ALICE COFFIN, « LA FEMINISTE QUI DERANGE »...

Dans un dialogue avec Alice Coffin, ("la féministe qui dérange"), le très médiatique sociologue Jean Viard introduit un concept d'une grande originalité, totalement innovant, le concept de "séparatisme"...

ALICE COFFIN, « LA FEMINISTE QUI DERANGE »

JEAN VIARD, « LE SOCIOLOGUE QUI NE DERANGE PAS »

Par Simone Tafeh

Dans l’émission « C politique » du 11 octobre 2020, j’ai le bonheur de faire la connaissance d’Alice Coffin, « la féministe qui dérange ». (C’est ce que je vois écrit dans un bandeau, au bas de l’écran).

Mais ce n’est pas la seule invitée ! Vu « l’énormité » de ce qu’elle va dire, un contradicteur est, bien entendu, prévu, à ses côtés ; c’est Jean Viard, « le sociologue qui ne dérange pas »…. C’est du moins ce qui aurait pu être écrit dans le bandeau du bas de l’écran ! Et c’est d’ailleurs la raison pour laquelle, ce sociologue est invité sur tous les plateaux, sur toutes les chaînes d’infos, pour donner un avis autorisé, éclairé, sur toutes les questions sociales de notre temps ; c’est, par exemple, un commentateur privilégié de France Info que j’écoute parfois, car il leur arrive de tenir des propos singulièrement humanistes. Ainsi, par exemple, j’ai eu la surprise de voir, pendant l’été 2016, (je crois), un bandeau rouge sur la chaîne 27 (France Info) à l’intérieur duquel on pouvait lire l’information suivante :

En 2015, 1% de la population française a accaparé 50 % de l’augmentation des richesses !

On se demande alors s’il est bien intéressant de diminuer les droits des salariés et des chômeurs, (soi-disant pour booster la croissance), si cette croissance ne doit profiter qu’à un petit nombre de « veinards ! » Puisque justement, l’augmentation de la richesse, c’est, je crois, ce qu’on appelle « la croissance ».

Mais    revenons à Alice Coffin et Jean Viard. Celui-ci avait déjà été invité à l’émission   « C politique », sans contradicteur lui, (probablement parce que sa parole est d’emblée considérée comme légitime et par voie de conséquence n’a pas besoin d’être immédiatement contredite !), et il avait d’ailleurs tenu des propos d’une grande pertinence ! (Voir mon commentaire « Jean Viard et le taux de pauvreté », un indice pas du tout intéressant selon lui, et même carrément « énervant ».[1] )

Entre Alice Coffin et Jean Viard, commence alors un dialogue extrêmement constructif !

Et il faut reconnaître que Jean Viard commence fort :

« Je suis un mâle blanc dominant » proclame-t-il d’emblée, bravement ! Alice Coffin ne réagit pas à cette provocation somme toute banale, et peut-être même attendue !

Par la suite, Alice Coffin dénonce la prétention de certains à parler au nom de « l’universalisme ». (Moi : Ce que ne saurait faire bien sûr certaines « minorités » comme les lesbiennes justement, ou les « racisés (es) », ou les ancien(e)s colonisés (es), etc….)

Je la cite :

« L’histoire de l’universalisme, moi je le comprends pas ! Qui a le droit de s’arroger un discours qui parlerait à toute l’humanité ? »…

« C’est pas moi qui ai décidé que l’humanité elle était aussi clivée, entre les hommes, les femmes, les homos, les hétéros… ; ce que je fais au contraire c’est essayer de rapprocher… »

« J’essaye de rattraper des siècles et des siècles de violences et de dissociations… »…

Et alors qu’Alice Coffin s’évertue courageusement à expliquer qu’elle lutte contre les clivages, les dissociations, les différences de statuts et de destins selon le genre, la couleur de peau, l’origine ethnique, l’orientation sexuelle, etc…, qu’elle essaie de « rapprocher », Jean Viard en déduit fort logiquement qu’elle est  …« séparatiste » !

