Traité avec le Canada : Nouvel Eldorado de l'évasion fiscale

« Le Canada est un endroit de choix pour créer des structures dites d’optimisation fiscale – ou d’évasion fiscale – afin de minimiser ses impôts». Ne me croyez pas sur parole c’est une note interne de Mossack Fonseca, le cabinet d’avocat à l’origine du scandale d’évasion fiscale des Panama Papers, qui l’affirme.

Une enquête de nos confrères canadiens du Toronto Star et de CBC/Radio Canada révèle que la firme panaméenne spécialisée dans l’évasion fiscale utilisait la fiscalité avantageuse et l’opacité juridique des différentes provinces canadiennes pour y installer de nombreuses sociétés écrans dans le but de faire éviter l’impôt à leurs clients fortunés venus du monde entier. La bonne réputation internationale du Canada et son économie solide ont l’avantage de rendre bien moins suspectes aux yeux des autorités des pays d’origines les transactions de ces sociétés fictives. L’opération a même un nom dans le petit milieu de « l’optimisation fiscale » : le blanchiment neigeux ou snow washing en anglais.

 

Si les dirigeants européens veulent mettre leurs actes en conformité avec leur parole, ils doivent renoncer au traité de libre-échange avec le Canada. Dans un peu moins d’un mois le Parlement européen va se prononcer sur sa ratification. Il n’est pas trop tard pour les citoyens d’agir auprès de leurs députés européens pour qu’ils fassent comme moi et ne votent pas ce texte.


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