L’horreur du harcèlement moral au travail à l’Université Grenoble Alpes

Je suis Professeur à l’Université Grenoble Alpes (UGA). Je me suis tu jusqu’à ce jour afin de laisser la justice travailler. Suite aux signalements fallacieux d'étudiants, et malgré les témoignages d’autres étudiants pour me défendre, j'ai été frappé d'un jugement arbitraire dont les conséquences ont été extrêmement violentes. Mon devoir m’impose d’alerter sur « la banalité du mal » à l’UGA.

Parfois la réalité n’a rien à envier à la fiction, je pense au roman La tache de Philip Roth et des universités comme l'UGA, même bien placées au classement de Shanghai, peuvent cacher des agissements illégaux et horribles. 

Dans toutes les institutions publiques civiles et militaires, des centaines de milliers de Français(e)s de toutes origines servent leurs concitoyen(ne)s et la République. Pourtant des juges, des enseignants, des personnels hospitaliers, des policiers, etc., souffrent et meurent au travail [1]. Le Nouveau Management Public meurtrit les fonctionnaires dans tous les secteurs.

 Dans les universités, souffrance au travail et harcèlement moral sont le quotidien avec leur cortège de symptômes et de plaies : inégalité de traitement, discrimination, racisme et jugement inique [2], dépression, burn-out, suicides, etc. Le grand public et les étudiants pensent qu’à l’Université se transmettent des savoirs diffusés par des enseignants avisés, fonctionnaires d’Etat payés par la Nation, ce qui garantirait leurs compétences et leur intégrité. Lorsqu’on passe de l’autre côté du miroir des représentations et qu’on observe ou qu’on subit les pratiques de certains universitaires, on réalise qu’il n’y est pas question que d’enseignement. Les universités, l’UGA, seraient-elles des zones de non droit brassant influences et argent public [3], et plus encore depuis 2010 ? La loi relative aux Libertés et Responsabilités des Universités a renforcé les pouvoirs des président(e)s d’université [4], de simples enseignants-chercheurs élus par les personnels. Le poids hiérarchique s’est développé contre la collégialité, et de nouvelles formes de management [5] très élaborées sont mises en œuvre et viennent s’ajouter aux conditions sordides d’exercice déjà décrites par de nombreux collègues [6]. La plupart des des personnels, c’est un fait, ont pour préoccupation le service au public, l’enseignement et la recherche. Pour d’autres, et non des moindres, agissant dans le mépris des lois, l’Université est à l’image de l’ancien régime, un lieu d’opportunismes, d’influences, d’intrigues et de mise en danger des autres [7].

 L’explication la plus plausible de la chasse à l’homme que j’ai subie, semblerait être liée à mes origines sociales, mon « atypisme » comme le fait remarquer le CNESER-disciplinaire [8] dans son jugement de relaxe, du délit de faciès ! Lorsqu’ils sont issus de milieux populaires, ceux qui souhaitent faire de longues études et concourir sur les postes les plus prestigieux de l’enseignement supérieur [9] sont souvent mis à l’index comme je l’ai raconté ailleurs. Ajoutons à cette discrimination sociale, les réformes concernant la fusion des universités et à la volonté de mettre au pas les enseignants-chercheurs, surtout en Sciences Sociales. En ce sens, on trouve aussi à l’origine de ce harcèlement moral les transformations des facultés et des filières de sociologie à l’UGA qui ont amené la disparition des mentions de master du département et du laboratoire de recherche de sociologie. Les Professeurs ont un statut suffisamment assis pour discuter les changements à l’université et ils peuvent être considérés comme des obstacles, bien que dans les faits, ce soit peu probable de pouvoir s’opposer aux politiques de changements, ne serait-ce qu’à cause des intérêts différenciés des acteurs ou leur servilité comme dirait La Boétie. Je n’exclue pas également qu’une certaine notoriété médiatique [10] et mes prises de positions publiques m’aient désigné comme cible. A l’Université les personnels nagent souvent en eau trouble, entre intégrité et incitation à la prévarication. A force de se taire, nombreux sont ceux qui souffrent et se rendent malades ou pire.[11]

 De 2011 à 2013, des épisodes houleux au sein du département de sociologie amenèrent ma démission de mes fonctions de directeur de département.

