Veronique :Grossesse, VHC et beaucoup de déception

La lutte contre l’hépatite C connaît une véritable révolution avec l’arrivée de traitements permettant des taux de guérison spectaculaires. Compte tenu des prix exhorbitants exigés par les laboratoires, le gouvernement a choisi de « rationner » l’accès aux soins, en violation avec nos principes constitutionnels.Chaque jour des malades témoignent sur le site de www.soshepatites.org

 Veronique :Grossesse, VHC et beaucoup de déception 

 

 

J’ai 40 ans et je suis enceinte pour la première fois ! Quelle joie, n’est-ce pas?

OUI et pourtant NON aussi...

Pourquoi ? Parce que j’ai une Hépatite C - génotype 1a - depuis 20 ans, avec une charge virale élevée, donc en puissance je suis très contagieuse pour mon futur enfant, mais pas suffisamment (aux yeux du monde politique tout au moins) pour "mériter " d’être soignée.

Selon moi, j’aurais dû être soignée AVANT cette grossesse pour avoir la chance de vivre une grossesse sereine, mais lorsqu’on n’a pas de cirrhose, on ne "vaut" pas l’investissement que les nouvelles thérapies représentent.

Peu importe si je suis non-répondante à la bithérapie "classique" (tentée - sans succès - en 2010 en vue, justement, d’envisager une grossesse sereine...).

Les médecins semblent impuissants face aux nouveaux traitements, une sorte d’omerta se propage dans les hôpitaux publiques, personne n’ose plus vous dire que vous empirez.

 

Cette décision marquera l’histoire médicale de notre pays : au-delà du cynisme propre à ce choix politique, je voudrais rappeler - d’un pont de vue purement financier (car il n’y a que cet aspect qui semble susceptible d’être entendu) -  que soigner des milliers de personnes pour cirrhose sera bien plus coûteux que de les soigner avec les nouveaux traitements.

 

Ils rétorqueront : "oui, plus coûteux, mais à long terme Madame, à long terme..." il est vrai, peu d’hommes politiques et des administrations ont aujourd’hui une vision qui va au-delà de leur propre, souvent assez bref, mandat parlementaire ou administratif.

Je veux finir mon témoignage en précisant que je ne demande qu’à être contredite, qu’à être à nouveau fière de l’exception française, qu’à me sentir part d’une communauté qui place le droit des individus et leur respect au-dessus de toute logique économique.

 

A bon entendeur...

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