Nous déconnons grave (Restaus du Coeur)

Bonjour!

 

Aujourd'hui serait, dit-on, la journée de ramassage de toutes nos "charités" au profit des Restaus du Coeur. J'ai d'ailleurs croisé ces braves gens dans mon magasin sinon préféré, du moins incontournable. Ca m'a amené à cette réflexion iconoclaste.

 

Coluche n'a sûrement jamais voulu ça: une quête officialisée, ritualisée, pérennisée, de nature à valider, au nom de la "générosité populaire", le fait que des tas de gens n'ont pas, dans un pays riche, de quoi bouffer, et que c'est la quête de charité qui doit y remédier.

 

Je trouve très agressive/soumise cette bienveillance d'un instant et de quelques picaillons, qui donne bonne conscience à tant de nantis. Voire méprisante, puisqu'en réalité il s'agirait, au contraire de cette obole ridicule d'un instant, de réagir contre ce simple fait que dans notre pays des gens peuvent crever de faim, et qu'on s'en fout.

 

Oui, je sais, "faute de mieux..." Eh bien non. Il ne faut pas donner d'arguments à ce qui sert d'exutoire aux lâchetés de l'Etat. Quitte à ce que des émeutes de la faim surgissent enfin de ces étouffements larvés, qui arrangent les gestionnaires de la précarité? Pas les indignés, les affamés: ce qui est une réalité actuelle.

 

Qui a encore peur de mourir pour que des gens puissent vivre?

 

JCD

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