 De 2013 à 2018, j’ai subi ainsi que ma famille une véritable descente aux enfers. J‘ai été harcelé moralement au travail par mes collègues : l’ex-directeur du département de sociologie P. Le Quéau puis l’ex-Présidente de l’Université Grenoble Alpes L. Dumasy et d’autres encore.

 Je suis quotidiennement attaqué sur mon statut, empêché dans mes missions de service public : sur mes cours, sur mes projets de recherche, sur les conditions de gestion des doctorants que j’encadre, etc., par le directeur du département de sociologie qui me succède et par le doyen de la faculté. Sur les 4 Professeurs que compte le département, 3 sont marginalisés et alertent la médecine du travail et le CHSCT pour souffrance au travail. J’ai fait de nombreux signalements aux doyens et aux présidents d’université successifs sans réponse et solution ferme. Ensuite, des collègues diffusent des rumeurs sur moi et salissent ma réputation sur le campus : je serai procédurier, ingérable, vulgaire et bien d’autres « qualités » encore. Dès lors, j’ai des difficultés à me rattacher à un laboratoire de recherche, les directeurs successifs de l’Ecole Doctorale refusent les inscriptions de mes doctorants malgré mes propositions de solutions réglementaires. Affaibli par ces effets de réputation, je ne peux plus me faire muter : quel département ou université voudrait d’un tel collègue ? Un(e) Professeur(e) d’Université fait sa carrière sur sa réputation et son rayonnement, autant préciser que durant ce temps-là (2011-2018), je n’ai eu aucune promotion ni prime liées à la qualité de mon travail, à mes publications, à la direction de doctorats, à l’organisation d’universités d’été, etc. Bien d’autres collègues sans production scientifique significative et sans se préoccuper des étudiants se voyaient promus et attribuer des responsabilités et des primes conséquentes voire des contrats de recherche et des financements de projets, parfois même, semble-t-il, sans passer devant un comité scientifique.

 Le 12/01/2015, devant la dégradation rapide de ma situation professionnelle et des conditions d’exercice, j’ai alerté le Rectorat, j’ai saisi et rencontré le Défenseur des Droits, le seul à m’avoir entendu dans cette affaire. Après avoir analysé les faits, il a déclaré qu’il pourrait y avoir dans mon cas un « harcèlement moral et entrave au travail lié à un défaut de management avec constitution de rumeurs à caractère diffamatoire ». J’ai suivi ses conseils et j’ai fait un recours hiérarchique pour les mêmes motifs auprès de la Ministre de tutelle, sans réponse. J’ai également demandé un rendez-vous au Vice-Président Ressources Humaines que j’ai rencontré en janvier 2015 avec C. Kada, la Directrice Générale Déléguée des Ressources Humaines. J’ai fait un signalement à la médecine du travail, en cellule Risques Psycho-Sociaux (RPS) [12] de l’université et auprès du CHSCT en juin 2015. Faillite de ces institutions universitaires à protéger les salariés comme le prévoit la loi ! La cellule RPS ne m’a entendu qu’en octobre 2016 soit plus d’un an et demi après mon signalement. Quel sens de la réaction et des responsabilités pour répondre à la souffrance au travail d’un salarié. Le Président de l’université, en place alors, a mandaté en septembre 2015 le cabinet Calypso pour un diagnostique social au département de sociologie.

 En 2016, autres temps autres mœurs, la nouvelle Présidente élue de l’UGA L. Dumasy [13] ne répondra pas aux demandes de diffusion du rapport réalisé par ce cabinet. En janvier de cette année, le doyen et le directeur du département de sociologie, sous l’autorité de la nouvelle Présidente de l’UGA, instrumentalisent deux étudiantes et un étudiant de master qui porteront signalement en m’accusant d’abord de « harcèlement sexuel et de racisme », accusations qui au fil des jours et d’absence de faits deviendront « comportements ambigus à l’endroit des étudiants ». Motif d’accusation étrange proche du délit de faciès, le procès de l’atypisme ! A partir d’un cours sur l’intime, j'aurais aussi fait lire des auteurs pornos aux étudiants, que l’on en juge : B. Malinowski et G. Devereux, les pères de l'ethographie et de l'ethnopsychiatrie !

