Partisan de la motion B, je souhaite soutenir le gouvernement.

Je voudrais faire une mise au point : partisan de la motion B, je souhaite sincèrement et profondément la réussite du gouvernement actuel, issu de nos rangs. Pour autant, ce n’est pas un but en soi, ni une vérité absolue et indépassable ; c’est un moyen. Celui de faire triompher les idées que nous avons définies en commun, alors que nous étions encore dans l’opposition, pour lesquelles nous avons donné mandat à nos élus, et pour lesquelles nous nous sommes investis et avons fait campagne.


Si ce gouvernement, issu de nos rangs, renie nos idées et en professe d’autres, et quel qu’en soient les raisons, dois-je toujours le soutenir ? La question –au minimum- mérite d’être posée.


Je veux bien entendre les arguments sur la dette, sur la crise, sur une phase nécessaire de remise à niveau du pays. Ils sont réels. Je veux bien entendre que notre dette nous prive de toute marge de manœuvre dans une Europe toute acquise aux recettes libérales.


Mais je ne peux accepter d’entendre qu’il n’y a pas d’autres alternatives que de suivre la même politique que la droite, améliorée de quelques caches sexes sociétaux ou sociaux : cette politique nous le savons mène à plus de précarité, plus d’injustice, moins de solidarité. Elle est contraire à nos valeurs. Je veux savoir ce que nous faisons, pas dans les textes, mais concrètement, quand nous sommes aux affaires, pour sortir à terme –pas immédiatement si cela n’est pas possible- de ce système pernicieux dans lequel nous sommes enfermés, et nous remettre en route vers une société plus juste. Or il n’y a rien. Pire, les camarades signataires de la motion A et qui sont au gouvernement refusent d’appliquer dans leurs actes ce qu’ils viennent à peine de s’engager en paroles a soutenir, et prennent au quotidien des décisions contraires aux revendications qu’ils se sont engagés à défendre. Sans le moindre mot d’explication.


Je souhaite le succès de ce gouvernement. Dans la clarté des idées et des actes. Pour l’instant ce n’est pas le cas.

 

Stephane Lesieur

Militant de la Federation des Francais de l'Etranger

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