Demain l'espoir

Peu avant le 16 juin 2010.
Le gouvernement est affaibli par l'équipe de France de football. La réforme des retraites françaises risque bien de se jouer en Afrique du Sud; la politique soumise au football... Désespoir du peuple. Coup de sifflet final. Plus aucun moyen d'être fier de son pays. Le gouvernementt est affaibli, il s'affole : le calendrier ne tient plus. Il leur fallait des buts et une victoire. Echec. Bréche béante dans la tentative d'Etat-entreprise.
Si cela se confirme, nous pourrions crier : quel échec édifiant! Echec du chef de l'Etat. Echec de la communication pure et érigée en dogme. Echec de la politique des résultats au plus court terme. Mais nous en sommes loin. L'équipe est forte. Et elle est loin d'être isolée. Elle a choisi les plus puissants comme alliés. Mais le peuple est une force incontrôlable en France. Une variable insondable dans les faits. Il accepte de travailler très dur. Mais gare à celui qui se moque de lui.

Le 16 juin 2010.

Affaire Bettencourt. Comme un glaive qui lentement perce l'armure d'un combattant hué dans l'arène. Au delà des lignes et des clivages. A gauche des Montebourg parlent fort; des Aubry se manifestent. Au centre des Bayrou crient. Et sans compter sur l'appui des rebelles ; nichés au sein même de la majorité présidentielle. Des de Villepin et des gaullistes surtout. Mais pas seulement. Des centristes encore, ou des Copé. Certains ont senti l'odeur du sang, de la guerre et donc du pouvoir qui se libère. Les plus intègres ont compris la perversion de l'esprit du peuple français. Gravé dans une Histoire indélébile. Au grand dam des fossoyeurs.
La vérité est entendue. Le peuple se réveille d'une profonde léthargie. Doucement, mais à une allure certaine. Il se souvient. Mémoire et avenir d'une France libre et résistante. Juste et solidaire. Pas sécuritaire. Libre. Pas soumise. Résistante. Loin des instincts primaires à qui l'on renvoit le peuple sans cesse. Juste et solidaire. Un idéal jamais atteint, mais un espoir vital. Né de 1789, anéanti en 2007. Date de l'avènement du positivisme panglossien déguisant le plus cynique des obscurantismes . Une tâche d'injustice. Une souillure brisant le peuple. Egoisme, concurrence déloyale, mépris, division des Hommes entre eux. Chaos organisé.
Le 14 juillet 2010.
Reste la mise en lumière et en perspective. Reste aux médias de jouer leur rôle. Affaire Bettencourt. Sans Woerth, mais avec un ministre du Travail coupable de conflits d'intérêts. Sans Woerth parce qu'il est loin d'être le seul. Sans Woerth parce qu'il y a 17 ans, Bérégovoy. Mais avec une affaire d'Etat d'une ampleur considérable. Inédite peut-être.
Car cette affaire ébranle l'élite; presque toute entière impliquée. Inédite car depuis 221 années, les Français ont évolué. Hors de question de trancher le cou de qui que ce soit. Et c'est heureux. Mais le coup est lancé, et les Français ne sont plus sensibles aux charmes naturels de l'élu d'il y a trois ans. Ils souffrent et comptent bien le faire sentir. Quand? Nul ne peut le dire. Mais nous avons tous le droit de le présentir. Et sans doute, le devoir d'agir.

Siddh

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