 J’ai appelé à l’aide la Présidente de l'UGA et le Doyen. Je ressentais un grave danger pour ma famille et pour moi-même. Par désespoir, je me suis violemment brisé la main et j’ai subi deux interventions. Une collègue Professeure comprenant ce qui se passait appelle la médecine du travail et C. Kada, la Directrice Générale Déléguée des Ressources Humaines pour alerter sur les dangers que je courais. Elle ne reçoit que le silence en réponse.

 Le 04/03/2016, lors d’une réunion avec le doyen, une représentante du personnel et le Vice Président Ressources Humaines, C. Ribuot, ce dernier me raille et m’incite à « tendre l’autre joue ! » en signant une renonciation à mes cours ce que j’ai refusé.

 Depuis janvier 2016, je n’ai cessé de vouloir mettre fin à mes jours. Sans les soutiens de ma famille, de mes ami(e)s, des étudiant(e)s et des collègues ; sans les médecins et mon avocat, je n’aurais pas pu écrire ces lignes. Ami(e)s, collègues et étudiants sans se concerter, ils m’ont appelé tous les jours, durant 2 ans, établissant ainsi une sorte de cordon sanitaire autour de moi pour que je ne m’effondre. Ils m’ont témoigné leur affection et certains étudiant(e)s et collègues m’ont même proposé de m’aider financièrement. Vous avez toute ma gratitude. Comme vous, je suis persuadé que mes détracteurs avaient pris acte de l’issue fatale qu’ils me réservaient.

 Comme l’ont déclaré les 3 étudiants sycophantes, je ne les ai jamais rencontrés ! Je ne leur ai jamais demandé leurs coordonnées personnelles. Je ne les ai vus qu’en public et en cours magistral avec présence non obligatoire, le dernier datant de janvier 2015, soit un an avant leur signalement. Sans autre forme de procès et sans entretien contradictoire ; contre mes demandes d’inciter les étudiant(e)s à porter une main courante ou une plainte contre moi auprès des services de police et de justice, la Présidente de l’UGA me refuse à deux reprises la protection fonctionnelle à laquelle les fonctionnaires ont droit pour se défendre : ainsi elle me coupe les ressources pour me défendre et m’oblige à m’endetter. Elle me refuse également un entretien dans des conditions soit collégiales soit en présence d’un représentant du personnel ou de mon conseil juridique.

En juin 2016 finalement, après une instruction à charge, administrative d’abord, sans respect du caractère contradictoire qu’elle devrait avoir, la Présidente L. Dumasy me traduit devant la section disciplinaire. Certains collègues s’émeuvent et évoquent le spectre de France-Télécom : pour être entendu faudrait-il un mort par harcèlement moral à l’UGA comme au CHU de Grenoble [14] ?

 Il est nécessaire à ce stade de préciser que ces événements terrifiants auraient pu être évités ou s'arrêter immédiatement à n’importe quel moment si les deux Président(e)s de l'UGA élu(e)s ensemble et en responsabilité avaient fait preuve de discernement, d’impartialité, de pondération et manifester la volonté de faire cesser ces agissements. Comment ce drame a-t-il pu se produire ? Comment a-t-on atteint ce degré d’abus d’autorité et de cruauté volontaire sur un collègue enseignant-chercheur ? Comment à notre époque, une institution telle que l’Université peut-elle détruire des individus au vu et su de tous sans que personne ne s’y oppose ?

