La Tour jumelle

C'est un monument. Un vrai. La Tour Eiffel et ses quelque 7 millions de visiteurs l'an passé. La Tour Eiffel et ses 120 ans ce mardi soir, anniversaire pour lequel on lui offre 60 tonnes de peinture... C'est un monument qui amuse aussi.

C'est un monument. Un vrai. La Tour Eiffel et ses quelque 7 millions de visiteurs l'an passé. La Tour Eiffel et ses 120 ans ce mardi soir, anniversaire pour lequel on lui offre 60 tonnes de peinture... C'est un monument qui amuse aussi. Vitrine technologique dès sa conception, elle était avant tout la preuve que l'on pouvait construire une tour de 300 mètres de haut. Aujourd'hui, plus de 200 étudiants en architecture se sont prêtés au jeu de lui accoler un bâtiment jumeau à savoir «de très grande hauteur» et «attestant des avancées fondamentales en termes d'architecture et de construction depuis le projet Eiffel». Les mêmes gènes mais revisités par le XXIe siècle.


C'est en passant dans les locaux de l'Agence VU' que je suis tombée sur ces images. Il faut préciser que le groupe Abvent, qui co-organise –avec la Fondation d'entreprise de la société de la Tour Eiffel– ce concours d'architecture Eiffel, est aussi celui qui soutient l'agence de photojournalisme partenaire de Mediapart au sein de MediaVU'.
Ce qui frappe d'emblée, c'est l'imagination. Libérés de toutes contraintes économique ou d'urbanisme, les étudiants font preuve d'audace et de créativité, tout en ménageant la vielle dame. Un seul projet propose carrément de la détruire et quelques rares autres la masquent ou la recouvrent. Comme si, à l'heure du Grand Paris, elle restait immuablement le repère, le symbole de la capitale. Et les cinq projets lauréats semblent même vouloir effacer leurs prouesses pour la magnifier davantage.


Ainsi le premier prix, qui sera décerné ce soir, revient à Nicolas Mouret de l'ENSA Paris Belleville dont la tour Phyte (photo ci-dessus) «se balance au gré des vents» apportant un peu de vie dans une ville «figée de bâtiment statiques». Pour quel usage? Peut-être simplement la beauté d'une idée.


Dans l'ordre ensuite, le deuxième prix revient à Jean-Maxime Rivière de l'Ecole Spéciale d'Architecture/Paris pour son hôtel de la tour Eiffel qui intègre des plateaux à la structure de la tour.

 

Troisième prix pour Jonathann Allain, Mathieu Lamour et Enric Cailleau de l'ENSA Nantes qui isolent l'œuvre dans une boule à neige tel un espace dans lequel tout gravite autour de la tour.

Moins bling bling est le projet de Béryl Monnot et Julien Sage-Thomas de l'ENSA Paris Malaquais (4e prix): ici, la dimension est verticale (20 passerelles de 40 mêtres en hauteur soit un total de 900 mètres, habillées de végétation) et l'ambition écologique: faire de cette tour jumelle, une «forêt architecturée» totalement autonome.
Enfin le cinquième prix, Les dessous de la Dame de fer, signé Gilles Lefevre et Mathieu Badie (ENSA Paris Val de Seine) est peut-être celui qui a le plus les pieds sur terre. Face au problème d'étallement urbain, il propose d'enterrer la seconde tour sous la Tour Eiffel, tout comme le Louvre s'était étendu en son sous-sol. Reste que les parkings et espaces culturels et commerçiaux qui s'y abriteraient ne font pas forcément rêver.
Enfin, dans les quelque 85 autres projets, une idée qui revient.

Renversante, non?
Tous les projets sont exposés du 1er au 12 avril à la Cité de l'Architecture (Palais de Chaillot, 75016 Paris)

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