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Billet de blog 10 novembre 2010

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La tyrannie du dogme néolibéral

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Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

Dans son dernier ouvrage, Le nouveau gouvernement du monde, Georges Corm met à nu le dogme quasi religieux sur lequel reposent toutes les théories néolibérales. Ce dogme avait acquis ses premières lettres de noblesse, si j'ose dire, lorsque Friederich Hayek a obtenu le prix Nobel d'économie en 1974, puis Milton Friedman en 1976. Ce qui, depuis, l'a renforcé considérablement, c'est la disparition du dogme marxiste lors de la chute de l'empire soviétique. Jusqu'en 1990 deux dogmes économiques se faisaient la guerre ; le vainqueur, resté seul en lice, semble aujourd'hui détenir la vérité.

L'idée centrale de la doctrine néolibérale est la supériorité du système de marché libre sur toute intervention de l'Etat pour assurer la liberté et le bonheur de l'homme. Les dirigeants occidentaux, qui ne sont pas à une contradiction près, ont abandonné provisoirement cette idée en 2008 pour sauver les banques avec l'Aide de l'Etat. Mais depuis que les affaires ont repris, tant bien que mal, l'Etat est redevenu le principal obstacle au progrès économique.

« Pour les marxistes d'hier, dit Georges Corm, le prolétariat opprimé devait sauver l'humanité, tandis que, pour les néolibéraux d'aujourd'hui, ce sont les entrepreneurs, libérés de toute entrave étatique à leur dynamisme et à leur égoïsme, qui peuvent seuls réaliser le bonheur définitif de l'humanité. »

Les théoriciens néolibéraux prétendent puiser leur inspiration dans les oeuvres complexes des penseurs du siècle des Lumières. Rien n'est plus faux. Ils ont défiguré le patrimoine humaniste de la pensée libérale européenne. « Célébrant une vision de l'individu réduite à celle d'un homo oeconomicus calculateur pour accroître ses propres intérêts, dit encore Georges Corm, ils ont légitimé l'émergence d'une économie de rente, de gaspillages massifs, de spéculations financières échevelées et de corruption, mais aussi d'injustices flagrantes. Ils ont ainsi créé une doctrine aussi dangereuse par son simplisme que le marxisme-léninisme. »

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