L’histoire du cheval Peyo nominée au World Press Photo

C’était il y a dix jours, en une de Mediapart. Le portfolio de Jeremy Lempin nous racontait l’histoire de Peyo, cheval soignant en soins palliatifs. Une de ses photos est nominée aujourd’hui au World Press Photo 2021.

Le Word Press photo, c’est un peu les Oscars du photojournalisme. Fondée en 1955 et installée à Amsterdam, l’association organise chaque année un prestigieux concours de photographies de presse. Outre LA photo de l’année, le jury du World Press, composé d’éditeurs et d’experts indépendants, désigne aussi des lauréats dans dix catégories : Environnement, Sports, Nature, Portraits, Histoire au long cours, etc. Cette année, l’équipe du World Press a reçu plus de 74 000 images, représentant le travail de 4 315 photographes installés dans 130 pays.

Pour cette édition 2021, 114 photos ont été retenues. La photo du cheval Peyo auprès de Marion, 24 ans, hospitalisée dans le centre de soins palliatifs du centre hospitalier de Calais, concourt dans la catégorie Enjeux contemporains. Elle a été prise par Jeremy Lempin le 30 novembre 2020.

30 novembre 2020 au Centre de soins palliatifs du Centre hospitalier de Calais. © Jeremy Lempin / Divergence 30 novembre 2020 au Centre de soins palliatifs du Centre hospitalier de Calais. © Jeremy Lempin / Divergence

En février dernier, Jeremy Lempin nous envoyait par mail un PDF de son sujet retraçant le travail de ce cheval et de son cavalier Hassen Bouchakour, qui, après des années de compétitions et de spectacles équestres, ont quitté la scène pour rejoindre un monde radicalement différent : celui de la médecine, de la solidarité et de la dignité humaine. Très sensible à la détresse humaine, ce cheval est particulièrement apprécié dans les centres de soins palliatifs.

Le temps de discuter du choix des images et, pour Jeremy Lempin, d’écrire toutes les légendes du portfolio, nous avons publié ce travail le 3 mars dernier (on peut le retrouver ici).  

Fils d’un père ouvrier mécanique et d’une mère aide-soignante en réanimation, Jeremy Lempin fut très jeune fasciné par les photos de Robert Capa. Pour marcher dans ses pas, il fait ses armes dans la Marine nationale en tant que photographe à bord du porte-avions Charles-de-Gaulle puis à l’Ecpad (Établissement de communication et de production audiovisuelle de la Défense). Il participa ainsi notamment à l’opération Serval au Mali et à l’opération Sangaris en République centrafricaine, documentant la vie des militaires. 

Après dix ans au sein de l’armée, il dépose l’uniforme pour endosser pleinement le gilet de photojournaliste et se consacrer surtout à des sujets de société qu’il travaille sur un temps long. Membre depuis 2018 de l'association de photographes Divergence Images, ses photos (que l’on peut voir sur son site) sont publiées notamment dans Le Figaro Magazine, VSD, L’Équipe Magazine, Le Parisien Week-end, Management, Capital, Rendez-vous photos, Le Nouvel Obs, Zadig

Sur Mediapart, outre l’histoire de ce cheval (reprise ce vendredi dans le journal britannique The Guardian et déjà récompensée le 10 mars dernier d’un prix d’excellence au Picture of the Year (POY) International), il a publié deux portfolios sur le travail d’un infirmier dans les corons, au tout début du premier confinement. On peut les retrouver ici et .  

Les lauréats du World Press Photo 2021 seront annoncés le 15 avril 2021 à Amsterdam.

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