Slimane Ait sidhoum

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Billet de blog 26 novembre 2024

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Une soirée mémorable

Dans les moments difficiles que traversent l'humanité, il y a toujours de rencontres conviviales qui marquent la mémoire universelle, c'est ce qu'a essayé de retranscrire l'universitaire Clémence Boulouque dans son ouvrage, Le sentiment des crépuscules.

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Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

Dans les moments difficiles que traversent l'humanité, il y a toujours de rencontres conviviales qui marquent la mémoire universelle, c'est ce qu'a essayé de retranscrire l'universitaire Clémence Boulouque dans son ouvrage, Le sentiment des crépuscules. Ainsi, on se retrouve transporté par la magie des mots en 1938. Année terrible, où les démocraties occidentales ont capitulé devant le nazisme pour laisser Hitler avaler des pays entiers comme une partie de la Tchécoslovaquie, la Pologne et l'Autriche. Justement c'est cet ex-empire de l'Europe centrale qui va voir ses élites partir vers un ailleurs plus clément pour échapper à la folie du Nazisme. Vienne qui était une capitale où la culture du monde trouvait un écho favorable, devint par la force de choses un repoussoir qui maudissait tout ce qui était artistique ou intellectuel et humaniste. Deux grandes figures de cette Vienne étincelante se retrouvèrent à contre-cœur à Londres à savoir Stefan Zweig, le grand écrivain et son ami Sigmund Freud le psychanalyste qui a révolutionné la connaissance humaine par ses révélations sur l'inconscient. L'autrice du livre essaie de reconstituer par touche la vie quotidienne de ces deux génies dans leur nouveau quotidien à Londres. Ainsi on voit Freud et sa fille Anna préoccupés par la reconstitution d'une clientèle et la recherche d'une maison à la hauteur de la réputation du grand psy. D'un autre côté un Zweig très célèbre mais surtout généreux et très sollicité par ses concitoyens nouvellement établis à Londres. C'est au milieu de cette cacophonie d'un monde finissant qu'arrive un élément perturbateur à savoir Salvador Dali qui rêve de rencontrer Freud. Sa fille Anna qui joue les protectrices finira par céder devant les insistances de l'ami Zweig en acceptant de les recevoir car Dali avait un tableau à montrer au maître. Cette soirée sera mémorable entre un Zweig bienveillant, un Freud méfiant et s'étonnant devant les excentricités de Dali et sa femme. L'atmosphère décrite par l'autrice rendait la réalité de l'époque très palpable pour comprendre les périls qui guettaient l'humanité et les signes avant-coureurs d'une catastrophe annoncée.

                                                                   Slimane Ait sidhoum.

Clémence Boulouque, Le sentiment de crépuscules, Robert Laffont, 2024.         

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