 Les juges instructeurs disciplinaires, professeurs membres du Conseil d’Administration aux ordres de la présidence, fonctionnaires travaillant parallèlement sous l’autorité hiérarchique de la présidence d’université qui impulse la procédure disciplinaire, demandent à mes collègues et aux étudiants si je suis un « pervers » sans qu’ils soient en compétence pour évoquer cette qualification psychiatrique forte et précise[15].

 Un collègue me fait parvenir l’excellent article d’Eve Seguin, « Mobbing en milieu de travail, ou le terrorisme organisationnel » [16] en précisant, « Voilà ton histoire », et effectivement, je retrouve à la lecture, TOUS les éléments chronologiques qui participent du harcèlement à mon endroit et de ma condamnation à la déchéance publique.

« Le mobbing est un processus concerté d’élimination d’un employé, d’un collègue, qu’on appellera la « cible ». Cet employé est en effet ciblé par un petit groupe de mobbeurs instigateurs, occupant souvent des positions d’autorité, qui considèrent qu’il nuit à un ou plusieurs de leurs intérêts : il ne partage pas leur conception de l’organisation, il gagne un salaire plus élevé qu’eux, il dénonce certaines de leurs pratiques, il est performant et risque de leur faire de l’ombre, il ne joue pas le rôle que leur script avait prévu, il a obtenu le poste qu’un de leurs amis aurait dû obtenir, etc. »

Le 24/10/2016 faute de preuves, la section disciplinaire s’acharne et ouvre à nouveau l’instruction du dossier par des appels à témoignages [17] sans que ce soit motivé par un fait nouveau et sans en informer mon conseil juridique ou moi-même. Seule une enseignante d’anglais (PRAG), S. Brown, proche du directeur du département de sociologie, viendra dire, sans fait précis cité, juste une opinion, que je suis : « dangereux pour les autres mais pas pour elle… et il n’y a pas de fumée sans feu ». [18]

Le 26/01/2017, plus de 8 mois suivant la section d’instruction, se tient la séance de formation du jugement. Ici aucun principe de droit n’est respecté. La défense peut présenter 3 témoins (sur plus de 30 témoignages) dont une ex-étudiante, conseillère municipale. Leurs témoignages forts sont contraints par la présidente de la section disciplinaire C. Staquet au prétexte « de manque de temps ». Seuls les témoins à charge ont une incidence sur le jugement alors que la parole des témoins plus nombreux qui me défendent ne produit aucun effet, pas même de modération. La décision les réduits à ces deux phrases : « Considérant que Monsieur Serge Dufoulon produit pour sa défense un certain nombre de témoignages d’étudiants et d’enseignants et qu’à sa demande trois témoins ont été entendus lors de la séance du jugement. Considérant que s’il ressort de l’ensemble de ces témoignages que Monsieur Serge Dufoulon serait un enseignant impliqué auprès de ses étudiants qui ne ferait pas preuve de racisme et qu’un conflit existe bien au sein de l’UFR SHS, aucuun n’établit un complot de la part de Monsieur Pierre LE QUEAU… » Ni les démentis de ces témoins quant aux phrases qui me sont imputées, ni leurs narrations sur les contextes d’expression des citations tronquées servant à l’accusation, ni même leur contestation des faits de harcèlement sexuel que fait courir la rumeur ne sont pris en considération.

 Malgré ces témoignages de qualité en ma faveur et l’absence de faits, je suis condamné à une « Interdiction d’exercer toutes fonctions d’enseignement et de recherche dans tout établissement public d’enseignement supérieur pendant 8 mois, avec privation de la moitié du traitement nonobstant appel. » [19]. Sur une échelle de sanctions à sept niveaux (art. L952-8 du code de l’éducation), c’est le cinquième niveau juste avant la mise à retraite d’office et la révocation, c'est-à-dire un type de sanction réservé dans la jurisprudence à des faits prouvés d’une exceptionnelle gravité. Ma condamnation est publiée sur les murs de l’UGA, mon honneur est jeté aux chiens et je me retrouve au SMIC.

