Violence d'Etat, enfumage des médias.

La manifestation interdite le 1er octobre à Calais, vue de l'autre côté de l'écran de télévision, vue depuis ceux que l'on veut faire taire et stigmatiser pour mieux les déshumaniser.

http://taranis.news/2016/10/calais-inside-the-jungle-part-4

Alors que quelques semaines auparavant une manifestation de camionneurs et de calaisiens en colère contre les « migrants »  s’était déroulée avec l’accord des autorités, ces dernières ont décidé d’interdire une manifestation en  soutien aux réfugiés qui seront prochainement expulsés de ce que le président normal et hypocrite appelle « la Lande » comme pour faire croire que c’est un coin sympa, un camp de vacances…

Malgré l’interdiction, des migrants et des soutiens s’étaient rassemblés sur ce que l’on appelle « le chemin des dunes », Batucada, guitare, chants, danse, comme à leur habitude. Ils réclamaient « UK ».

Parce que c’est là qu’ils veulent aller, la plupart pour y rejoindre leur famille, d’autres pace qu’ils sont dublinés et n’ont pas la possibilité de demander asile ailleurs qu’en Grèce ou en Italie où ils ne souhaitent pas le faire.

Ils sont dans l’impasse où l’Etat et la municipalité les ont mis. D’abord écartés du centre ville : ségrégation volontaire d’une maire qui souhaitait donner l’air à la ville de s’être débarrassée du problème.

Des conditions de survie inhumaine que l’Etat a lui-même mises en œuvre en faisant tout pour que tout déraille. Ces conditions ont d’ailleurs renforcées les mafias de passeurs, car plus il est difficile de passer, plus les passeurs prennent cher et surtout prennent le pouvoir…

Mais revenons à cette manifestation. Interdite parce que la préfète veut interdire toute manifestation en rapport au soutien aux migrants et utilise l’état d’Urgence pour faciliter sa démarche. En soutien : c’est non. Mais « contre », là c’est possible. Commerçants, riverains… Ils ont eu le droit de dénoncer leurs conditions de vie quotidienne, qui forcément, ne sont pas idéales puisqu’un bidonville d’Etat leur a été imposé où vivent plus de 10 000 personnes. Ils ont eu le droit de bloquer la rocade et de manifester, de crier même « ici c’est chez nous ».

Le 1er octobre la manifestation était interdite, parce que selon la municipalité les soutiens aux migrants sont tous des No Border et donc des extrémistes de gauche. C’est pratique, ça diabolise, ça stigmatise, ça fait peur et surtout ça décrédibilise des centaines de personnes qui ne sont ni No Border ni rien d’autre que des citoyens qui refusent de fermer les yeux sur une nouvelle catastrophe humanitaire organisée par le gouvernement.

Et puis ça permet aussi de laisser entendre que les « migrants » sont des neuneus qui suivent le mouvement comme des moutons, ne sachant rien de la politique française européenne ou britannique. Des sauvages illettrés quoi, ça arrange tout le monde de les percevoir comme ça.

Alors la télé a montré des images de « heurts », a dit « des heurts entre les migrants et les forces de l’ordre ont fait 3 blessés légers chez les policiers »… Ils ont eu quoi ? Une entorse de la paupière ou un petit doigt éraflé ?  Non parce que faut les voir les robocop… Pour les blesser, faut y aller sévère.

Et c’est là que ça coince. Les « heurts »… Sont le fait de la police. Ce sont les forces de l’ordre qui encore une fois ont fait usage abusif des armes « gaz, canon à eau, matraques », devant des personnes non armées à part de pancartes, de guitares,  de tambours et de volonté.

Alors pendant 4 heures, les policiers ont gazé. Il y aurait eu 700 grenades lacrymo de lancées…  Du côté des « manifestants », on ne parle pas de blessure ? Les coups, les séquelles de gazage intensif, la violence du canon à eau… Pas grave.

Encre une fois, l’Etat et les médias montrent une version des faits qui encourage la population à avoir peur des exilés, à les vouloir loin.

Heureusement, il y avait sur place des personnes pour photographier et filmer. Pour montrer la réalité qui dérange.

Quand à tous ceux qui imaginent que ce énième démantèlement aura du succès, sera fait humainement, sera bien organisé, sera juste et sans violence, et surtout débarrassera Calais des exilés : vous croyez au père Noël ? Rien ne changera. Le nombre diminuera, au début, entre ceux qui vont aller se planquer ailleurs le temps de l’expulsion et ceux qui tenteront leur chance en CAO. Mais la plupart veut passer. Alors ils reviendront. Et il y aura de nouveaux squats, de nouvelles jungles. Et au printemps prochain, il en arrivera de nouveau des centaines… A moins que d’ici là, la France et l’Europe aient décidé de mettre un point final au problème en aidant Poutine et Al Assad à exterminer les  Syriens, qu’ils auront suffisamment armé Al Bashir pour massacrer tous ses opposants soudanais, et qu’ils auront pactisé avec les talibans pour égorger tous les afghans, irakiens et autres qui pourraient avoir envie d’une vie normale. Après tout, on achète bien du pétrole à DAESH…

Ce gouvernement est le pire que la France ait connu depuis des décennies. OK, Sarkozy a ouvert le chemin, négocié avec Kadhafi pour ensuite aider à le renverser, Ok Sarkozy a claqué la bise à Al Assad comme à un pote sympa et un peu turbulent. Lui aussi avait joué au shérif « les migrants à Calais c’est fini » avait-il affirmé à la fermeture de Sangatte et à l’expulsion de la jungle en 2009.

Mais Hollande et son gouvernement d’hypocrites et de lâches ont assassiné la démocratie, ils ont participé passivement au massacre de peuples, ils organisent des rafles et des expulsions violentes dans le déni le plus total des droits de l’Homme.

Et les médias, ces pantins maquillés qui nous gavent de la moumoutte de Trump, du divorce de Brangelina en passant brièvement sur le massacre de centaines de Syriens … La liberté de la presse a pris cher en France…

Bref, une fois de plus, mensonges, manipulations, enfumage. Mais ça passe à la télé, du coup, des millions de télévores croient que les migrants sont des envahisseurs sauvages et dangereux.

Vomir ? Même plus la force. Rester debout et continuer de dénoncer, ça oui. Dans 40 ans on aura à expliquer pourquoi, pendant que des réfugiés mourraient par centaines en tentant de fuir les persécutions, alors qu’ils tentaient de survivre chez nous où nous les traitions comme des rats, on préférait chasser les pokémons et nous plaindre de la météo…

 

 

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