NIS2 : La Certification en Plein Brouillard ou L’Art de Valider l’Inconnu
Je vais être franc : je suis dubitatif. Vous savez, ce sentiment de perplexité mêlé d’une certaine circonspection, quand quelque chose semble un peu... trop beau pour être vrai. Eh bien, c’est exactement ce que je ressens chaque fois que je vois fleurir sur internet des propositions pour devenir "certifié NIS2". Ah, ces fameuses certifications ! Elles apparaissent comme des champignons après la pluie, vous promettant de vous armer jusqu’aux dents face à toutes les cybermenaces. Mais, alors que je parcours ces offres flamboyantes, quelques petites questions me viennent à l'esprit. Et vous savez ce qu’on dit : quand on commence à poser des questions, c’est qu’il y a quelque chose à creuser. Alors allons-y, mettons un peu d’ordre dans tout ça, car là, c’est un peu le flou artistique.
Une Certification pour une Directive ? Intéressant...
La première question qui me saute aux yeux est la suivante : sur quoi exactement repose cette certification NIS2 ? Ce n’est pas une question anodine, car, voyez-vous, une certification doit s’appuyer sur un cadre clair, précis, et applicable à tous. Prenons l’exemple du RGPD : c’est un règlement européen. Un règlement, c’est simple, net et sans bavure. Vous l’appliquez partout de la même manière, que vous soyez en France, en Allemagne ou en Lettonie. La règle est la même pour tout le monde, fin de l’histoire.
Mais une directive, comme la NIS2, c’est un autre sport. C’est un peu comme une recette de cuisine européenne : Bruxelles vous donne les ingrédients principaux, mais chaque pays est libre d’ajouter ses épices locales. En clair, la directive NIS2 pose des objectifs, mais chaque État membre de l’Union européenne est libre de transposer ces objectifs comme il l’entend, en fonction de ses réalités nationales. Donc, si je me certifie en suivant les règles françaises, suis-je toujours valide en Espagne ? Ou est-ce qu’il va falloir refaire tout le processus une fois la frontière franchie ? Parce que soyons honnêtes, personne n’a envie de devoir collectionner les certifications comme des timbres de collection, un pour chaque pays. C’est un peu la quête sans fin.
L’Art de Prévoir l’Inconnu
Et là, c’est le moment où les choses deviennent vraiment intéressantes. Vous savez ce que j’ai découvert en creusant un peu plus ? À l’heure actuelle, une majorité de pays n’ont même pas encore transposé la directive NIS2 dans leur législation nationale. C’est-à-dire que les règles du jeu ne sont même pas encore complètement écrites, mais il existe déjà des programmes de certification basés sur… quoi exactement ? Une prémonition ? Un talent inné pour deviner l’avenir ? Ou peut-être que ceux qui vendent ces certifications ont des informations privilégiées que même les gouvernements n’ont pas encore… Non, sérieusement, comment peut-on se certifier pour quelque chose dont les contours légaux ne sont même pas encore fixés ?
Si vous êtes comme moi, vous devez être en train de lever un sourcil en vous demandant si on ne vous prend pas un peu pour un naïf. Je veux dire, imaginez passer un examen où les questions ne sont pas encore rédigées. C’est à peu près ce qui se passe ici. On vous propose un programme de certification alors que les règles dans de nombreux pays ne sont pas encore clarifiées. Ce qui nous amène à une expression bien connue : « Quand c’est flou, y a un loup. »
Une Certification pour les Pros de la Boule de Cristal ?
Je ne sais pas pour vous, mais j'ai toujours trouvé fascinant ce concept de certification anticipée. Imaginez un instant : on vous vend un label de conformité pour des règles qui n’existent pas encore. Ce serait un peu comme acheter une voiture avant que le modèle ne soit conçu. Serez-vous vraiment prêt à rouler avec ? Certes, il y a ceux qui aiment prendre de l’avance, être à la pointe des tendances, mais dans ce cas précis, n’y aurait-il pas une légère confusion entre anticipation et précipitation ?