 Dès lors, on peut m’insulter, parler ouvertement de « mes frasques », comme se répand le directeur de l’Ecole Doctorale M. Tarpin qui multiplie les obstacles aux soutenances de thèses de mes doctorants sans respect de ces derniers et de la législation. Je ne peux même plus siéger dans les jurys de doctorat des étudiants que j’ai formés : je suis stigmatisé, humilié, isolé, placardisé… Blessé mortellement.

 En janvier 2018, le nouveau Président de l’UGA P. Lévy alerté sur ma situation ne me recevra pas, ne fera pas cesser le harcèlement qui se poursuit aujourd’hui encore. Malgré ma relaxe il ne m’a toujours pas reçu : traitement de l’affaire par un silence présidentiel méprisant.

 Les conséquences de cette guerre, car c’en est une, et de cette condamnation, sont très graves sur tous les plans pour mes proches et pour moi, au niveau professionnel, financier et psycho-physiologique. A la gravité de la situation professionnelle, de l'endettement, de la souffrance, s'ajoute la fragilisation de la situation familiale, sous la pression ma famille s’est brisée : dommages collatéraux !

 « La sévérité du choc post-traumatique dans lequel vivent les cibles de mobbing n’est comparable qu’à celle que provoque une autre forme d’agression : le viol. Même les survivants d’écrasements d’avion ne présentent pas de niveaux de traumatisme aussi élevés » [20]

 Entre-temps à l’UGA et dans de nombreuses universités des collègues de toutes disciplines sont attaqués et portent signalement pour souffrance au travail en cellule RPS et auprès des CHSCT, et pour cause, l’Université n’échappe pas à ces nouvelles formes de management qui envahissent la fonction publique. Les langues se délient et certains me téléphonent pour m’informer que j’étais ciblé depuis 2013.

 J’ai fait des recours et j’ai porté plainte devant les juridictions concernées pour « Harcèlement moral au travail ». Enfin, les juges du CNESER, dans leur sagesse et après une instruction impartiale, en appel, ont prononcé la Relaxe [21]. Mais le mal est fait, il n’y aura pas de retour en arrière. L’UGA accueille la relaxe par un silence méprisant, pas même un mot d’excuse. Sans aucune connaissance du dossier, foulant aux pieds les principes du droit, les ligues de (petite) vertu et les nouveaux entrepreneurs de morale n'acceptent pas que justice soit rendue,  [22], ils se déchaînent, il leur faut du sang, un pogrom peut-être c'est dans l'air du temps... Le silence complice d'une partie des universitaires porte leur voix. « Calomniez, calomniez, il en restera toujours quelque chose »… J'ignorais qu'en France la novlangue et le totalitarisme triomphaient.

 Cette histoire a valeur de message fort pour tous les fonctionnaires, pour mes collègues enseignants-chercheurs se croyant à l’abri par leur statut, et pour les étudiants sur l’éthique et l’humanisme universitaires aussi rares que l’eau dans le désert… Elle porte également à la connaissance des citoyens l’usage qu’il est fait des moyens publics et de la considération que reçoivent leurs enfants-étudiant(e)s, les personnels administratifs, techniques et les enseignants-chercheurs à l’UGA et d'autres universités. Le coût humain et financier de telles pratiques est très élevé. Aujourd’hui c’est moi… mais d’autres certainement n’osent parler et nommer leurs harceleurs.

 Comment remplir nos missions de service public dans un tel cas de figure ? Quels effets ont les Nouveaux Modes de Management Public sur la façon dont sont traités les fonctionnaires ? Quel est l’état réel de la souffrance au travail et des suicides dans les universités, à l’UGA et en France ?

Par ailleurs, avant d’accuser à tort et à travers au fil des modes, les universités doivent exiger des étudiants/personnels affirmant être « harcelé(e)s » de porter plainte et les accompagner dans ce processus. Il ne faut pas prendre de mesures de rétorsion à l'endroit des personnels ou étudiants sans qu'il n'y ait un dépôt de plainte en bonne et due forme faisant état de la sincérité des plaignants. Seule une plainte devrait déclencher une procédure et non des rumeurs comme ce le fut dans mon cas.

