Toujours avide de créer la sensation et grand amateur de formules bien senties, Maître Collard a déclaré hier devant les caméras de la télévision, à la sortie du procès en appel où Moitoiret a été condamné à 30 ans de réclusion que : « Ce verdict montre que Valentin « n’a pas été tué par une chose » (sic) mais par un être humain responsable de ses actes.
Pas question de laisser passer cette énormité : ainsi donc, pour cet avocat frontiste, un malade mental est une chose, n’est pas un être humain, dès lors qu’il n’est pas responsable de ses actes.
L’article 122.1 du Code Pénal sur l’irresponsabilité des personnes atteintes de troubles mentaux, que ce verdict vient un peu plus de mettre à mal dans le droit fil de de l’orientation fasciste des dispositions sarkozystes visant à punir les fous coupables de leur maladie mentale, dispose pourtant clairement que l’irresponsabilité en question est l’irresponsabilité pénale.
Mais ce bellâtre facho et vaniteux aime jouer sur les mots et les maux, se réjouit qu’un homme qui a massacré un petit enfant de 30 coups de couteau soit considéré comme sain d’esprit, et exclut de l’espèce humaine quiconque serait jugé irresponsable pénalement.
Pour Collard et ses amis, un fou est une chose, au même titre en somme qu’un animal, ce qui devrait inquiéter quand on observe l’extrême sensibilité à la cause animale de nombre de bienfaiteurs d’extrême-droite qui citent volontiers les sociétés animales en exemple pour les humains : les soins vétérinaires ne sont pas loin.
Reste de Collard l’aveu qu’il nous fait : irresponsables pénalement, les élus de la nation sont des choses, à commencer par lui-même.
En philosophie, cette hypothèse nous irait assez bien. Mais, par respect humain, nous n’en conviendrons pas.
Reste que, comme le proclamait Antonin Artaud du fonds de son asile, « où ça sent la merde, ça sent l’être ».
Et quand Collard ouvre le bec, ça sent la chose.