Shaams
Abonné·e de Mediapart

20 Billets

1 Éditions

Billet de blog 6 déc. 2012

Shaams
Abonné·e de Mediapart

De l’espoir à la tristesse

Je regardais recroquevillé en dedans de moi. Je voyais un paysage lunaire. Quelques végétations que des jeunes gens observent.

Shaams
Abonné·e de Mediapart

Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

Je regardais recroquevillé en dedans de moi. Je voyais un paysage lunaire. Quelques végétations que des jeunes gens observent. De loin. Une zone verte au milieu de nulle part. Un village dans un paysage lunaire. Les jeunes gens sont des soldats danois de la force d’assistance international. Le pays est un bout de terre damné: l’Afghanistan.

Armadillo - Dans le piège afghan. Arte. Attention, ce documentaire contient des images violentes.

J’entends. Force internationale de sécurité et d’assistance. Je pense. C’est beau l’assistance. Mais pas l’occupation. C’est beau l’amour mais pas le viol. Pourquoi l’idée est toujours plus belle que la réalité ?

Je ne sais pas.

Je regarde à travers les trous dans mon crâne. Mes yeux me font mal. J’attends la catastrophe. J’observe l’idée. Je ne comprends pas. Je vois l’excitation de jeunes gens en attente d’action. D’adrénaline. J’imagine déjà leurs nuits sans sommeille une fois qu’ils auront eu leur heure de pure excitation et de gloire. De terreur aussi. Quinze pourcent auront des séquelles psychologiques. Trois pourcent auront le PTSD (Posttraumatic Stress Disorder). Ce n’est pas beau de sentir le stress post-traumatique. Mais je ne peux pas leur crier ça. Ils ne m’entendent pas. De toute façon ils ne me croiront pas. Pour l’instant ils ne peuvent pas imaginer. La douleur. Ni leur douleur ni celle de ceux qui les entourent. Leurs proches. Ni la douleur des damnés, les autochtones.

De toute façons ils ne vivront pas long temps. Les autochtones.  De toute façon ils ne comptent pas. Les autochtones. On ne les a jamais comptés. On a perdu leur compte. Depuis tout ce temps. On ne va pas non plus faire des minutes de silences. Si non on ne parlerait plus.

Je pense. Ils m’emmerdent parce qu’ils font partie de moi et moi d’eux. Ils emmerdent tout le monde avec leurs paysages lunaires et leurs yeux qui vous demandent de leur foutre la paix. Ils n’ont riens demandé ni aux Russes ni aux Américains et encore moins aux Danois.

Je regarde. Les jeunes gens venus pour ressentir le « rush ». Ils marchent à travers un village lunaire. Les enfants les suivent.

Vers les voix de la nuit des étoiles perdues1

J’entends encore. Force internationale de sécurité et d’assistance. C’est beau l’assistance mais pas l’insécurité et encore moins le meurtre des enfants et des jeunes gens, la tête plein de rêves et de folies.

J'entends des sons lointains qui cherchent des caresses1

Des tires. On court. On se cache. On tire à tue-tête.  Personne n’est mort ? Pas encore. La vache ! S’exclame un « robocop» armé jusqu’aux dents. Un coup de pied dans une petite porte en bois. Une explosion dans un mur d’enceinte d’une maison pour se frayer un chemin. 

Elle est effrayée la vache maigre qui a du male à tenir debout. Un vieux explique qu’ils sont fatigués. No, pas seulement les vaches. Surtout Les villageois pris entre les robocops venus d’ailleurs et les fous de dieu.

Dieu est une idole là-bas. Un rock star au Danemark. Les robocops écoutent du métal sur les plaines maudites. Ils tirent aux sons du métal. Le métal qui déchiquète leurs beaux corps et les corps migres des vaches et ceux des fous de dieu. Ils sont morts. On les tire par les jambes. C’est une vache ? Non c’est un homme. C’était un homme. C’était un enfant. Un jour il y a bien long temps.

Je me demande si sa mère l’aimait. Est ce qu’il pensait à sa mère avant d’être déchiqueté ? Peut être à son idole ?! Le dieu.

