Serge LIVROZET

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Billet de blog 3 août 2017

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DÉPUTÉS DÉPITES

Les vacances écourtées de ceux que nous avons élus pour qu'ils s'occupent de nous

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Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

 Quelle que soit ma sympathie, voire parfois ma complicité politique avec La France Insoumise, je ne puis m’empêcher de trouver la sortie de Jean-Luc Mélenchon concernant la durée de la session parlementaire, dont le prolongement l’empêchera de prendre des vacances, parfaitement incongrue. Je pense qu’il se serait montré plus malin et mieux inspiré en profitant de cette occasion pour apostropher ceux qui s’enrichissent sur le dos des plus modestes. Genre : « Je suis content que l’impossibilité dans laquelle je me trouve désormais de prendre un repos mérité me place à égalité avec les 50 % de Français qui se trouvent dans l’incapacité financière de prendre des vacances, à cause de ceux qui les exploitent. »
 Que Mélenchon éprouve l’envie de s’octroyer un peu d’inactivité me paraît parfaitement légitime. Mais ce besoin n’a rien à voir avec celui des travailleurs assujettis à des tâches pénibles, ingrates ou répétitives. Mélenchon possède l’insigne privilège d’accomplir une fonction qu’il a délibérément choisie et dans laquelle il puise de la satisfaction. En fait, il ne travaille pas au sens strict du terme. Il serait mal inspiré de prétendre le contraire. En réalité ses engagements politiques en faveur des plus faibles lui offrent un épanouissement personnel dont bien peu de personnes peuvent se targuer. Sa fatigue éventuelle peut éventuellement relever d’une sorte de lassitude psychique. Elle n’a rien n’a rien de physique.
 Je ne m’autoriserais pas une telle réflexion si j’ignorais de quoi je parle. Pour ma part, je n’ai quasiment jamais pris de vacances. Écrire, jouer, militer, débattre pour tenter d’organiser une société équitable m’apporte des satisfactions qu’aucune vacances ne m’apportera jamais. Tous mes amis écrivains, acteurs, réalisateurs ou militants politiques se trouvent dans le même état d’esprit. D’autres, pratiquant des occupations identiques peuvent bien entendu se prétendre fatigués par leur « travail ». Mais, dans ce cas, nous pouvons parier à coup sûr qu’ils n’aiment pas ce qu’ils font ou qu’ils l’aiment bien moins qu’ils voudraient le laisser croire. Or j’ai bien du mal à penser que Mélenchon n’aime pas ce qu’il fait. Qu’il ait voulu jouer les provocateurs colle parfaitement avec sa personnalité. Dans cette hypothèse, il m’aurait paru bien plus efficace en pratiquant la modeste suggestion que je me suis permis d’évoquer au début de ce texte.
 Dommage !

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