Pourtant, en tant que sociologue, il est bien placé pour savoir que le patriarcat que dénonce Alice Coffin a divisé, séparé l’humanité en deux catégories d’êtres humains bien distinctes, les « hommes » et les « femmes » avec des statuts et des destins très différents et pas du tout équivalents…Et d’autres systèmes de domination ont « séparé » les « blancs » et les « noirs », les « hétéros » et les « homos », les « civilisés » et les « indigènes », etc…Et bien non ! Voilà ce qu’il dit :

« Ce qui est vrai aussi c’est que votre rêve c’est de faire une communauté lesbienne….au fond elle veut faire une « église catholique » (moi : ? ?) des femmes lesbiennes, (pas au sens religieux, j’entends !), un peu une structure comme ça, réservée… Enfin quelque part, votre rêve ce serait que toutes les femmes soient lesbiennes, quoi…Il y en a qui ont le malheur d’aimer encore les hommes ! (Bravo l’ironie ! On est morts (es) de rire ! ). Ya quand même une volonté de construire une communauté dans la communauté ; quelque part, vous avez un projet séparatiste, sans doute parce que vous avez une formation très américaine… (Ah, toutes ces idées « islamo-gauchistes » qui nous viennent, soi-disant, d’Amérique !). On fait un groupe, on est « nous », et « entre nous », on sera bien…mais vous avez très peu de réflexion ! " (Ah, bon ? Parce que lui, il estime en avoir ? Est-ce que j’ai bien entendu ? J’ai essayé de re - écouter la vidéo de l’émission, mais elle n’était plus disponible !)

Il bredouille puis poursuit : "La société est de plus en plus tolérante : on (qui ?) a fait le mariage pour tous, on (qui ?) a fait la PMA, le niveau d’études des jeunes filles est souvent supérieur à celui des garçons, la place des femmes a beaucoup changé, même si le patriarcat reste puissant ! " (Je crois bien qu’il a dit ça, mais il aurait fallu que je puisse re-écouter la vidéo de l’émission ! Jean Viard ressent peut-être à certains moments le besoin d’assurer ses arrières et de montrer de temps en temps qu’il sait déchiffrer une réalité sociologique indiscutable, ce qui, pour un sociologue, est la moindre des choses !

Finalement, Jean Viard nous dit, à nous les femmes :

Avec tout ce quon a fait pour vous ! Vous n’êtes pas encore contentes ! Avec tout ce qu’on vous a déjà donné ! Et vous protestez toujours ! Mais qu’est-ce que vous voulez ? Vous manquez de réflexion, soyez plus positive !

Je pense qu’il faudrait expliquer à ce monsieur, pourtant sociologue de son état, que, ce que les « dominés (es)» ont obtenu, on ne le leur a pas donné, bien gentiment, juste pour leur faire plaisir ! Non, ils (elles) l’ont arraché par leurs luttes ! Ils (elles) n’ont demandé aucune permission, aucun cadeau ! Ils (elles) ont juste réclamé et pris leur dû ! Et ce n’est pas fini ! Car la situation est loin d’être satisfaisante, que ce soit pour les femmes dans un système qui reste très patriarcal, ou pour tous (toutes) les « racisés (es)» qui sont encore largement discriminés (es), pour tous (toutes) les ex-colonisés (es) qui n’ont pas encore vu une reconnaissance suffisante de tous les crimes qu’eux (elles) ou leurs ascendants(es) ont subi !

A cette imputation de « séparatisme », voilà ce qu’Alice Coffin répond :

"Heu, je suis avec vous, là, sur le plateau,…Je suis dans la société, j’ai été longtemps, vous l’avez dit, journaliste dans la presse généraliste, je m’adresse à un ensemble de personnes, je travaille avec l’ensemble de la société ! C’est du bidon ! La question séparatiste c’est une catastrophe, et, s’il vous plait, s’il vous plait, ne reprenez pas ce terme là ! C’est une catastrophe ce qui est en train de se passer dans ce pays avec cette insistance sur le terme de « séparatisme » comme on faisait avant avec le terme « communautarisme » ; c’est le nouveau mot gadget, ça ne renvoie à rien, ça fait perdre du temps à tout le monde dans les discussions, alors que je pense qu’il y a des problèmes graves qu’il faut aborder …."

"En tant que lesbienne j’ai un point de vue, j’ai une expérience…., sur cette société très très très patriarcale, qui peut, je pense, être importante et utile, d’abord pour l’ensemble des femmes et puis pour l’ensemble de la société…"

Et puis, voilà qu’à un moment, le dialogue se corse, car l’animateur de l’émission cite le passage suivant (tout à fait scandaleux, il est vrai !), du livre qu’a écrit Alice Coffin, « Le Génie Lesbien » (chez Grasset) :

"Il faut éliminer les hommes,[2] les éliminer de nos esprits, de nos images, de nos représentations….Je ne lis plus les livres d’hommes, je ne regarde plus leurs films, je n’écoute plus leur musique….du moins j’essaie…Plus tard ils pourront revenir !"

