement en France pour mettre un terme à la pratique des imams détachés, majoritairement d’Algérie, du Maroc et de Turquie ou formés à l’étranger, au Maroc notamment.

 

On peut être légitimement inquiets sur les conséquences sociales et politiques en France d’un attentat qui mettrait en cause directement un imam, comme cela semble être le cas en Espagne.

 

Il serait temps, sur ce sujet grave, d’anticiper et tenter de régler les questions qui ont été clairement identifiées.

 

Certes, ce n’est jamais le moment d’évoquer des sujets qui fâchent, qui fâchent d’ailleurs tellement qu’ils offrent sur un plateau plus de 11 millions de votes à l’extrême droite.

 

C’est la responsabilité politique et sociale du Président de la République et du Gouvernement de remettre en chantier le travail engagé par Bernard Cazeneuve, les représentants du culte musulman, les associations nombreuses et actives, les  élus et intellectuels qui travaillent sur ces questions, de façon républicaine et concertée.

 

Ce travail d’intérêt général n’a pas besoin de se faire dans l’urgence ou la médiatisation, il n’a pas besoin de communication, il a besoin d’être repris et d’aboutir !

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