LA FETE BRUYANTE QUI M"ATTRISTE EN TEMPS REEL

http://www.ville-firminy.fr/Le-patrimoine/12/ © ville de Firminy http://www.ville-firminy.fr/Le-patrimoine/12/ © ville de Firminy
J'habite une petite ville sinistrée depuis vingt ans pas la récession. (Firminy, à la pointe sud est de la Loire, limitrophe avec la Haute-Loire) J'y suis arrivée en 1993: elle comptait 30.000 âmes, avait de beaux commerces, attirait la moitié du département rural voisin avec de belles survivances, comme les foires et marchés hérités de temps immémoriaux. Jusqu'à l'hôptial qui désservait la moitié notd du dépratement voisin, et dont la maternité a échappé pour un temps à la fermeture. J'ai vu année après année, les entreprises fermer, les habitants jeunes partir en quête de travail au loin, mais ailleurs. J'ai vu les plus beaux magasins fermer, exangues, ne pouvant résister à une crise déjà endémique. Et ce soir, comme s'il existait des raisons de se réjouir, on tire un feu d'artifice minable que je vois de mon balcon. Minable parce qu'un feu d'artifice ça coûte cher, surtout pour une petite ville où ne restent que 15.000 habitants, les vieux, prisonniers de leur dortoir, les fonctionnaires attachés à leur postes, et quelques artisants qui survivent plus que ne vivent. Cette manifestation de joie, ratée, de plus, me donne envie de pleurer. De quoi se réjouit-on donc? Des impôts supplémentaires qu'on va nous imposerr? Des années de travail que les jeunes devront faire en plus que leurs ainés? Des moyens financiers des ménages qui se réduisent comme peau de chagrin? De l'inéluctable de toutes ces réformes?  De la destruction encore récente par la chômeurs en colère de leur dernière attache à  la vie, puisque en une nuit leue d'explosion de colère ils ont il   y a deux ans inutilement mis le feu à tout un quartier, voitures, centre commercial et ... pôle emploi pour couronner le tout.

Non, vraiment, il n'y a pas de quoi faire la fête, même ou surtout pour une municipalité de gauche traditionnellement élue ici, comme souvent dans les anciens fiefs miniers....Une ville de gauche qui tente de récupérer les avancées d'urbanisme réalisées par la parenthèse d'une courte élection de droite, comme ce site Le Corbusier, qu'on refuse pourtant depuis trois ans maintenant au patrimoine mondial de l'Unesco.Cette pyrotechnie est bien à l'image de l'époque que nous vivons: inutile, superflue, couteuse, et presque insultante pour les citoyens dont les impôts la financent alors qu'il y a tant de choses prioritaires à faire AVANT, à faire en lieu et place d'un inutile montre de joie qui ne convainc personnne et du reste n'attire personne. Ce pétard mouillé est à l'image de cette ville qui meurt, asphyxiée par la crise, et l'exode. Et si je pleure, c'est que je m'étais prise à aimer cette petite ville industrieuse, mais que j'ai vu perdre un à un tous ses accès à l'emploi pour ne devenir que le refuge des pauvres qui ne pouvaient la quitter ou de certains, plus riches, qui y cachent en un lieu ignoré de tous les restes peu reluisants de leurs fortunes passées.Que tout est triste dans les derniers soubresauts d'un ville qui meurt. Surtout quand on sait que c'est un destin banal, et que nous n'y pouvons plus rien.

 

QUE J'AI DONC MAL A LA FRANCE CE SOIR;

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