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Billet de blog 27 janvier 2026

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Un monde sans prisons, sans armes et sans dirigeants intouchables

Dans un monde où la violence devient une norme politique, il est urgent de repenser la justice. Ce texte appelle à sortir de la logique punitive pour construire une société fondée sur le soin, la responsabilité et la dignité humaine, où les prisons cessent d’être des outils d’exclusion et où aucun dirigeant n’est au-dessus de la vie.

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Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

Je n’écris ni par colère, ni par haine.

J’écris par lucidité.

Nous vivons dans un monde où la violence n’est plus une exception mais une méthode de gouvernance. La rhétorique guerrière, l’incarcération de masse, l’accumulation d’armes et l’humiliation publique des minorités sont devenues normales — voire applaudies — lorsqu’elles sont le fait de ceux qui détiennent le pouvoir. Cette normalisation n’est pas une preuve de force. C’est un échec collectif de responsabilité.

Les prisons, telles qu’elles existent aujourd’hui, ne protègent pas les sociétés. Elles isolent sans soigner, punissent sans réparer et reproduisent la violence au lieu de la prévenir. L’incarcération de masse est devenue un réflexe politique plutôt qu’une solution, appliquée à des conflits économiques, sociaux et politiques qui pourraient être traités par la régulation, le soin et la responsabilité.

Un monde sans prisons ne signifie pas un monde sans justice.

Cela signifie un monde qui refuse de confondre justice et vengeance.

Dans un système juste, des structures fermées et sécurisées seraient réservées exclusivement aux crimes violents graves — tels que les violences sexuelles ou les atteintes physiques extrêmes — et fonctionneraient comme des centres thérapeutiques, et non comme des entrepôts du désespoir. Leur objectif serait la protection, la reconstruction psychologique et la responsabilité, non l’humiliation ni l’abandon. Les actes non violents, les conflits politiques et les activités économiques ne devraient jamais conduire à une annihilation sociale.

La même logique s’applique à la violence à l’échelle mondiale. Aucun individu, aucun État, aucune alliance ne devrait posséder des armes capables de destruction massive. Les armes nucléaires, en particulier, représentent un pouvoir sur la vie qu’aucune institution humaine ne devrait jamais détenir. Le désarmement n’est pas un idéalisme naïf ; c’est une condition de survie.

Pourtant, le monde continue de fonctionner dans une profonde hypocrisie. Les pays qui prétendent détenir l’autorité morale pour punir les autres sont souvent eux-mêmes les plus grands consommateurs de violence — que ce soit par la guerre, les armes ou les drogues. Les chaînes d’approvisionnement sont criminalisées à l’étranger tandis que la demande reste massive au niveau national. Ce n’est pas de la justice. C’est de la domination déguisée en droit.

Les dirigeants politiques qui promeuvent la violence, glorifient la force, menacent des populations ou rabaissent ouvertement des minorités ne doivent plus être considérés comme intouchables simplement parce qu’ils gouvernent des États puissants. Le président américain Donald Trump incarne cette dangereuse impunité : appels répétés à la violence, mépris envers les personnes transgenres et les minorités, postures internationales irresponsables et banalisation de la cruauté comme spectacle politique.

Tenir ces dirigeants responsables n’est pas un acte de vengeance.

C’est un acte de protection.

L’autorité ne place personne au-dessus de la responsabilité. Le pouvoir n’accorde aucune immunité morale. Lorsque des dirigeants légitiment la violence, ils mettent en danger non seulement d’autres nations, mais aussi leurs propres sociétés. Le droit international existe précisément pour empêcher cette concentration de pouvoir destructeur entre les mains de quelques-uns.

Nous devons choisir une autre voie.

Une voie où la justice est réparatrice plutôt que punitive.

Une voie où le soin remplace les cages.

Une voie où les armes de destruction massive sont abolies plutôt que justifiées.

Une voie où aucun dirigeant n’est intouchable lorsque la vie et la dignité sont en jeu.

Nous ne sommes pas en vie pour nous dominer les uns les autres.

Nous sommes en vie pour apprendre à vivre ensemble.

Un monde sans prisons, sans armes de destruction massive et sans dirigeants intouchables n’est pas une utopie.

C’est l’exigence éthique minimale pour une civilisation qui prétend valoriser la vie humaine.

Sirine GAOUAR

Citoyenne engagée pour la non-violence, la justice réparatrice et la responsabilité mondiale

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