Et bien sûr, la conséquence « logique » de tels propos, c’est …la peine de mort ! Oui, elle reçoit des menaces de mort, nous apprend-elle, et elle est sous protection policière !

C’est qu’on ne malmène pas impunément l’égo des hommes ! (Pas de tous, bien sûr !).

Quoi ? Vous n’allez plus nous admirer ? Vous pâmer devant nos chef- d’œuvres ? Mais vous êtes folles ! C’est insupportable et donc punissable !

"Je veux lire celles qu’on n’a pas entendues pendant des siècles et des siècles…"

Cette phrase d’Alice Coffin m’émeut profondément car elle me rappelle mon dépit, ma blessure devant l’interminable litanie à l’école de tous ces Génies de notre espèce, tous « mâles » à de trop rares exceptions près ! Et le plus surprenant, c’est que, ce qui m’apparaissait comme une anomalie sidérante, ça n’étonnait personne ! Ça avait l’air complètement « normal », ce n’était absolument pas repéré, pas questionné ![3]

Nous les femmes, nous sommes donc incapables de GENIE ? Incapables de créer des chefs-d’œuvre qui vont traverser les siècles, incapables d’inventer des théories qui vont bouleverser la Science, ou lui faire faire des pas de géants ?

Cette douloureuse interrogation m’a amenée à demander à ma prof de philo en terminale : Madame, est-ce que les femmes sont moins intelligentes que les hommes ? Elle m’a répondu : Ah, c’est une question très intéressante, mais très complexe ! Il faudra y revenir ! Et nous n’y sommes jamais revenues ! Mais je lui pardonne parce qu’elle venait de perdre sa petite fille ! Je sais, ça n’a rien à voir, mais quand même !

Mais un jour, j’ai un début de réponse dans un livre qui s’appelle « Du côté des petites filles », de la sociologue italienne Eléna Gianini Belotti, le premier livre féministe que j’ai lu dans ma vie, un livre « éblouissant », que j’ai acheté en plusieurs exemplaires, dont un en couleur que je garde précieusement dans ma bibliothèque…Et puis bien d’autres ont suivi, dont la très précieuse revue féministe radicale « Questions féministes » avec les analyses de Christine Delphy, Nicole Claude Mathieu, Monique Plaza, Noelle Bisseret, Colette Guillaumin, et d’autres encore dont j’ai oublié le nom !

Et puis aujourd’hui, en 2021, il y a enfin une accélération de la dénonciation des violences et des crimes commis par les hommes (des hommes !) sur les femmes, (et les enfants), dans tellement de milieux, (dans tous les milieux semble-t-il : le milieu familial bien sûr, mais aussi le Sport, la Culture, l’Audio-Visuel…), avec « Me Too », « Balance ton porc », les livres de Vanessa Springora, de Camille Kouchner,…et ce n’est pas fini !

Mais revenons au « dialogue » entre Alice Coffin et Jean Viard :

J V : "Il y a ceux qui pensent que vous êtes dangereuse, que vous poussez la société à la guerre !"

A C : "Mais qui l’a provoqué la guerre ?"

J V : "Ah mais, qui l’a provoquée ?"

A C : "Non, mais c’est une vraie question ! "

Brouhaha et Jean Viard ne répond pas, bien sûr !

Et puis Jean Viard lui reproche de ne pas parler des violences dans les couples lesbiens et homos… . Ah, ça, bien sûr, il fallait s’y attendre ! C’est un classique du genre ! Histoire de nier le caractère systémique des violences perpétrées par les hommes sur les femmes, depuis la nuit des temps, probablement ! Certes les violences dont parle Jean Viard existent, ainsi que celles des femmes contre les hommes dans un couple hétéro, mais elles sont extrêmement minoritaires et elles ne sont pas portées, soutenues, voire légitimées par un système ![4] Et il se prétend « sociologue » ! (Il n’y a pas, à ma connaissance, de crimes qu’on pourrait appeler « hominicides », en relation avec une organisation de la société qui s’appellerait « matriarcat », et dans laquelle les femmes seraient en position dominante et asserviraient les hommes !)[5]

Jean Viard poursuit : " Les choses continuent à s’ouvrir pour les femmes, mais il ne faut pas s’affronter…"

Moi : Finalement, Jean Viard nous dit à nous les femmes :

Soyez sympas, quoi ! Avec tout ce qu’on a déjà fait pour vous ! Revendiquez, certes, c’est votre droit, mais avec le sourire ! C’est comme ça qu’on vous aime ! Ne vous affrontez pas à nous, on va vous donner tout ce que vous voulez, enfin presque, à condition de ne pas trop exagérer tout de même 

