Jérémy Lempin, Hassen et son cheval Peyo, honorés à Perpignan

Le photographe qui a publié en mars dernier sur Mediapart l'histoire de « Peyo, cheval soignant en soins palliatifs » a reçu vendredi le Visa d'or Magazine lors du festival Visa pour l'Image de Perpignan.

Depuis sa publication le 3 mars dernier sur notre site, ce travail a fait le tour du monde. On l'a vu dans The Guardian, il a notamment reçu un premier prix au Istanbul photo awards, un deuxième prix au Word press photo, un troisième prix au Yannis Behrakis International photojournalism d'Athènes...  Il a été publié en Belgique, en Hollande, en Italie, en Espagne... et en France, dans le Pèlerin, Ça m'intéresse, etc. Pour finir majestueusement l'été, il a reçu le 3 septembre, le Visa d'or des publications magazines lors du festival de Perpignan, Visa pour l'image. Ce prix est doté de 8000 euros.

En mars dernier, nous publiions 17 photos et toute une histoire racontée par Jérémy Lempin sur ce cheval et son cavalier qui, après des années de compétitions et de spectacles équestres ont quitté la scène pour rejoindre un monde radicalement différent : celui de la médecine, de la solidarité et de la dignité humaine. Dans le photo-reportage de Jérémy Lempin, Hassen expliquait qu'il essaye « avec Peyo, de recréer de la vie dans la fin de vie, pour se battre, créer une énergie aux côtés des familles et des soignants ». « Peyo, aujourd'hui âgé de quinze ans, est un cheval unique au monde. Il est capable de détecter des cancers et des tumeurs chez l’être humain. Quand il vient dans le service de soins palliatifs de Calais, c’est lui qui décide qui il va voir », précisait Jérémy Lempin, qui pendant des mois a suivi cet étrange duo de soignants.

30 novembre 2020. Centre de soins palliatifs du Centre hospitalier de Calais (Pas-de-Calais). 
Marion, 24 ans, atteinte d’un cancer généralisé, enlace son fils de 7 ans, Ethan, en présence de Peyo qui se laisse toucher et caresser par elle seule. © Jérémy Lempin / Divergences 30 novembre 2020. Centre de soins palliatifs du Centre hospitalier de Calais (Pas-de-Calais). 
Marion, 24 ans, atteinte d’un cancer généralisé, enlace son fils de 7 ans, Ethan, en présence de Peyo qui se laisse toucher et caresser par elle seule. © Jérémy Lempin / Divergences

Et ce cheval intéresse la science : après quatre ans de recherches et d’observations, et après avoir testé plus de 500 chevaux ces dernières années (dont les propres poulains de Peyo), les médecins et vétérinaires ont pu observer un tel fonctionnement cérébral uniquement chez ce cheval. « Ce que les professionnels et scientifiques étudient aujourd’hui, c’est la capacité instinctive de Peyo à détecter cancers et tumeurs chez l’être humain et son choix d’accompagner certains patients jusqu’à leur dernier souffle », poursuivait le photo-reporter. Et aussi étrange que cela puisse paraitre, expliquait le cavalier, la présence de Peyo permet souvent de « diminuer fortement tous les médicaments qui sont très lourds et ainsi permettre un départ plus apaisé ».

Revoir tout le portfolio publié sur Mediapart.

14 janvier 2021. Église de Peuplingues (Pas-de-Calais). Peyo et Hassen saluent une dernière fois Daniel. © Jérémy Lempin / Divergences 14 janvier 2021. Église de Peuplingues (Pas-de-Calais). Peyo et Hassen saluent une dernière fois Daniel. © Jérémy Lempin / Divergences

Parmi les autres prix décernés à Perpignan, signalons le Visa d’or News attribué au photographe anonyme en Birmanie qui a documenté pour The New York Times, la contestation après la prise du pouvoir des militaires ; et le Visa d'or Presse quotidienne qui récompense Asger Ladefoged pour son travail sur le soulèvement en Biélorussie publié dans le quotidien danois Berlingske.

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