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Billet de blog 6 décembre 2009

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Lear 4/87 un Skakespeare bien entendu

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Lear 4/87, d'après Le Roi Lear de William Shakespeare, mise en scène : Antoine Caubet - Théâtre de l'Aquarium (Paris-Cartoucherie), du 03 au 27 décembre 2009

Lear est un vieux roi. Il veut transmettre son royaume à ses 3 filles en échange d'une preuve d'amour. Si Gonerill, l'aînée, et la cadette, Régane, réussissent à enchanter ses oreilles, Cordélia, la benjamine, reste dans un mutisme, arrivant seulement à bafouiller quelques banalités. Il la répudie. Il vivra désormais avec une suite chez Gonerill. Mais bientôt le ciel s'assombrit et Lear errera sous la tempête, sombrant dans une folle mélancolie.

Ce qui est étonnant, ici, n'est pas franchement l'histoire que l'on connaît plus ou moins. Maintes fois jouée, maintes fois présentée dans des mises en scène remarquables. Avec Antoine Caubet, nous sommes en présence d'un pari audacieux et cependant gagné : réaliser ce chef d'oeuvre shakespearien somme toute complexe à quatre : deux comédiennes et deux comédiens (dont le metteur en scène lui-même), en 87 minutes (au lieu de 3h30), sans décor, sans costumes. Rien. Enfin, rien pas vraiment : il y a le jeu des comédiens qui permutent leurs rôles avec une aisance étonnante et cependant immédiatement perceptible, devenant roi, bouffon, Gonerill ou Cordelia, Gloucester, Cornouailles ou Kent, Edgar, Edmond ou le roi de France... au gré des situations*. Et cela dans un espace réduit à une sorte de ring de boxe, invisible mais présent par le public qui a pris place sur chacun des quatre côtés et par les combats qui s'y déroulent. Et cette alchimie des corps et des mots laisse naître et entendre le texte de Shakespeare. Seul point d'interrogation : quelqu'un qui connaît peu cette pièce en recevra-t-il toute la force et l'intelligence ?

* Notamment la dernière scène où Antoine Caubet, grand gaillard, interprète une Cordélia que l'on s'imagine plutôt frêle : le contraste est fort, mais le jeu efficace.

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