Alice Coffin répond : « Mais moi j’affronte pas, je réponds, je résiste, on encaisse en fait, l’affrontement, il vient pas de moi, ni de moi ni des féministes, c‘est pas nous qui sommes en position d’attaque, on est en position de… un petit peu se défendre… »

Mais Jean Viard n’est pas convaincu par les arguments d’Alice Coffin et poursuit sur le thème de la « guerre » et de « l’affrontement »…

« On arrive à une guerre entre toutes les communautés… ; avant on faisait société ensemble parce qu’on avait les grands projets (moi : ? ?)….aujourd’hui, chacun se replie dans son identité….et chacun veut que sa communauté soit protégée…: c’est les Noirs, c’est les Corses, c’est les anciens colonisés, c’est les lesbiens, (tiens, du masculin ? Bizarre !), c’est extrêmement dangereux …, même si c’est positif aussi, j’entends bien…(Moi :  ? ? ?) » .

Ah bon, c’est positif ? Est-ce que j’ai bien entendu ? Peut-être Jean Viard a-t-il peur à certains moments de passer pour un sacré « réac », et ressent-il le besoin de « rattraper le coup » ? Si c’est ça, c’est raté !

Quant aux grands projets qu’on avait avant ? De quoi s’agit-il ? Peut-être que Jean Viard (qui a pu être de gauche à une époque de toute évidence maintenant révolue pour lui), évoque cette époque bénie (pour lui !), où la seule oppression légitime, la seule digne d’intérêt était l’oppression dite de « classe » (capitalistes contre prolétaires), oppression toujours d’actualité, malheureusement ! Mais voilà que d’autres opprimés (es) émergent et ouvrent leur gueule ! Quel dommage ! C’est extrêmement dangereux, prétend-il ! Et là, il a peut-être raison car il va peut-être devoir renoncer dans l’avenir à certains privilèges et passe-droits des « mâles blancs dominants », catégorie dont il reconnaît faire partie ! (Sur le mode de l’ironie, il est vrai !). Quelles sont ces nouvelles catégories d’opprimés (es) qui prétendent surgir dans le champ social ?

  • Les femmes ! (Non, mais avec tout ce qu’on leur a si aimablement, si gentiment accordé, voilà qu’elles la « ramènent » encore !)
  • Les Noirs, ramenés au même niveau d’oppression que les Corses ! Merci pour eux ! (Eux, les Noirs bien sûr et pas les Corses !)
  • Les colonisés(es) ou anciens(es) colonisés(es) ! Pourtant, ils (elles) l’ont eu, leur indépendance ! Et certains(es) ne sont toujours pas contents(es) ? Mais qu’est-ce qu’ils (elles) veulent encore ? Qu’on s’excuse peut-être ! Qu’on s’excuse de les avoir pillés (es), exploités(es), violentés(es), massacrés(es) parfois (trop souvent !), méprisés(es), « indigénisés(es) » ? On leur a gentiment accordé la liberté, et ça leur suffit pas ? Non, mais quelle ingratitude !
  • Mon Dieu, mais toutes ces « communautés », ça mène au « communautarisme » et même, disons-le, et Jean Viard le dit, au séparatisme ! Alors qu’il faudrait faire « société » !

Pour conclure, on peut quand même reconnaître à Jean Viard le mérite d’avoir introduit dans son dialogue avec Alice Coffin un concept d’une grande originalité, totalement innovant, totalement inattendu, le concept de « séparatisme ». On reste d’ailleurs complètement scotchée par l’audace de ce concept : il fallait y penser !

Compléments :

*Il me semble que Jean Viard appartient à ce courant de pensée qui se revendique (abusivement selon moi) de « l’universalisme », courant qui pousse des cris d’orfraie devant les études portant sur les discriminations de genres, de « races », d’origine ethnique ou post coloniales…, devant les études intersectionnelles, études que ce courant soi-disant « universaliste », n’hésite pas à qualifier « d’islamo-gauchistes », afin de les discréditer grâce à l’effroi provoqué à juste titre par le terrorisme islamique ! C’est une pauvre manœuvre, assez indigne, qui ne résistera pas longtemps, je l’espère, au combat que mènent tous ceux et toutes celles qui luttent contre les dominations, toutes les dominations, qu’elles soient de classe, de genre, de couleur de peau, d’origine ethnique…