Je pense et je suis sûre : même s’il existait, il faudrait s’en débarrasser. Du corps ? No, de dieu. Des corps aussi.

‘‘ Au coin d'un vieux soleil exténué des glaces.

Mélancolie Mélancolie la mer se calme
Je vois monter partout des filles et des palmes
Avec des fruits huilés dans la fente alanguie
Les matelots me font des signes de fortune
Ils se noient dans le sang du soleil descendant
Vers l'Ouest toujours à l'Ouest”1

Je crie. Arrêter la folie. Ils ne m’entendent pas. Ils continuent. Ils ne savent pas ce qu’ils font.

Huic ergo oarce, Deus!

 Épargnez-(les) mon dieu!

__________________________

1- Les amants tristes de Léo Ferré

Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

Bienvenue dans le Club de Mediapart

Tout·e abonné·e à Mediapart dispose d’un blog et peut exercer sa liberté d’expression dans le respect de notre charte de participation.

Les textes ne sont ni validés, ni modérés en amont de leur publication.

Voir notre charte

À la Une de Mediapart

Journal — Moyen-Orient
Des Russes désertent vers la Turquie pour ne pas « mourir pour Poutine »
Après que le président russe a décrété la mobilisation partielle des réservistes pour faire face à la contre-offensive de l’armée ukrainienne, de nombreux citoyens fuient le pays afin de ne pas être envoyés sur le front. 
par Raphaël Boukandoura
Journal — Politique
La justice dit avoir les preuves d’un « complot » politique à Toulouse
L’ancienne députée LR Laurence Arribagé et un représentant du fisc seront jugés pour avoir tenté de faire tomber une concurrente LREM à Toulouse. Au terme de son enquête, le juge saisi de cette affaire a réuni toutes les pièces d’un « complot » politique, selon les informations de Mediapart.
par Antton Rouget
Journal — Exécutif
Retraites, chômage, énergie : Macron attaque sur tous les fronts
Le président de la République souhaite mener à bien plusieurs chantiers d’ici à la fin de l’année : retraites, chômage, énergies renouvelables, loi sur la sécurité, débat sur l’immigration… Une stratégie risquée, qui divise ses soutiens.
par Ilyes Ramdani
Journal
« L’esprit critique » cinéma : luxe, érotisme et maternité
Notre podcast culturel débat des films « Sans filtre » de Ruben Östlund, « Les Enfants des autres » de Rebecca Zlotowski et « Feu follet » de João Pedro Rodrigues.
par Joseph Confavreux

La sélection du Club

Billet de blog
L’éolien en mer menacerait la biodiversité ?
La revue Reporterre (par ailleurs fort recommandable) publiait en novembre 2021 un article auquel j’emprunte ici le titre, mais transposé sous forme interrogative … car quelques unes de ses affirmations font problème.
par jeanpaulcoste
Billet de blog
Saint-Jean-Lachalm, un village qui a réussi ses éoliennes, sans s'étriper
Saint-Jean-Lachalm, un village de la Haute-Loire qui a trouvé le moyen de ne pas s’étriper lorsque l’idée d’un champ d’éoliennes a soufflé dans la tête de son maire, Paul Braud. En faisant parler un droit coutumier ce qui, de fil en aiguille, a conduit… au chanvre.
par Frédéric Denhez
Billet de blog
Le gigantisme des installations éoliennes offshore en Loire Atlantique et en Morbihan
Un petit tour sur les chemins côtiers en Loire Atlantique et en Morbihan pour décrire et témoigner du gigantisme de ces installations offshores, de la réalité de l'impact visuel, et de quelques réactions locales.
par sylvainpaulB
Billet de blog
Éolien : vents contraires !
[Rediffusion] Mal aimées parmi les énergies renouvelables, les éoliennes concentrent toutes les critiques. La région Provence Alpes-Côte d'Azur les boycotte en bloc sans construire d'alternatives au « modèle » industriel. le Ravi, le journal régional pas pareil en Paca, publie une « grosse enquête » qui ne manque pas de souffle...
par Le Ravi