Plus qu'un documentaire sur la précarité, Se battre est aussi un film sur la solidarité, la fraternité, la générosité qui permettent à ceux dont les fins de mois se pensent en fin de journée, en fin de semaine, de vivre encore avec des rêves, sans être complètement reclus. En décembre dernier, Yves Faucoup, dans le club de Mediapart, soulignait déjà toute l'émotion qui émane de ce film dont la sortie en salle est programmée au  5 mars 2014.

Jean-Pierre Duret et Andrea Santana ont tourné Se Battre à Givors, non loin de Saint-Etienne et Lyon, ville ouvrière au passé révolutionnaire, victime depuis les années 1970 de la désindustrialisation. Leur caméra rencontre ceux qui ne mangent plus que grâce aux colis du Secours populaire ; celle qui à 60 ans se retrouve « dans le caniveau » après avoir vécu très confortablement, du temps où elle était cadre supérieure dans une maison d'édition ; ceux qui s'attachent aux animaux des jardins ou à leur chien car ce sont bien souvent les seuls êtres avec lesquels ils peuvent partager des plaisirs quotidiens… Toute une population invisible, des ombres, « la face noire et muette de notre société » écrivent les réalisateurs.

Autour de ces ombres s'affairent d'autres ombres, la foule des bénévoles des associations d'entraide qui vont aider au jardin partagé, vont récupérer les invendus des grandes surfaces, tiennent l'épicerie solidaire, chargent et déchargent tout ce que l'on jette pour l'offrir à quelques-uns des 13 millions de Français pour qui la vie se joue chaque mois à 50 euros près. La bagarre pour aider face à la bagarre pour survivre. Mais de ces combats on retiendra aussi les sourires, l'énergie, la rage et les colères qui ouvrent à ceux qui sont exclus de nos sociétés la possibilité de vivre encore dans un monde que d'autres s'acharnent jour après jour à rendre plus solidaire.

  • L'avant-première aura lieu lundi 24 février à 20h15 au Sept parnassiens, 98 bd du Montparnasse, 75014. Elle sera suivie d'une rencontre avec Edwy Plenel, Jean-Pierre Duret et Andrea Santana. Les 60 places offertes aux lecteurs de Mediapart ont déjà trouvé preneurs. Il reste bien sûr des places payantes.

Mediapart reviendra plus longuement sur ce film lors de sa sortie en salle, en proposant notamment des extraits des rushs, non retenus pour le film.

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.