** J’ai l’intention de lire dès que possible l’ouvrage suivant de Louis-Georges Tin (universitaire et militant antiraciste et contre l’homophobie) : "Les impostures de l’universalisme ". Je trouve que le mot « imposture » est vraiment celui qui convient ! En effet, sous prétexte « d’universalisme », il ne faudrait plus « différentier » « nommer », des groupes humains qui sont pourtant bien différentiés dans le quotidien, à leur corps défendant, par le traitement qu’ils, (elles) subissent, par les discriminations et les stigmatisations dont ils (elles) sont victimes… Toutes les enquêtes des chercheurs (es) le démontrent ! Du moins, les enquêtes des chercheurs (es) « islamo-gauchistes », accusés (es) de ce fait de confondre « Science » et « militantisme » !. Ça revient à mettre la poussière sous le tapis, c’est-à-dire à perpétuer la domination ! Et il faudrait interdire à ces «stigmatisés (es)» de se réunir, quelquefois, entre eux, entre elles, pour parler de leur souffrance, de leurs humiliations, de leurs discriminations, entre personnes ayant le même vécu ! Ces «groupes de paroles » appelés de préférence « réunions non mixtes » par les racistes new look d’aujourd’hui, (ou de dernière génération), ça mènerait au fascisme ! (dixit Jean-Michel Blanquer !) ou ce serait du « délire » (dixit Olivier Faure !). On croit rêver ! Quelle hypocrisie ! Et je dis avec Georges Tin : « Quelle imposture ! » A croire que tous (toutes) ces pseudo-universalistes veulent perpétuer les dominations, contrairement à ce qu’ils (elles) prétendent ! Parce que, si on en parle, c’est bien pour les faire disparaître, et faire advenir enfin, un véritable universalisme, et non plus un universalisme de façade qui ne trompe personne, et surtout pas ceux et celles qui sont encore victimes d’un rapport de domination ! Dans un entretien avec Louis-Georges Tin que j’ai écouté sur France Culture, il évoque ceux et celles qui, sans craindre le ridicule, vont jusqu’à se réclamer d’un « universalisme français », ce qui, fait-il remarquer, est un oxymore !

***Freud avait une explication pour la moindre « créativité » des femmes : « Les femmes ont peu contribué à l’édification de la civilisation car elles ont une moindre capacité de sublimation ! ». Il ne savait donc pas, (ou faisait semblant de ne pas savoir, ou n’en n’avait rien à « cirer » !) que les écoles d’Art, l’Université, etc…, ont longtemps été interdites aux femmes ? (Marie Curie a dû s’exiler en France pour pouvoir poursuivre des études scientifiques à l’Université, alors interdite aux femmes en Pologne). Il y a de quoi être « dégoûtée » de la psychanalyse quand on est une femme ! Et pourtant, il ne faut pas ! Ce serait vraiment dommage ! La psychanalyse est née et s’est développée avec une idéologie patriarcale, trop souvent odieuse pour les femmes ! Mais c’est aussi, aujourd’hui, une méthode d’investigation du psychisme et de traitement de la souffrance psychologique fabuleuse, d’une grande humanité ! J’en sais quelque chose ! Sans ma première analyse, je n’aurais pas pu profiter de tous les Droits, de toutes les avancées que nous les femmes nous avons arrachées au Patriarcat ! (Et là, vous remarquerez que j’ai appliqué la règle de proximité !).

 

[1] On comprend  pourquoi le taux de pauvreté, « ça l’énerve », lorsqu’il affirme  soutenir le gouvernement actuel ! Or on sait que la pauvreté a augmenté justement avec l’arrivée du Président Macron au pouvoir ! Cinq  cent milles pauvres de plus en 2018 ! C’est probablement pourquoi  Jean Viard aimerait bien casser le thermomètre !

[2] Devant la crispation évidente de certains visages masculins, Alice Coffin précise : "Les hommes, ce n’est pas chaque homme, s’il faut vraiment rassurer ces messieurs …."

 

[3] Certes, j’avais bien Marie Curie à me mettre sous la dent, mais ça ne suffit pas ! J’aurais bien aimé que Mozart ou Einstein soient des femmes, histoire de changer un peu !

 

[4] Je pense à tous ces féminicides pour lesquels les auteurs étaient quelquefois acquittés sous prétexte qu’il s’agissait de « crimes passionnels » ! Mon Dieu, d’où l’on vient !

 

[5] Les sociétés que les anthropologues ont quelquefois qualifié de « matriarcales » n’étaient pas des sociétés dans lesquelles les femmes dominaient et asservissaient les hommes ! Je crois, qu’à ce jour, on n’a pas trouvé une seule société de ce type !

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