Roger Salengro, ministre de l'Intérieur du gouvernement de Léon Blum, a fait l'objet en 1936 d'une campagne infamante menée par la presse d'extrême-droite.
A l'été 1936, le journal de Charles Maurras L'Action française publie un article non signé s'indignant que Roger Salengro puisse s'incliner devant la tombe du soldat inconnu. La campagne se poursuit avec un article du journal d'extrême-droite Gringoire qui met en cause son comportement pendant la guerre. L'Action française reprend et renforce les attaques les jours suivants, et ses articles sont repris par d'autres journaux. Roger Salengro oppose démenti sur démenti aux accusations, mais se voit chaque fois l'objet d'une nouvelle attaque. La campagne de presse est relayée à la Chambre des députés par le chef de file de son opposition municipale à Lille, formulant des accusations implicites d'ivrognerie et d'homosexualité.
Après un discours de Léon Blum, la Chambre des députés, par 427 voix sur 530, soutient Roger Salengro contre les accusations de l'extrême-droite. Mais l'opinion publique, influencée par ces attaques à répétitions, ne retient que le soupçon.
Ne supportant plus les calomnies, Roger Salengro décide de mettre fin à ses jours. Le 17 novembre 1936, alors qu'il rentre chez lui dans la soirée, il croise dans la rue un homme qui le reconnait, l'insulte et lui crache au visage. Arrivé dans son appartement, où il est seul, il se suicide au gaz.
Toute ressemblance avec des événements récents serait pure coïncidence.