Lettre ouverte, à l’attention de Madame Sandrine Richard, candidate

Une interpellation de la candidate LR-UDI de la 10e circonscription de Paris sur un marché ce samedi 3 juin. Ou comment éluder la question.

Paris le 3 juin 2017.  

Lettre ouverte, à l’attention de Madame Sandrine Richard, candidate sous les sigles LR et UDI de la 10e circonscription de Paris aux élections législatives des 11 et 18 juin 2017.

Madame Sandrine Richard,

Ce samedi matin, comme presque tous les samedis de l’année, je fais mes courses alimentaires au marché près de chez moi. Pour la première fois, à ma connaissance, vous étiez sur ce marché, à distribuer vos tracts et à rencontrer les habitants. Je vous ai demandée posément pourquoi vous aviez inscrit sur la première page de votre tract la mention « Votre députée », puis en posant la question simple suivante : « êtes-vous députée actuellement ? ». Vous m’avez répondu que vous n’étiez pas élue de l’assemblée, et militante depuis novembre dernier. Je vous ai alors demandée si vous étiez « parachutée », comme disent les médias, dans la circonscription. Et si vous connaissiez bien les problèmes des habitants de cette zone électorale puisque récemment investie. Vous m’avez répondu que vous aviez un « cabinet » depuis longtemps dans le 13e arrondissement, que vous habitiez dans le 14e et que, à ce titre, vous connaissiez bien les gens et les problèmes. Je vous ai fait remarquer que d’indiquer « Votre députée » est une sorte d’enfumage, terme que j’ai utilisé pour décrire ce qui est donc une contre-vérité puisque vous vous déclarez députée avant l’heure.

Par ailleurs, je ne sais pas de quel « cabinet » vous vouliez me parler comme d’une affaire vous positionnant au-dessus de toute connaissance des lieux. Il m’a fallu lire, rentré chez moi, sur la seconde page du tract, que vous étiez avocate.

Cependant, très vite vous vous êtes agacée de mes questions et de mes remarques, et vous m’avez traité de personne « qui n’a pas d’intelligence ». Autrement dit, que je suis bête ou stupide, ou les deux à la fois (voir le Petit Robert). Et vous avez interrompu là la discussion qui aurait pu être possible quant à votre programme politique, ce qu’il m’aurait intéressé de connaître par votre voix. Vous êtes partie avec une certaine grossièreté ou une certaine fureur (je ne sais pas la qualifier exactement) pour continuer votre tractage.

Est-ce là la considération que vous avez des électeurs et des citoyens dont je fais partie ? A ce moment précis, vous ne me connaissiez pas, vous ignoriez qui je suis et ce que je pouvais représenter. Votre attitude est assez remarquable de suffisance, et je m’inquiète de voir comment vous considérez le débat démocratique.

Avec mes cordiales salutations.

Serco Aghian

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.