Je ne peux m’empêcher de penser que certains certifiés NIS2 risquent de se retrouver dans une situation un peu embarrassante lorsque les fameuses règles seront finalement adoptées dans leur pays. Vous savez, ce moment où vous pensiez être en avance sur tout le monde, et où finalement vous réalisez que vous aviez mis la charrue avant les bœufs. Pas très glorieux, n’est-ce pas ?
Et la Clarté, dans Tout Ça ?
Pour ceux qui suivent encore, il est important de noter que la directive NIS2 a un objectif noble : améliorer la sécurité des réseaux et des systèmes d’information dans toute l’Union européenne. Un objectif que, soyons honnêtes, tout le monde devrait soutenir. Mais là où ça coince, c’est dans l’application. Chaque pays membre doit transposer cette directive en législation nationale, et cela prend du temps. Dans certains pays, cela va relativement vite ; dans d’autres, c’est un peu plus laborieux. Vous savez, comme ces travaux qui devaient durer trois mois et qui sont toujours en cours un an plus tard…
Donc, avant de se précipiter pour obtenir une certification, il serait peut-être sage d’attendre que les règles soient clairement établies dans votre pays et dans ceux où vous opérez. Car, soyons réalistes, une certification basée sur des règles floues ou inexistantes, ça ne fait pas très sérieux.
Le Business des Certifications : Opportunité ou Opportunisme ?
Ne soyons pas naïfs : le monde des certifications est un véritable marché. Un marché juteux, même. À chaque nouvelle norme, chaque nouvelle législation, hop, de nouvelles certifications apparaissent. C’est presque comme un rituel. Et la directive NIS2 ne fait pas exception à la règle. Il y a une demande, et donc une offre. C’est le jeu, me direz-vous.
Mais cela pose une question intéressante : qui profite réellement de cette précipitation à certifier ? Les entreprises qui, craignant de manquer le coche, se ruent pour obtenir leur précieux tampon NIS2, ou les organismes de certification qui voient là une opportunité en or pour vendre des formations et des accréditations, parfois au prix fort ?
Bien sûr, je ne suis pas là pour dire que toutes les certifications sont inutiles, loin de là. Dans de nombreux cas, elles sont nécessaires pour structurer, formaliser et harmoniser des pratiques de sécurité. Mais dans le cas de la NIS2, je m’interroge : ne sommes-nous pas en train de mettre la charrue avant les bœufs ? Certifier quelque chose qui n’est pas encore fixé, n’est-ce pas un peu hasardeux ?
Que Faire en Attendant la Lumière ?
Si vous êtes comme moi, vous vous demandez peut-être : « OK, mais que faire en attendant que tout cela soit plus clair ? ». La réponse est simple : ne vous précipitez pas. Oui, la directive NIS2 est importante, et oui, elle apportera sans doute des changements significatifs dans la façon dont nous gérons la sécurité des systèmes d’information en Europe. Mais rien ne sert de courir pour obtenir une certification qui pourrait être remise en question une fois les législations nationales finalisées.
Mon conseil ? Prenez le temps de comprendre les implications de la NIS2 pour votre secteur et votre entreprise. Suivez de près les évolutions législatives dans les pays où vous opérez, et préparez-vous à adapter vos pratiques lorsque les règles seront claires. En attendant, concentrez-vous sur le renforcement de vos mesures de cybersécurité existantes. Après tout, ce n’est pas une certification qui va protéger vos données des cybercriminels, mais bien les bonnes pratiques que vous mettez en place au quotidien.
NIS2, Patience et Prudence Sont de Mise
Pour conclure, je dirais ceci : la certification NIS2 est une belle idée sur le papier, mais dans la pratique, elle est encore entourée de beaucoup de flou. Se précipiter pour obtenir un label avant même que les règles ne soient fixées, c’est un peu risqué, voire contre-productif. Alors, mon conseil est simple : restez attentifs, mais ne vous laissez pas emporter par la vague de la certification prématurée. La patience et la vigilance sont vos meilleurs alliés en attendant que les choses se clarifient. Car après tout, on ne le dira jamais assez : « Quand c’est flou, y a un loup. »