Vive la France !

Où sommes-nous quand un môme de 15 ans prend un coup de poing en pleine figure de la part d’un policier qui estime avoir tous les droits ? Où sommes-nous quand un général de gendarmerie qui vend son livre déclare à la télé concernant ce coup de poing violent et choquant que c’est un geste « étonnant » ? L’Etat d’Urgence est là désormais pour justifier les dérapages...

Pendant que plusieurs candidats aux élections de 2017 ont déjà préparé le discours qu’ils réciteront consciencieusement devant tous les médias pour tenter de nous convaincre de leurs compétences à redresser un pays mis à terre, le gouvernement , lui, ne change pas de costume ni de discours. Il continue sur sa lancée. Il continue d’abimer, de casser, de nuire, de blesser, de faire honte.

Notre gouvernement continue de diviser, de salir et affecte notre population jusqu’à sa jeunesse, son avenir, ses espoirs.

Mr Valls reste froid comme un marbre, et continue de pousser habilement les français au bord du gouffre Bleu Marine. Il n’est que propos et mesures arriérés et dignes du siècle dernier…  Il avance droit et fier, il se moque des dégâts, il y est arrivé, il s’est imposé sur la durée, contre l’avis de la majorité, en trahissant ceux qui voulaient un gouvernement socialiste, en bradant nos valeurs.

Mr Hollande… Cher président. Cher oui. Il nous coûte autant de sueurs froides que de misères matérielles, sociales, humaines. Il n’a rien changé, il n’a pas été le « moi président », il n’a été qu’une girouette se pliant aux vents mauvais, ceux qui sentent l’amertume, la haine, la déchéance, la honte. Le pire président, le pire parce qu’il a participé à renier les droits de l’Homme qui étaient la fierté de notre pays. Désormais, les humanistes sont la risée. La vie d’un être humain n’a que la valeur que lui autorise le montant indiqué sur son relevé de compte…

Mr Cazeneuve… Abominable individu. Il a menti, il ment, il ne fait que ça sous ses airs de petit bonhomme qui ne mord pas. Il s’est moqué de nous. Tous. Il annonçait un démantèlement de la jungle de Calais en douceur, il annonçait qu’il laisserait le temps aux migrants de faire leur choix, que personne ne les contraindrait, que tout se ferait humainement… Deux jours plus tard, les migrants étaient gazés, violentés, expulsés par la force, leurs maisons fracassées. Ce n’est pas la preuve que Mr Cazeneuve prends les migrants pour des imbéciles. Les migrants ne lui sont rien, il les méprise. Ils ne sont  que l’épine sous son petit pied gauche de  tout petit monsieur. Non. C’est la preuve qu’il nous prend nous, tous, français, citoyens, électeurs, anarchistes, croyants, catholiques, juifs, musulmans, athées,  français blancs, français noirs ou français beurs, travailleurs ou chômeurs, salariés ou entrepreneurs, il nous prend tous pour des imbéciles. Il nous dit « continue, avance, baisse la tête… Fais ce que je dis »

Et nous baissons la tête.

Même quand nos enfants sont brutalisés par la police…

Où sommes-nous quand un môme de 15 ans prend un coup de poing en pleine figure de la part d’un policier qui estime avoir tous les droits ? Où sommes-nous quand un général de gendarmerie qui vend son livre déclare à la télé concernant ce coup de poing violent et choquant que c’est un geste « étonnant » ?

Nous sommes endormis. Au boulot, parce qu’on n’a pas le choix, on doit payer les factures. Devant la télé, pour savoir ce qui se passe ensuite. Devant les réseaux sociaux pour crier que ce n’est pas normal. Mais dans la rue ? Personne !

Ils sont là, à brader notre avenir… Et nous assistons au déluge, sans même tenter de garder la tête hors de l’eau.

Honte à un gouvernement dont la police violente la jeunesse. Honte, quand ce sont les plus faibles qu’on expulse, qu’on frappe, qu’on terrorise.

Terroriser. Par tous les moyens.

Pas seulement en se faisant sauter dans des lieux publics. C’est la paille dans l’œil du voisin. La poutre, c’est cet état d’urgence qui permet les pires exactions au nom de la République. On musèle, on enferme, on fait taire. Et surtout, on détourne l’attention, on suggère l’amnésie.

L’Etat d’Urgence est là désormais pour justifier les dérapages. Messieurs Hollande, Valls et Cazeneuve remercieront chaleureusement Mr Abdelslam d’avoir permis ces mesures de répression comme ils ont remercié le principal support financier et idéologique de DAESH, lorsqu’ils ont remis la Légion d’Honneur à l’Arabie Saoudite qui tranche des têtes et avilie des êtres humains puis se lave les mains sous des robinets en or massif.

Gouvernement de lâches, d’hypocrites qui finalement abandonne notre jeunesse et notre avenir aux fanatismes les plus pervers.

Aujourd’hui, on mélange tout. On prend un grand sac, et on y verse, comme on y vomirait, le Coran, la mort, la religion, les assassins, la nationalité, les jeunes, la haine et la précarité, et on obtient un détonateur prêt à laisser une France en cendres.

Mais où est Charlie ? Où sont ceux qui défilaient pour montrer que la France resterait unie ? Où est-elle cette France qui se levait contre l’esclavage auquel des assassins voulaient nous livrer ? Les chaines sont-elles plus confortables lorsqu’elles sont offertes par des costumes gris portant cravates avec des discours populistes ?

Je suis une femme. Une mère. Je suis enfant de France.

Ce pays d’Europe qui depuis les colonies n’a cessé de piller « légalement » les pays d’Afrique… Je suis de ce pays qui laisse des enfants syriens survivre dans la boue dans le pire des mépris, celui de l’indifférence, celui du déni de leur humanité. Je suis de cette République dont la police frappe un lycéen de 15 ans, violente des salariés qui défendent leurs droits, gazent des enfants migrants pour les expulser. Je suis cette citoyenne voisine de ceux qui seront expulsés bientôt parce que la trêve hivernale se finit. Je suis cette chômeuse qui tremble d’être un jour à leur place. Je suis cette contribuable qui paie l’aiguille de la Rolex d’un ancien président de la république. Je suis cette SDF qui cherche un abri dans le noir. Je suis ce jeune de 19 ans sans revenus à qui l’état ne propose, en réalité, rien de mieux que d’attendre le RSA, dans 6 ans. Je suis cet enfant de 5 ans à qui l’on n’apprendra sans doute jamais le sens du mot « fraternité » et pour qui le mot liberté signifiera «tais-toi et ça ira ». Je suis cet ado tabassé par des néo-nazis parce qu’ils ne supportent pas mes idées. Je suis ce retraité qui compte chaque euro pour finir le mois en espérant faire un petit plaisir à ses petits-enfants. Je suis, ce malade, ce handicapée, cette personne différente que la normalité laisse sur le bord du chemin… Je suis cet artiste qui continue de rêver une France saine et heureuse mais la dessine sombre et malade. Je suis cet espoir français d’un demain autrement.

Je suis une française. Sans croyance religieuse. Sans étiquette politique. Sans haine. Une française en colère.  

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