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Billet de blog 11 févr. 2016

Déchéance des valeurs.

Plutôt que de menacer de déchéance ceux qui n’en ont strictement rien à faire, l’Etat aurait dû valoriser la jeunesse qui tient debout et reste unie quand on assassine sa culture, sa joie de vivre et ses possibilités d’avenir… Il aurait dû trouver le moyen de préserver l’union fraternelle de tous ceux qui, le 11 janvier 2015, refusaient de plier devant la menace.

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La déchéance de nationalité comme message fort aux candidats au terrorisme, c’est comme d’imaginer que Casimir va enfin donner la recette du Gloubiboulga… C’est naïf et cela révèle une déconnexion totale avec la réalité…

Mais on nous en parle, haut et fort, on nous explique que c’est bien, pour nous. Parce que la France a besoin de symboles.

En effet, la France a besoin de symboles. Mais elle a surtout besoin d’actes concrets qui permettraient aux français d’envisager l’avenir sans peur.

Le symbole que représente cette déchéance n’est donc pas un symbole constructif, il ne propose rien de concret en réalité, si ce n’est… Valider une notion prônée par le FN. La déchéance de nationalité, c’est un message fort en effet… Car peu importe ce qui est écrit dans le texte. Ce que la plupart des gens retiendront, c’est que pour lutter contre des terroristes de Daesh, et donc représentant un islam radical, il faut retirer leur nationalité aux binationaux, « surtout les arabes/musulmans ».  C’est ce message là qu’ont retenu la plupart des gens. Qu’on nous explique maladroitement que non, finalement ça ne s’adresserait pas qu’aux binationaux, et que ce ne serait que pour les personnes condamnées pour acte de terrorisme… C’est gentil, mais c’est trop tard. Le mal est fait dans les esprits. Ceux qui ont voté pour ce projet de loi ne l’ont pas compris, car ils ne vivent pas la vie des gens « ordinaires », ils sont dans leur bulle, bien en hauteur, à l’abri des salissures du quotidien.

Car nous sommes à une époque où les étiquettes, les rumeurs et la stigmatisation font des ravages irréversibles au cœur de notre société, au cœur de notre jeunesse…

L’Etat a laissé supposer que les terroristes étaient essentiellement des binationaux, de dangereux repris de justice… Les faits démontrent que ces individus étaient surtout des enfants de la république française (ou belge), avec une éducation ordinaire, des parcours ordinaires… Les assassins du 13 novembre notamment n’étaient pas des criminels récidivistes, le casier judiciaire le plus chargé l’était pour des délits routiers… Un seul avait fait l’objet d’un signalement pour un possible rapprochement avec une filière syrienne.

La menace de déchéance de nationalité les aurait-elle fait reculer, renoncer ?

Non.  Ils étaient prêts à mourir. Ils crachaient sur notre pays autant que sur ses symboles.

Ce symbole de déchéance en réalité est une mesure populiste visant à flatter les peureux, les inconscients. On flatte, en enfume, et pendant ce temps là, les Syriens se font massacrer. Provoquant la naissance de nouvelles ambitions djihadistes. Parce que la colère et le désespoir font parfois perdre toute conscience et mènent à la violence absolue en quête de vengeance.

Pour lutter contre le terrorisme, il faut rassembler les gens, leur donner confiance en l’avenir, leur offrir de l’espoir et surtout du travail… Il faut aussi protéger les populations en danger, les mettre à l’abri, les accueillir et les soutenir dans l’épreuve.

Il faut également se demander ce qui fait que des personnes, parfois très jeunes, préfèrent envisager de tuer et de mourir plutôt que de continuer à vivre « français ».  Qu’est-ce qui, dans notre société, à un moment donné, les a fait décrocher et choisir la mort ? Pourquoi ? Comment peut-on empêcher ça ?

Tant que nous n’aurons pas répondu à ces questions, nous ne pourrons pas empêcher des jeunes (ou moins jeunes) de partir en guerre contre nos valeurs et notre mode de vie.

Et comme ces individus ne sont que sur un côté de la balance, demandons-nous également pourquoi une autre partie de notre jeunesse pense judicieux de faire le salut nazi en défendant des idéologies criminelles… Les mêmes causes, les mêmes effets, avec des costumes et des symboles différents.

Ce gouvernement n’aura vraiment rien compris, rien entendu. Il n’a fait que nourrir les rejets, les haines, les violences. Il a déroulé le tapis aux extrémistes de tous bords, sacrifiant au passage le symbole le plus fort et le plus historique de notre pays : les mots gravés à l’entée de nos mairies, « Liberté, Egalité, Fraternité ».  La porte de ces dérives ayant été ouverte depuis plusieurs années par d’autres dirigeants.  Car ce n’est pas la sauvegarde de nos valeurs,  la construction de notre avenir ou l’intérêt de nos enfants qui motivent ces élus du peuple, mais l’opportunisme carriériste.  Ils tuent notre république. Ils condamnent nos enfants. Ils bradent nos valeurs. Ils nous contraignent à choisir un camp… Nous voulions seulement vivre, ensemble, dans le respect de chacun et la dignité de tous.

Plutôt que de menacer de déchéance ceux qui n’en ont strictement rien à faire, l’Etat aurait dû valoriser la jeunesse qui tient debout et reste unie quand on assassine sa culture, sa joie de vivre et ses possibilités d’avenir…  Il aurait dû trouver le moyen de préserver l’union fraternelle de tous ceux qui, le 11 janvier 2015, refusaient de plier devant la menace.

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