La CinéFabrique, une école de cinéma ouverte sur le monde

Depuis 2015, l’école gratuite de la CinéFabrique, s’adresse aux personnes âgées de 18 à 26 ans. Grâce à l’appui et aux subventions du CNC (Centre National de Cinématographie), du ministère de la Culture et de la région Auvergne Rhône-Alpes, l’école de cinéma mène des actions culturelles sur les territoires de la Métropole, et des quartiers prioritaires.

L’École Nationale Supérieure de cinéma de la CinéFabrique offre sur trois ans, une formation initiale et diplômante. Implantée à Lyon, elle est accessible par un examen national. La formation est d’ailleurs sanctionnée par le diplôme de l’école et un diplôme d’État. Aucun niveau d’études n’est exigé à l’entrée et l’examen n’est pas discriminant.

Sur 1 000 candidatures, 35 seront sélectionnés. L’école de la CinéFabrique possède également une Classe d’Orientation et de Préparation, qui s’adresse aux jeunes éloignés du cursus scolaire. « L’école est une ressource, et cela doit leur servir », rappelle Perrine Lottier, la secrétaire générale. L’école de cinéma revendique donc la diversité de ses étudiants comme sa plus grande richesse. Les élèves sont encouragés à cultiver leurs différences.  

Une formation plurielle

L’école se veut également plus pratique que théorique. La pratique est au centre des apprentissages, alors que l’enseignement théorique vient apporter des solutions à des problèmes rencontrés “sur le terrain”.

Apprendre un métier, ce n’est pas seulement apprendre des techniques, c’est aussi et surtout savoir l’exercer, travailler en équipe, s’adapter à d’autres manières de faire en fonction des projets, et des personnalités rencontrées sur les productions.

Un autre dispositif permet également de toucher un public un peu plus fragile socialement : le système de l’alternance en troisième année. Cela permet aux élèves d’acquérir un bagage technique et pratique, facilitant leur insertion professionnelle, et d’être rémunérés, car une bourse n’est pas toujours suffisante.

Dans les épreuves, mais aussi dans les enseignements, il y a une diversité culturelle : films de fiction, documentaire, mais aussi clip, et websérie musicale participative au sein des quartiers populaires. « L’engagement se veut citoyen à travers l’école. C’est permettre au cinéma et aux formes audiovisuelles d’être inscrite dans la société et dans la transformation du monde. On est engagé à l’international au Myanmar, en République Centre-Africaine, au Sénégal…, et dans les quartiers. Il y a une explosion d’envie et les jeunes ont tellement de choses à raconter dans ces pays-là », raconte Perrine Lottier.

Cette ouverture sur le monde est fondamentale pour se remettre en question en découvrant d’autres réalités, d’autres manières de penser, de raconter des histoires et de les mettre en scène. Pour Marianna Martino, la Chargée de communication, ce sont surtout les valeurs transmises par La CinéFabrique, qui est pour elle un outil de changement. L’école accueille aussi des licences professionnelles et des masters de l’Université Lyon 2. Depuis sa création, plus de 50 jeunes ont participé aux différents ateliers de pratiques cinématographiques.

 © CinéFabrique © CinéFabrique

Rendre les élèves acteurs

Durant leur cursus scolaire, les élèves participent notamment à la vie de l’école : aménagements, rangement, ménage, entretien du matériel et des équipements, organisation quotidienne… Ils sont impliqués dans le projet de la cantine collaborative qui propose chaque midi à l’école, des repas partagés à partir de produits locaux issus d’une agriculture raisonnée ou biologique ; ils entretiennent au sein de l’école un jardin potager ou encore une compostière.

Tous les matins de 8 h à 9 h, ce sont les élèves qui épluchent les légumes ! L’école prend en charge une partie des repas en fonction de leurs revenus (entre un euro et trois euros). Le reste du repas est subventionné par l’école sur des fonds propres. Pour les élèves de troisième année, ils logent gratuitement de septembre à juillet non loin de la structure.

Avec plus de 80 films réalisés toute l’année, les étudiants ont l’occasion d’expérimenter la place de réalisateur. L’esprit d’ouverture de l’école s’entend aussi sur le monde extérieur qui commence aux portes de l’apprentissage. Il est essentiel que les élèves soient en lien avec le quartier et le territoire. Pour certains, l’école est même devenue un refuge.

 © CinéFabrique © CinéFabrique

Éducation à l’image dans les lycées

Soutenue aussi par la Métropole et la Ville de Lyon, l’école mène également des ateliers d’éducation à l’image au sein de structures institutionnelles.

Les élèves de première année interviennent dans des collèges et des lycées, puis réalisent des courts-métrages durant une semaine. En 2e année, les élèves participent à un dispositif nommé « Tu m’auras pas », qui impliquent des collégiens. Ils vont alors fabriquer des fausses rumeurs, des faux documentaires, faire des films, des podcasts ou encore des photographies avec des angles différents.

Il y a aussi une équipe de réalisateurs professionnelle qui parrainent le projet de transmission envers les collégiens et les lycéens. « Tu m’auras pas ! », a également pour but de donner aux collégiens des instruments d’analyse, pour prendre une distance avec les images, les discours et les pratiques véhiculés sur le Net.

Un intervenant propose toutes les semaines un enseignement d’éducation à l’image avec le visionnage d’un film. 100 films sont alors produits chaque année. La CinéFabrique est actuellement en discussion avec des partenaires pour ouvrir d’autres sections. Au terme de la formation, les chemins sont différents et d’autres plus difficiles, mais ce qui est certain, c’est que l’école à encore de belles histoires à raconter...

 © CinéFabrique © CinéFabrique

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.