Quatre nouveaux projets documentaires soutenus par Tënk et Mediapart

La formation au maintien de l’ordre ; une histoire des révoltes populaires ; devenir homme en Russie ; et l’aventure de crabes migrants, voilà les quatre thématiques des films qui vont en 2020-2021 recevoir un soutien de Tënk et Mediapart pour être finalisés.

L’an passé, la plateforme du documentaire d’auteur Tënk et Mediapart ont décidé de soutenir ensemble des films dits « de création », documentaires fragiles, portés parfois durant des années par un réalisateur ou une réalisatrice opiniâtre, souvent déjà tournés mais ayant du mal à boucler leurs budgets pour être achevés et trouver peut-être leur public.

Concrètement, Tënk et Mediapart, par un apport en numéraire et en industrie, permettent à la post-production (montage son, étalonnage, mixage…) de se faire dans de bonnes conditions. De surcroit, en s’engageant à diffuser ces films une fois achevés, notre soutien peut permettre de déclencher des aides institutionnelles nationales ou régionales.

Ainsi l’an passé, nous avions soutenu Bachar à la Zad, de Pierre Boulanger et Imagine demain on gagne, d’Arthur Thouvenin et François Langlais. Ces deux films ont été diffusés en juillet et juin derniers sur Mediapart. Deux autres suivront bientôt.

Pour l’année 2020-2021, le jury réunissant Jeremie Jorrand et Alizée Mandereau pour Tënk et Sophie Dufau pour Mediapart s’est réuni lundi 17 août à Lussas, en Ardèche où se tiennent en ce moment les Etats généraux du film documentaire. 62 dossiers avaient été adressés à Tënk, nous en avons retenu 4.

Image extraite du dossier «La cité de l’ordre» présenté par Antoine Dubos Image extraite du dossier «La cité de l’ordre» présenté par Antoine Dubos
La cité de l'ordre d’Antoine Dubos (producteur La société des Apaches).
Une immersion au sein de l’école de police de Oissel, en Normandie, un site où les élèves gardiens de la paix s’entraînent dans une ville récréée de toutes pièces. Où les jeux de rôles et les mises en scène de situations de la vie ordinaire révèlent la vision de l’ordre social portée par la police. Ce film devrait être achevé durant le premier trimestre 2021.

Une si longue marche, de Dominique Loreau (producteur Cobra films)
Ils sont arrivés dans les années 1930, accrochés à la coque de bateaux faisant le voyage entre la Chine et l’Europe. Mais depuis 2010 et sans doute en réaction au réchauffement climatique, ces crabes dit chinois se développent dans les fleuves et rivières d’Allemagne, de Belgique, des Pays Bas et du nord de la France. Au point qu’à certaines saisons, on peut les voir débouler en masse en ville ou que, cherchant la chaleur, ils parviennent à boucher les filtres d’une centrale nucléaire. Ce sujet plein de métaphores sera « un essai cinématographique poétique, contradictoire et polyphonique du réel, à la fois un miroir de notre société et un hymne à la vie », écrit la réalisatrice.
Il devrait être achevé en septembre 2021.

Ciompi, d’Agnès Perrais (producteurs L’image d’après et la Surface de dernière diffusion)
À la fin du Moyen Age, à Florence en Italie, une révolte des plus pauvres travailleurs, les Ciompi, bouleverse la ville et parvient à renverser le gouvernement. Du souvenir de ces insurgés, il ne reste que d’infimes traces à Florence, mais l’historien italien Alessandro Stella a documenté cette révolte. En tissant les réflexions de ce chercheur, directeur de recherche au CNRS et militant d’extrême-gauche dans les années 1970 en Italie, à une déambulation dans la ville, la réalisatrice entend aussi qu’aux luttes d’aujourd’hui répondent les fantômes des Ciompi.
Ce film devrait être achevé fin 2021-début 2022.

Image extraite du dossier «Le Passage» présenté par Salomé Hévin. Image extraite du dossier «Le Passage» présenté par Salomé Hévin.
Le passage, de Salomé Hévin (production Pivonka Production)
En Russie, un centre de rééducation faisant aussi office de maison pour orphelins. Il est dirigé par le père Boris qui se charge de ces « enfants difficiles ». En suivant l’éducation de Nikita, 13 ans, c’est le stéréotype de l’homme russe, fort, ne reculant devant aucun conflit ni corps à corps qui s’impose comme modèle. Un poncif qui va de pair avec un renouveau du patriotisme alors que l’État ne joue plus son rôle protecteur.
Ce documentaire prévoit d'être prêt à diffuser en octobre 2021

Soutenir ces films, dont certains sont en tout début de tournage donc n'ont pu nous proposer très peu d'images mais des notes d'intention et de réalisation convaincantes, c'est aussi parier sur la diversité des regards qui vont nous raconter le monde.

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.