Coronavirus: il est urgent de mettre en place un revenu universel sans condition

Nous sommes auteurs·trices, intermittent·es, pigistes, autoentrepeneurs·euses, artistes, salarié·es, bénévoles, toutes et tous précaires. Nous sommes des acrobates de l’arène des dossiers, cascadeur·euses du lien social et aguerri·es aux diverses mobilités du travail. Nous devons souvent choisir entre créer et survivre. Or la crise actuelle du Coronavirus met en péril immédiat cette économie fragile dont nous vivons au quotidien.

Samedi 14 mars 2020

Nous sommes auteurs·trices, intermittent·es, pigistes, autoentrepeneurs·euses, artistes, salarié·es, bénévoles, toutes et tous précaires. Nous sommes des acrobates de l’arène des dossiers, cascadeur·euses du lien social et aguerri·es aux diverses mobilités du travail. Nous devons souvent choisir entre créer et survivre. Or la crise actuelle du Coronavirus met en péril immédiat cette économie fragile dont nous vivons au quotidien. Beaucoup d'entre nous ne gagnent pas l'équivalent d'un Smic mensuel. D'autres se hissent parfois tout juste au-dessus du seuil de pauvreté. D'autres encore ne peuvent pas même l'atteindre.

La contention de l'épidémie de coronavirus impose aujourd'hui des annulations en série des spectacles, ateliers, conférences, concerts, expositions, installations et autres commandes artistiques, culturelles ou scientifiques. Nous voyons ainsi disparaître du jour au lendemain, sans dédommagement et pour une durée indéterminée, nos seules sources de revenus.

Nous avons entendu le discours du président de la République le 12 mars, selon lequel « la peur de la faillite pour les entrepreneurs, l’angoisse du chômage et des fins de mois difficiles pour les salariés, tout sera mis en œuvre pour protéger nos salariés et pour protéger nos entreprises. Quoi qu’il en coûte. » Mais le soutien de l'État aux entreprises et au seul statut de salarié·e ne saurait suffire. En effet, celui-ci ignore les statuts, les professions et les écosystèmes au sein desquels nous évoluons, qui participent à l'exception culturelle dont la France se prévaut. Nous travaillons dans la radio et le son, dans les mondes de l'art et de la culture, à travers des missions de création, de médiation, d'éducation, d'enseignement, de recherche et d'information. Nous y sommes engagé·es sur les bases de statuts parcellaires, démunis de toute continuité des ressources et des droits liés.

Après avoir œuvré ardemment à l’uberisation de l'économie, dans le milieu radiophonique, musical et artistique comme ailleurs, l'État ne peut faire mine d'ignorer la fragmentation qu'il a activement contribuée à créer. Il doit prendre acte aujourd'hui de ses conséquences économiques et sociales désastreuses. Le Coronavirus agit dès maintenant comme un révélateur des fragilités de notre société. Il doit désormais devenir le déclencheur de nouvelles solidarités en actes.

Toutes celles et ceux qui subiront de plein fouet les conséquences des arrêts du travail hors des statuts salariés, ainsi que toutes et celles et ceux qui n'ont pas de travail, elles et eux aussi, doivent être protégé·es. « Quoi qu'il en coûte. »

Nous demandons par conséquent que soit instauré dès le mois de mars un revenu universel sans condition, permettant à toute personne, quel que soit son statut, de vivre dignement.

Les Sons Fédérés, assemblée d'artisan·es sonores et radiophoniques

https://sons-federes.org

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