Enfin ne faut-il pas questionner le rôle et la pertinence de l’existence des sections disciplinaires locales souvent incompétentes et partiales surtout dans ce type d’affaire ? A minima, le dépaysement devrait être obligatoire ainsi que l’ont déjà recommandé certains collègues.

 

 Professeur Serge Dufoulon

Université Grenoble Alpes

[1] Voir les cas de harcèlement au CHU de Grenoble ; dans la justice l'affaire Van Tran sur LCP

 https://www.google.com/search?q=sois+juge+et+tais+toi&ie=utf-8&oe=utf-8&client=firefox-b

[2] http://www.liberation.fr/france/2018/07/02/accuse-de-violence-lors-d-une-action-etudiante-un-sociologue-mis-au-ban-de-l-universite-de-nantes_1663574

[3] https://lundi.am/Grenoble-l-universite-des-integree

[4] http://www.sauvonsluniversite.com/spip.php?rubrique20

[5] https://theconversation.com/mobbing-en-milieu-de-travail-ou-le-terrorisme-organisationnel-79378

[6] http://www.liens-socio.org/Pourquoi-je-demissionne-de-mon

[7] https://www.lanouvellerepublique.fr/tours/l-universite-de-tours-assignee-pour-harcelement-moral

[8] Extrait du jugement du 10/07/2018 du Conseil national de l'enseignement supérieur et de la recherche (CNESER)-section disciplinaire : « Considérant par ailleurs qu’il existe un climat de tension au sein du département d’enseignement dans lequel intervient Monsieur Serge Dufoulon ; que le déféré est considéré comme atypique par ses collègues et comme l’indique son avocat « grande gueule » ; qu’il apparaît que ce climat de tension a contribué à exaspérer les relations entre les enseignants qui ont conduit à la procédure disciplinaire à l’encontre de Monsieur Serge Dufoulon »

[9] Dufoulon Serge, Itinéraire d'une grande gueule. Du Bled à l'Université, Paris, Orizons. 2015

[10] J’ai été chroniqueur à l’émission radio « Les Grandes Gueules » sur RMC durant plusieurs années.

[11] https://larotative.info/conditions-de-travail-a-l-2655.html

[12] Sur les Risques Psycho-sociaux : https://academia.hypotheses.org/3615

[13] L. Dumasy et P. Lévy sont élus contre le Président sortant. Ils se partageront la présidence de l’Université pour L. Dumasy  et la présidence de la COMUE pour P. Lévy, puis échangeront leurs fonctions 2 ans après.

[14] https://www.francetvinfo.fr/sante/affaires/harcelement-au-chu-de-grenoble-un-chirurgien-avait-porte-plainte-des-janvier_2525965.html

[15] http://www.midilibre.fr/2015/04/30/une-histoire-de-fous,1156075.php

[16] https://theconversation.com/mobbing-en-milieu-de-travail-ou-le-terrorisme-organisationnel-79378

[17] Le temps réglementaire entre la séance d’instruction et la tenue de la séance de jugement est de deux mois, dépassé ici…

[18] Extraits du rapport d'instruction. En appel, cette enseignante ainsi que les étudiants copains des plaignants ne répondront pas à la convocation à témoigner du Conseil National de l'Enseignement Supérieur et de la Recherche (CNESER-disciplinaire).

[19] Conséquence d’une suspension chez les salariés https://www.franceculture.fr/emissions/les-pieds-sur-terre/suspendus

[20] http://www.acfas.ca/publications/decouvrir/2016/09/mobbing-extermination-concertee-cible-humaine

[21] https://www.ledauphine.com/isere-sud/2018/07/22/serge-dufoulon-relaxe-en-appel-la-revanche-du-sociologue

[22] CLASCHES, l'Association Française de Sociologie, l'Association des Sociologues Enseignants du Supérieur demandent publiquement une révision du jugement du CNESER par un recours en Conseil d'Etat https://clasches.fr/lettre-ouverte-du-28-aout-2018-universite-grenoble-alpes/

 

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