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Billet de blog 31 août 2018

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L'Argentine « est soumise à un Etat d’exception »

Les Organisations de Droits de l'Homme argentines ont publié un communiqué.

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Argentine

Les Organisations des Droits de l’Homme ont dénoncé que l’Argentine « est soumise à un État d’exception »

28 août 2018

Communiqué de presse des organismes des Droits de l’Homme lu pendant la conférence de presse du mardi 28 août 2018 :

« Nous, Organisations des Droits de l’Homme, voulons manifester notre profonde préoccupation devant la situation que vit le pays, où nous voyons la mise en place d’une politique économique qui porte préjudice à une majorité d’Argentins et dont seul les persécutions et la répression servent à garantir son application.

Il est indéniable que depuis un peu plus de deux ans nous vivons des temps périlleux pour l’exercice de certains de  nos droits, comme le  droit de réclamer, de protester et de penser. C’est le cas lorsque nous  voulons exercer nos droits de manière publique et critique envers le président, son gouvernement ou n’importe quel membre de la coalition au pouvoir. Mais il est encore plus difficile de pouvoir se défendre contre les injustices mises en avant par certains membres du Pouvoir Judiciaire.

Nous dénonçons que l’Argentine est soumise à un État d’exception permanent dans lequel l’abus de pouvoir et les violations des droits des citoyens sont devenus monnaie courante.

Nous dénonçons  que, sous le projecteur des procès judiciaires illégaux et scandaleux qui sont menés contre d’importants dirigeants de l’opposition politique, c’est l’État de droit lui-même qui est en péril. Nous assistons : - à l’inversion de la charge de la preuve, à la violation du principe d’innocence, à la condamnation sans jugement préalable, à la distorsion de l’application de la prison préventive, aux deux poids deux mesures pour l’accès à la justice et à la violation systématique d’un procès juste et équitable,  ce sont les outils de persécution utilisés par la justice argentine.

Nous dénonçons  malgré la complicité des grands médias, qu'ils ne peuvent pas cacher ni la crise économique, ni l’endettement, ni les licenciements, ni le démantèlement des politiques sociales.

La réalité que nous vivons nous angoisse, mais en même temps exige de continuer à faire face aux injustices. Nous continuerons à demander la libération des prisonniers et prisonnières politiques et l’indépendance de la justice. Nous continuerons à dénoncer l’augmentation de la violence institutionnelle, accrue par l’application des décrets qui donnent aux Forces Armées le droit d’intervenir au niveau de la sécurité intérieure. Nous continuerons à dénoncer les cas de gâchette facile et la militarisation des frontières, et/ou territoires habités par les peuples originaires. Dans ce dernier sens nous continuerons à dénoncer la persécution du peuple Mapuche en Patagonie et la criminalisation des protestations dans tout le territoire argentin.

Nous dénonçons aussi la politique économique d’accroissement de la  misère instaurée par le gouvernement national. Nous restons vigilants et nous accompagnerons chacune des réclamations et des contestations, quand il s’agira de défendre nos droits.

Par conséquent, nous,  Organisations des Droits de l’Homme de la République Argentine, nous feront appel, comme il y a quarante ans, à tous les Organismes de défense des Droit de l’Homme. Nous nous ferons entendre aux Nations Unies, à l’OEA, au Vatican et au Parlement Européen. Dans notre pays nous nous réunirons avec les dignitaires de tous les cultes, toutes les représentations diplomatiques et tous les membres de la Cour Suprême de justice. Parallèlement nous convoquerons les représentants de tous les groupes parlementaires, de toutes les centrales syndicales, de tous les  mouvements sociaux pour défendre sans réserve le système démocratique ». 

Signataires :

Association des Grand-Mères de la Place de Mai – Mères de la Place de Mai ligne fondatrice – Familles des Disparus et Détenus pour Raisons Politiques – Assemblée Permanente pour les Droits de l’Homme – Ligue Argentine pour les Droits de l’Homme –– H.I.J.O.S. Capital (pour ses sigles en espagnol: Fils et Filles pour l’Identité et la Justice contre l’Oubli et le Silence) – Association Bonne Mémoire – Fondation Mémoire Historique et Sociale Argentine -  APDH La Matanza ( Assemblée Permanente pour les Droits de l’Homme)  – Commission Mémoire, Vérité et Justice Zone Nord – Parents et Copains des 12 de la Sainte Croix –  Mouvement Œcuménique pour les Droits de l’Homme.

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