Villepin ou la paix retrouvée

Décidément, aujourd'hui en France, les clivages politiques se brouillent toujours un peu plus. Entre une UMP décadente qui se radicalise et un PS qui a, depuis longtemps, grandement renoncé ; entre ces deux pôles complices, si loin du peuple, enfin, la France a le droit à une ultime chance de retrouver sa paix du dedans, voire même, sa prestance du dehors.

Décidément, aujourd'hui en France, les clivages politiques se brouillent toujours un peu plus. Entre une UMP décadente qui se radicalise et un PS qui a, depuis longtemps, grandement renoncé ; entre ces deux pôles complices, si loin du peuple, enfin, la France a le droit à une ultime chance de retrouver sa paix du dedans, voire même, sa prestance du dehors.

 

J'entends déjà les esclaves de Rome et autres partisans du "arbeit macht frei" crier à l'assistanat généralisé et à l'infamie. Et à vrai dire, je m'en réjouis. Dominique de Villepin, ce gaulliste s'il en est un, propose à la France un nécessaire et juste progrès : un Revenu Citoyen décent viendrait remplacer le RSA. Ni plus ni moins que 210 € supplémentaires pour les plus démunis d'entre nous, si souvent "assistés" contre leur gré, contrairement à ce que les adeptes de la servitude volontaire voudraient nous faire gober.

 

C'est non seulement inespéré, mais encore, c'est ici le génie français qui resurgit. Génie ? Oui. La pression qui s'exerce depuis trop longtemps sur les salariés, terrorisés non pas par Al qaïda mais par la perte de leur emploi, trouve ici son salut. Mais ce n'est pas tout : les petites et moyennes entreprises ne seront plus injustement accusées de licencier à outrance. Car si le marché impose ses iniques lois au monde entier, il était urgent de pallier à ses conséquences sociales désastreuses, tout en garantissant aux entrepreneurs, souvent acculés par les dettes, une nécessaire souplesse dans leur activité.

 

Cela est sans compter l'effet indirect de cette mesure sur les violences faites aux personnes, vouées à être réduites drastiquement, tant on sait le lien entre précarité et insécurité. En outre, "fixer les écarts acceptables entre les 10 % des revenus les plus élevés et 10 % les plus bas" sera aussi l'une de ses priorités, sciant de fait la branche sur laquelle l'ex-PS Mélenchon, reconverti en rabatteur de l'extrême gauche, était assis. Non sans opportunisme, il veut aussi prendre au PS sa seule mesure sensée, dont Thomas Piketty est l'auteur, à savoir la refonte évidemment nécessaire du système fiscal français.

 

Encore faut-il croire, me direz-vous, que l'ancien premier ministre tienne ses promesses, s'il venait à être d'abord candidat, puis élu en 2012 ? En ce qui me concerne, je le crois ; car je crois en celui qui déjà nous a évité de sombrer dans une guerre en Irak, nous distinguant de la folie guerrière d'un empire en mal de pétrole. Qui nous aurait sans doute aussi évité de commettre le même crime en Lybie. Et qui enfin, aurait su refuser la réintégration au commandement intégré de l'OTAN, dans lequel la France a vendu sa grandeur et sa dignité. Oui je veux croire en la volonté de cet Homme de sortir la France du chaos, et je crois en l'amour qu'il voue à notre pays.

 

Enfin, alors que le Président de la République actuel n'a de cesse de nous diviser, ici, son plus grand ennemi montre avec fermeté le chemin de notre unité. "Opposé au débat sur la laïcité", farouche adversaire de la stigmatisation et du communautarisme, Dominique de Villepin peut redonner à notre douce France l'envie de chanter du Trenet. C'est à nous de décider.

 

Siddh

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