Travailler moins, est-ce vivre mieux ? Sujet Philo 2016-06-15

Dans le contexte social actuel, avec la remise en questions des 35h par le sénat, la grogne sociale contre la loi travail, le chantage du medef sur les négociations de l’assurance chômage et la surdité pathologique d’un gouvernement déconnecté de son mandat, poser une telle question aux prochains concernés, n’est pas sans intérêt.

 

Nouvelle génération Z, futurs actifs dans un monde disruptif  (disruption : Accélération de la société qui génère une perte de repères chez l’individu) dont la perte des repères des précédentes générations a comme commun d’être déjà « acquis » par ces néo-citoyens. Des partis politiques qui ne représentent plus le peuple, des élections « spectacle » sans possibilités de changement sociétal, des intérêts financiers qui prévalent sur l’humain, une crise comme seul héritage et un avenir sans espoir dans un univers économique apocalyptique ou la reconnaissance sociale du travail à été détournée à la faveur de l’emploi. Tu ne seras utile qu’à la condition d’être employé, ton travail n’a plus d’autre valeur que d’être un argument à ton employabilité, au même titre que ta formation scolaire. Un mépris des métiers et du savoir, un refus de permettre à tout individu d’avoir la possibilité d’accéder à toutes les facettes de la société quelque soit le parcours. Il en est de même avec la présentation de la démocratie et du capitalisme comme les moins pires modèles avec l’Histoire comme seul argument. « There Is Not Alternative » ? Quid de l’avenir, du meilleur, penser autrement est souvent qualifié de subversif ou révolutionnaire, imaginez simplement d’inclure 1984 d’Orwell, Le Meilleur des Mondes d’Huxley et Fahrenheit 451 de Bradbury comme lectures obligatoires dans un cursus scolaire. J’en entends déjà certains hurler au formatage et au conditionnement des futures générations ayant à subir ces récits de « prédicateurs » (que j’aurais personnellement  tendance à définir comme des romanciers lanceurs d’alertes). Mais qu’en est t il dans une formation de science sociale lorsque les thèses de l’économiste J.M. Keynes sont présentées comme des vérités scientifiques absolues régulant la finance mondiale, argument que l’auteur lui-même rejette en tête de son travail en exposant les hypothèses sur lesquelles sont basés son développement. Admettre, ou plutôt faire admettre, que rien ne va s’arranger ou s’améliorer en changeant de logiciel et de façon de penser est une révolution, une chose de sur : l’émancipation de l’individu n’est pas dans ce programme.
L’emploi ne recouvre pas le travail, le travail ne recouvre pas la vie !

Le travail est l’action, le métier est le savoir, l’emploi n’est qu’un usage des concepts précédents. L’histoire constate l’héritage des connaissances par la transmission du savoir. Du maître à l’apprenti, les compagnons ont acquis la reconnaissance de leur corporation par l’excellence, il en serait de même, dans un autre registre pour la section ingénierie de l’EATP d’Egletons. La reconnaissance sociale à travers le prisme du savoir, l’ouvrier spécialisé, au même titre que l’ingénieur en chef, sont les acteurs indispensable pour la réalisation de la production. Et avant eux, la recherche pour fonder cette connaissance aujourd’hui commune. La reconnaissance sociale à travers la recherche, dans un laboratoire du CERN ou dans un atelier d’artiste, quel rapport ? Celui ne pas connaitre son objectif ni le temps nécessaire pour l’atteindre. La recherche libre pour analyser et tenter de comprendre et de toucher ce que nous sommes, ce qui nous entoure et ce que nous percevons. La recherche libre, par opposition à la recherche sur objectif, celle qui se quantifie par son gain de productivité, celle qui n’a le droit d’exister qu’à la seule condition d’être économiquement rentable à la faveur d’un marché financier.
Libre à nous de définir la richesse, de choisir le travail et de chercher un avenir.

 

 

 

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