PAS GAY MAIS PAS CON

UNE HISTOIRE DE FOUS

      Je ne suis pas gay mais pas assez con pour refuser d’admettre que certaines et certains puissent désirer l’être. II suffit d’observer la nature pour se rendre compte que cette tendance se retrouve parmi de nombreuses autres espèces animales.

      Ainsi, la récente fumeuse idée du Saint-Père selon laquelle il serait judicieux de s’adresser à des psychiatres pour tenter de neutraliser de tels penchants relève plus de l’intox et de la com’ que d’une nécessité quelconque. Ce disant, au lieu et place de s’intéresser à la pédophilie d’une grande partie de la prêtrise au demeurant très fidèle à la parole des évangiles (« Laissez venir à moi les petits enfants ») il semblerait bien, sans avoir l’air d’y toucher, qu’il essaie de nous faire le coup du père François.

  Ce préambule d’ordre neurologique me conduit tout de go à me demander si un examen psychiatrique ne concernerait pas davantage certains autres étranges personnages, qui, en dépit des progrès scientifiques incontestés concernant la naissance des astres et des planètes en général et de la terre en particulier, persistent à rabâcher que la terre aurait été construite en sept jours et sept nuits, le 7e jour étant destiné à laisser se reposer le bâtisseur le plus productif de l’histoire. Mais il est vrai qu’il s’agissait de Dieu. Sa belle ouvrage achevée, content de lui, selon ses porte-paroles dument agréés, tel le père François, il aurait choisi de l’ornementer. N’importe lequel de ses représentants vous parlera de l’ambiance paradisiaque qui régnait sur terre au tout début, jusqu’à ce que Dieu décide d’agrémenter son domaine de façon tout à fait originale. Il a planté un pommier, dont il décida contrairement à Jacques Chirac, de qualifier le fruit de défendu. Ensuite, il a donné le jour à un être humain mâle, qu’il a baptisé Adam. De crainte que ce dernier ne se consume d’ennui, bon diable, Dieu se mis à penser qu’une femelle humaine serait bienvenue dans le paysage. Il la baptisa Ève Cependant, très à cheval sur les principes, Il s’empressa de les mettre en garde contre la tentation de copuler. Il voulait bien d’un paradis, Dieu, mais il n’était aucunement question de le transformer en lupanar. D’où l’intérêt du pommier et de son fruit défendu, la fameuse pomme.

  Pourtant, son désir de s’assurer de la probité morale des deux créatures qu’il venait de faire surgir du néant l’incita très vite à envisager de les mettre à l’épreuve. D’où l’idée du fameux serpent censé mettre à l’épreuve le premier couple de l’histoire de l’humanité.

  L’univers existant depuis plusieurs milliards d’années, les lecteurs de ces bien modestes réflexions me pardonneront certainement de me montrer incapable d’indiquer la date des événements ci-dessus.

  En l’occurrence, mon unique souci consiste à me demander, à vous demander, s’il ne serait pas plus intelligent et fructueux pour l’humanité de réserver les consultations psychiatriques à des personnages qui croient et font croire aux crédules que de telles balivernes ont pu un jour exister, plutôt qu’à des personnes qui cherchent uniquement à s’épanouir dans une sexualité qui leur convient et qui ne gêne que les cons. Ça vous gêne, vous ?

 

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