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Billet de blog 12 avr. 2020

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Coronavirus : Crise sanitaire, crise financière 3

Coronavirus : Crise sanitaire, crise financière 3 Courbe en U,V,L,W ? (Courbe en U, en V, en W… Quels scénarios économiques pour l'après-crise?,  08/04/2020) Telles sont les questions des libéraux sur la forme que va prendre la reprise de l’économie.

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Courbe en U,V,L,W ? (Courbe en U, en V, en W… Quels scénarios économiques pour l'après-crise?,  08/04/2020) Telles sont les questions des libéraux sur la forme que va prendre la reprise de l’économie.

Parmi les scénarios crédibles : 

«  La Courbe en W/L : Le scénario du faux espoir. La courbe est remontée, avant de chuter à nouveau. Mais au lieu de repartir vers le haut, elle va finalement stagner. Le W se transforme en L. Contrairement au scénario classique en L, qui devrait être évité grâce aux plans de relance, celui du W/L est plus dangereux car la reprise serait tuée dans l'œuf. Les banques ne pourraient plus garantir aussi longtemps de nombreuses entreprises au bord de la faillite. Avec un chômage de masse et une activité très ralentie, la spirale infernale mettrait des années à s'arrêter. »

 Voilà, pour les prévisions de croissance. Ce scénario est accrédité par des chercheurs en science et médecine qui ne voient  pas de solution rapide à la sortie totale du confinement : Yves Gaudin, (virologue, directeur de recherches CNRS à l’Institut de biologie intégrative de l’université Paris-Saclay), estime que le virus ne « s’arrêtera pas après le confinement ». Pour lui il pourrait même circuler pendant encore deux ans. (France info, 02 avril, 2020). Sans parler des diverses pénuries qui perdurent en France (masques, test, blouses des soignants,…) et qui expose les soignants dans les EPHAD; les personnels qui s’occupent des enfants de soignants dans les écoles et les collèges.

Pour faire face à la crise la banque centrale a sorti le chéquier :  « Malgré quelques cafouillages du côté de Christine Lagarde (nouvelle présidente de la Banque centrale européenne) qui, dans un premier temps, a laissé entendre que la BCE n’avait pas vocation à soutenir les emprunts des États, le message a été parfaitement compris. La BCE a lancé mercredi 18 mars un programme de rachat de titres pour 750 milliards d’euros d’ici à la fin de l’année. Un montant approximativement équivalent à celui engagé par la banque centrale américaine. Macron a applaudi. » (Crise sanitaire, crise financière 2 Complément à l’US N° 796 du 28 mars 2020, Thierry Ananou)

 Alors à quoi ont servi les 750 milliards déversés par la banque centrale ? A sauver les banques pardi ! Déjà au bord de la faillite en 2016 (Inquiétant ! La chute des valeurs bancaires est plus rapide que pendant la crise des subprimes, Capital.fr, 10/02/2016), leur rentabilité ne cesse de se dégrader avec des taux d’intérêts toujours plus bas, voir négatif pour les états. Le prétexte du coronavirus et la chute des valeurs boursières étaient trop beaux !

Quelques milliards iront-ils malgré tout en soutien à l’activité économique ? Cela dépendra de la « solidarité des états membres » (Allemagne, Pays bas surtout) qui autoriseront ou pas la création d’obligations communes (corona bond) qui pourront être rachetés par les banques privées grâce aux milliards données  par la banque centrale . A moins que les banques n’alimentent de nouveau la spéculation financière, comme elles l’ont toujours fait depuis 2009. Résultat la bourse et les dividendes ont augmenté, les salaires ont décroché, les services publics se sont dégradés, les entreprises stratégiques ont été rachetées ou privatisées (Alcatel, Alstom, française des jeux,…).

Pour le soutien urgent de l’activité économique en France, reste encore le creusement des déficits au-delà des fameux 3%, nous en sommes déjà à 100 milliards  (100 milliards : coût double pour le plan d'urgence économique français, libération, 10 avril 2020) alors qu’en début de semaine nous n’étions qu’à 45 milliards. Le plan se décline avec :

- environ 50 milliards de mesures de trésorerie - report de charges fiscales et sociales et remboursement de crédits d’impôt ;

- environ 30 milliards de mesures budgétaires - chômage partiel, dépenses de santé, etc. ;

20 milliards alloués à des prises de participation de l’État dans les entreprises stratégiques en difficulté. Les entreprises comme Renault ou Air France sont souvent citées.

(Le Gouvernement passe à 100 milliards d’euros le plan d’urgence de soutien à l’économie, 10 avril 2020)

Qui va payer ? C’est Raymond Soubie qui s’exprime le plus clairement (Raymond Soubie: « Ce sont les contribuables qui paieront cette crise », 11 avril, public sénat). Enfin les contribuables, soyons plus précis… 

 Les salariés du privé et les futurs chômeurs : Geoffroy Roux de Bézieux a une piste. Dans une interview au Figaro, publiée vendredi 10 avril, le patron du Medef estime que les Français doivent s’attendre à travailler “un peu plus.” Et ce, en supprimant des jours fériés, en allongeant le temps de travail ou en jouant sur les congés payés. (Coronavirus: le Medef veut faire travailler les Français davantage, 10 avril 2020)

 Les fonctionnaires ? Rien de précis pour l’instant… Évoquer une cure d’austérité à l’hôpital est encore tabou à cette heure (Christophe Lannelongue, viré, est la première victime de son plan de restructuration, 08/04/2020)  mais pour combien de temps encore ? L’arsenal législatif pour supprimer des fonctionnaires ou au moins leurs mettre la pression pour les faire partir est bien en place : Loi de transformation de la Fonction publique (24 février 2020, snupden-fsu). Anicet Le Pors, pourtant optimiste s’en inquiétait l’année dernière (ancien ministre de la Fonction publique, sur le projet de loi Macron, 26/02/2019, SUPAP-FSU). Les premiers signes dans le primaire (suppression de classes), dans le secondaire (suppression d’heures par établissement), à l’université (l’augmentation des effectifs à moyen constant)  montrent que l’éducation pourrait ne pas être épargnée à la prochaine rentrée…

 Effectivement, ce n’est pas de bon augure pour les services publics à court et moyen terme. Mais le temps du confinement pourrait permettre à chacun d’approfondir la réflexion :

- Lancer des appels aux dons plutôt que de rétablir l’ISF ?

- Supprimer des fonctionnaires quand nous en avons tant besoin ?

- Soutenir des entreprises polluantes, relancer l’aviation, fermer des lignes de trains, … quand il faudrait lutter contre le réchauffement climatique ?

- Sauver les banques (donc la fortune des 0,1%) quand le chômage et la pauvreté  risquent d’exploser dans le monde ? (L’humanite.fr : Plus-de-la-moitie-de-la-population-mondiale-pourrait-etre-projetee-sous-le-seuil-de-pauvrete)

 Toutes ces questions devraient perdurer même après la fin hypothétique du confinement car tout porte à croire que des milliards vont être gaspillés dans le soutien de secteurs inutiles, dangereux pour le climat et que la reprise libérale risque de tourner à la bérézina… Il faudra être prêt à ce moment là pour avancer les bonnes solutions. 

 P.S : Pour plus de détails, de nombreuses analyses sur le site du « Comité pour l'abolition des dettes illégitimes »

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