Journée d'études exceptionnelle sur la situation algérienne

Ce qui se passe en Algérie est historique. Pour comprendre vraiment les enjeux du Hirak algérien, une journée de conférences inédite avec des intellectuels et militants venus d'Alger se tiendra demain à la Bourse du travail de Saint-Denis. Avec un programme remarquable.

Vendredi 13 septembre, 30e vendredi du hirak algérien. Une journée décisive car elle intervient à un moment de durcissement inédit du régime qui veut convoquer le corps électoral dès la semaine prochaine en vue d’une élection présidentielle en décembre contre la volonté d’un peuple qui manifeste pacifiquement depuis des mois  (1) Journée particulière aussi car c’est la première qui se déroulera sans Karim Tabbou, figure emblématique du Hirak, président de l’Union démocratique et sociale (UDS), ancien secrétaire général du FFS, arrêté à son domicile et poursuivi pour « atteinte au moral des troupes ». De nombreuses arrestations ont eu lieu depuis février, mais c’est la première fois qu’un chef de parti politique est emprisonné pour ses déclarations publiques, Louisa Hanoune l’ayant été pour «complot contre l’autorité de l’armée et de l’État ».

Pour comprendre ce qui se passe en Algérie, journée exceptionnelle aussi à Paris, ou plutôt à Saint-Denis  où  se tient, à l’initiative  du collectif Libérons l’Algérie qui regroupe diverses organisations de la diaspora qui manifestent depuis des mois place de la République leur soutien au hirak, une session extraordinaire d’études et de conférences sur cette question algérienne, avec des intervenants venus d’Alger.

(1) Lire Lofti Barkati, "Algérie, l'armée passe en force pour organiser une élection présidentielle" 

Journées d’études et de conférences sur l’Algérie, Bourse du travail de Saint-Denis, samedi 14 septembre 13h (1).

 Ce cycle portera sur l'importance de l'émergence d'un nouveau projet historique pour l'Algérie, sur les questions de définition de la nation, de construction d'une identité citoyenne reposant sur la pluralité identitaire et la diversité culturelle ouverte sur l'espace nord-africain et l'espace méditerranéen. Seront abordées aussi les questions de constitutionnalisation et d'institutionnalisation du pouvoir, de l'égalité des droits, du rôle de la jeunesse et des femmes dans le processus de définition de nouvelles formes d’exercice de la souveraineté. Et évidemment, les questions sur les moyens de lutte pacifique et des mécanismes de mise en place d'une transition démocratique.

Au programme :

13h00-14h00 : Ateliers thématiques : avec la participation des différentes organisations du collectif Libérons l'Algérie et des citoyen-nes mobilisés pour l'idéal démocratique national.

 14h00-16h00, conférence-débat : « Françalgérie, crimes et mensonges d’États » avec Jean-Baptiste Rivoire, journaliste d'investigation, auteur de nombreux documentaires dont « Benthala , autopsie d’un massacre » (1999), « Algérie : la grande manipulation » (2000) et « Attentats de Paris, enquête sur les commanditaires » (2002).

 16h00-17h30 : Conférence-débat : « La nation en question, histoire et perspectives », avec M. Ali Guenoun, historien.

17h45-20h00 : Table ronde avec MM. :

Said Salhi, vice-président de la Ligue algérienne pour la défense des droits de l’homme (LADDH) : La question des droits de la personne humaine au coeur de la révolution pacifique en cours

 Abdelouhahab FERSAOUI, président du RAJ : la Révolution pacifique : témoignage et perspectives pour l'ouverture d'une transition démocratique.

 Ahcène ZAHRAOUI, sociologue : l'importance stratégique de la mobilisation de l'immigration algérienne sur le plan géopolitique.

 Massensen CHERBI, doctorant en droit à l'Université de Paris II Panthéon-Assas, spécialiste de l'Afrique du Nord : assemblée constituante : modalités de légitimation de la constitution, de définition de l'État, de La nation et du système politique.

 Omar BOURABA, militant de l'Acda (Agir pour la changement et la démocratie en Algérie): bilan et perspectives pour le mouvement populaire.

Hacène LOUCIF : militant du Hirak : désobéissance civile ou dissidence citoyenne ; lecture politique du mouvement populaire pacifique algérien dans sa phase initiale.

Nesroulah Yous: militant des droits de l'homme:  Le devoir de mémoire et la justice transitionnelle.

 

20h00-21h00 : prises de parole des différentes organisations du collectif Libérons l'Algérie :

M. Hakim Addad, fondateur de RAJ et animateur du collectif CSVM-22 février,
- Acda : Agir pour la changement et la démocratie en Algérie, 
Alcaee (Association communauté algérienne à l’étranger),
Association Addra, Collectif Debout l'Algérie, 
FFS France Nord.
- Les Humanistes
- Les Amis de l'académie berbère, 
Les Progressistes, 
- MJC (Mouvement pour la jeunesse et le changement), 
- Riposte internationale,

- UCP (Union pour le changement et le progrès) France
-UEAٍF Sorbonne Université (Union des étudiants algériens de France)



(1) Pour se rendre à la Bourse du travail de Saint-Denis
Métro : Ligne 13 : St-Denis-Porte de Paris 
Train : Ligne D,H ( Station Saint-Denis)
Bus les plus proches :
170, 177, 255, 256, 168, 268 (Station St-Denis Porte de Paris). 
Tramway :  T8
Pour plus d'information consultez le site internet :
http://www.dionyversite.org/bourse_travail.html

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