ANI - L’abstention : Une arme redoutable au service des députés

Voté avec 250 voix pour et seulement 26 voix contre. Le projet de loi transposant l'accord sur la sécurisation de l'emploi a été adopté le 9 avril 2013 à l'Assemblée nationale à une large majorité des suffrages exprimés. Mais pas des députés : 278 d'entre eux se sont en effet abstenus sur ce texte majeur.

Voté avec 250 voix pour et seulement 26 voix contre. Le projet de loi transposant l'accord sur la sécurisation de l'emploi a été adopté le 9 avril 2013 à l'Assemblée nationale à une large majorité des suffrages exprimés. Mais pas des députés : 278 d'entre eux se sont en effet abstenus sur ce texte majeur.

Dans une tribune sur Mediapart, le député de l’Essonne (aile gauche du PS), Jérôme Guedj, essaie maladroitement de s’expliquer sur son abstention, légitimant ainsi son désaccord avec le projet de loi sur l’ANI. Quel courage ! Je pensais, naïvement peut-être, que pour exprimer un désaccord, il était normal de voter contre.

J’ai du mal à comprendre ce qui se cache derrière « La présidence normale ».

Nous allons bien sûr attendre la discussion au Sénat et surtout le vote pour voir si cette tendance abstentionniste est aussi prégnante dans la Haute assemblée. Si tel était le cas, nous aurions à revoir notre attitude par rapport à la représentation nationale. Sera-t-il utile de les solliciter, de les rencontrer, de passer du temps à leur écrire et leur expliquer les problématiques liées aux textes qu’ils seront appelés à voter, au nom du Peuple.

A l’issue des débats parlementaires, nous publierons les résultats nominatifs de ces votes. Qui a voté pour, qui s’est abstenu (donc a voté pour) et qui a voté contre.

La rapidité avec laquelle ce projet de loi a été mis en place par le gouvernement, étudié à la Commission des affaires sociales et voté à l’Assemblée nationale est sidérante pour un gouvernement qui a fait du dialogue social son argument majeur de campagne électorale.

 

On est dans le leurre absolu.

En prenant un peu plus le temps d’écouter, le pouvoir en place aurait pu s’intéresser à ce que veulent réellement les chefs d’entreprises des TPE-PME mais aussi les principaux concernés, les salariés

. Ils auraient pu anticiper les résultats d’un sondage TNS Sofres du 4 avril 2013 (page 4 de cette revue de presse). Selon ce sondage, les salariés des TPE-PME sont une écrasante majorité à soutenir leurs patrons qui revendiquent une liberté de décision pour choisir leur complémentaire santé et l’organisme qui le propose.

Selon ce sondage concernant 300 dirigeants et 500 collaborateurs d’entreprises de 1 à 49 salariés, 82% des salariés se déclarent favorables à une autonomie de leurs dirigeants en matière de protection sociale. 82 % ! Monsieur le ministre du travail, 82 % ! Mesdames et Messieurs les députés.

Pire encore, Les patrons des petites entreprises ne semblent pas vouloir déléguer leur pouvoir de décision aux représentants du Medef, de la CGPME ou de l’UPA. Deux-tiers des entrepreneurs interrogés les jugent illégitimes pour gérer le fonctionnement de la protection sociale.

Et quel manque de considération pour ces patrons qui font marcher l’économie, créent des emplois et de la richesse. Ainsi le gouvernement socialiste les estimerait incapables de pouvoir gérer la vie sociale dans leur entreprise, incapable de pouvoir choisir une complémentaire santé adaptée aux besoins de leurs salariés. Quel mépris ! Quelle erreur aussi, vous avez commise en favorisant une minorité syndicale et patronale dont les « petits patrons » ne veulent pas.

Le combat ne fait que commencer. Après la phase républicaine, enfin si on peut encore lui attribuer ce qualificatif, la mobilisation va s’intensifier. Nous sommes des Français, disciplinés quand il le faut mais frondeurs et déterminés quand l’injustice nous apparaît trop flagrante. Nous n’acceptons pas que de manière autoritaire :

- Vous favorisiez une catégorie d’assureurs parce qu’ils sont d’essence paritaire

- Vous sacrifiez plus de 50 000 emplois dans des PME mutualistes, de courtage et d’assurance en bonne santé financière et apportant une valeur ajoutée dans la proximité qu’elles entretiennent avec les habitants de leurs bassins d’emplois.

- Vous méprisiez les patrons des TPE-PME en leur imposant un choix qu’ils rejettent.

Premier rendez-vous, le 17 avril 2013 à 13 H 00 devant le Sénat où les salariés des PMM (petites et moyennes mutuelles) manifesteront avec les salariés des courtiers et leur mouvement « Sauvez les abeilles ».

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