Voici l'appel du conseil démocratique Kurde
Appel à manifester
Samedi 24 janvier, 14h
Paris - Place de la République
Le gouvernement transitoire installé à Damas, dominé par le groupe djihadiste HTS, recourt une fois de plus à la violence afin de consolider son contrôle sur l’ensemble du territoire syrien. Cette stratégie a déclenché une nouvelle guerre qui menace de replonger le pays dans les heures les plus sombres de la guerre civile et fait peser un risque grave sur la stabilité internationale.
Cette campagne militaire est coordonnée par le régime djihadiste de Damas, en collaboration étroite avec le ministre turc de la Défense, Yaşar Güler, et le ministre des Affaires étrangères, Hakan Fidan. L’État turc joue un rôle direct et actif dans le conflit : il mobilise des avions de chasse, des drones et des moyens de reconnaissance, et aurait déployé des troupes combattant aux côtés des forces djihadistes.
À l’inverse, depuis leur lutte décisive contre l’organisation État islamique (EI), les Kurdes de Syrie ont constamment affirmé leur volonté de dialogue avec le gouvernement syrien. Ils n’ont jamais revendiqué la division ou la sécession du pays, mais ont toujours défendu une solution inclusive au sein d’un État syrien décentralisé.
L’objectif évident de cette guerre d’anéantissement menée contre les Kurdes est de transférer la Syrie de la dictature baasiste à une dictature du HTS, dans le contexte de la reconnaissance internationale d’Al-Jolani (nom de guerre djihadiste d’Ahmed al-Sharaa) comme homme d’État légitime. La vision d’Al-Jolani pour la « nouvelle Syrie » exclut toute perspective de démocratie, de coexistence pacifique entre les peuples ou d’égalité des genres.
À l’opposé de cette conception autoritaire du pouvoir, les Kurdes ont construit au cours des quinze dernières années un système d’autogouvernance politique et administrative garantissant l’égalité des genres, la coexistence des peuples et la liberté religieuse. C’est précisément ce modèle démocratique qui est aujourd’hui visé par une politique d’anéantissement.
Une fois encore, les États membres de la coalition internationale contre l’EI ont fait preuve d’une hypocrisie manifeste. En trahissant leurs plus solides alliés dans la lutte contre Daesh, ils ont piétiné leurs valeurs les plus fondamentales.
Par leur silence et leur inaction, la coalition internationale, l’Union européenne et la France en particulier encouragent le nettoyage ethnique et ouvrent la voie à un possible génocide en Syrie.
Nous exigeons donc:
• Des frappes aériennes immédiates de la France contre les positions des jihadistes, qui massacrent les Kurdes de Syrie et menacent directement la sécurité régionale et européenne ;
• Une solution politique pour le Rojava, incluant la reconnaissance politique, la garantie des droits du peuple kurde et un statut clair au sein de la Syrie ;
• L’organisation d’un débat extraordinaire à l’Assemblée nationale sur cette crise majeure ;
• Une mobilisation urgente des députés et sénateurs français, à la hauteur de la responsabilité historique de la France.
Conseil Démocratique Kurde en France