St-Ethique-slam
Praticien ordinaire du mouvement social : retraité, jardinier, slameur ....
Abonné·e de Mediapart

31 Billets

4 Éditions

Billet de blog 14 nov. 2013

La révolution citoyenne doit se frayer son chemin.

St-Ethique-slam
Praticien ordinaire du mouvement social : retraité, jardinier, slameur ....
Abonné·e de Mediapart

Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

Parce que nous traversons une période à haut risque  où les mobilisations populaires frayent tant avec des options fascisantes : raciste, ras-le-bol fiscal, repli identitaire tant avec des luttes progressistes pour  l’égalité des droits, la justice sociale, la solidarité de classe, il importe de redire le cadre qui structure il rinacimento d’une nouvelle gauche en France et dont le Front de gauche constitue  à ce jour le levier.

Dans ce contexte marqué par une très grande volatilité et face au risque d’une très grande dispersion des énergies, la marche du 1er décembre à l’appel du Front de gauche pour une Révolution fiscale  donne corps sur le plan économique au partage des richesses  et prolonge la marche citoyenne du 5 mai « contre l’austérité, la finance et pour la 6ème République ». Ce cadre politique porte à la fois l’exigence d’une refondation démocratique  et d’une réappropriation sociale  qui ne font qu’un même processus : la révolution citoyenne.

 Décrépitude à gauche et risque de « coagulation » à la droite extrême.

Du magma actuel une seule certitude émerge : la gauche à fait son temps. J’entends la gauche qui dans la dernière période s’est constituée en  gauche plurielle ( PS-PC –EELV ). Au sein du Front de gauche même, un résiduel nostalgique de l’époque ancienne subsiste ; dans un dernier sursaut quelques dirigeants PC  en attendent leur salut faute d’avoir pris la mesure de ce qui se joue vraiment dans la lutte des classes. Mais l’ancien système est caduc pour de bon et tout ce qui s’y réfère mourra. Vraisemblablement les prochaines élections municipales seront pour cette « gauche –là » l’équivalent de ce que  la chute du mur de Berlin a été : une surprise inéluctable.

Dans ce marais, ce noie aussi l’option du vote utile qui a porté Hollande à la présidence. Cette option dite parfois « par défaut » comme pour s’excuser, n’excusera plus rien ; il faut bien être naïf à l’heure qu’il est pour attendre de Hollande un quelconque changement de cap.  A gauche, Il va falloir choisir en toute autonomie et responsabilité citoyenne ; ni leader, ni facteur pour porter le drapeau chacun est renvoyé à sa conscience.

 La droite, poussant à l’extrême-droite,  pense pouvoir tirer les marrons du feu ; tel serait la vox populi si l’on en croit tous les sondages bien intentionnés, les résultats de quelques élections partielles, les mobilisations «anti mariage homo » et celle en cours dites des « bonnets rouges ».  Si nous portons le fer, nous pouvons montrer de quelles nostalgies poujadiste, raciste et colonialiste ils se nourrissent  et se faisant constituent pour les exilés fiscaux, le  MEDEF et autres politiciens en famille, nouveaux parvenus du système, le meilleurs paravent.  Porter le fer est nécessaire, mais peut ne pas suffire  parce que la digue est tombée comme le dit Marie Cosnay (Quand la digue est tombée cf blog ) et que nous risquons d’être submergé par l’irrationnel, par la peste émotionnelle. (cf W. Reich)

Il nous faut reprendre la main !

On ne peut  plus opposer  « la question sociale » : l’exploitation de l’homme par l’homme et la « question nationale » : qui est citoyen de la République ? C’est ce qui donne à la crise son caractère organique. Ainsi le partage des richesses, la liberté de circulation  et  notre écosystème  constitue une problématique unique : notre univers au quotidien.

C’est l’Homme qui est au centre de cet problématique : « l’humain d’abord » disons nous !

Il n’est ni blanc, ni noir, ni étranger, il est tout ça à la fois. Le pays existe : la France : c’est ceux qui y vivent.  Cette perspective locale doit s’inscrire dans une stratégie à l’échelle mondiale. Sur ce plan, comme le rappel Gustave Massiah (blog Attac France) il faut travailler à la perspective d’une transition sociale, écologique, démocratique et géopolitique, et donc un dépassement du capitalisme.

Avec quelles forces ?  

            Les résistances sont multiples et la société à des ressources comme en témoigne la récente mobilisation lycéenne dans le soutien aux élèves sans papiers, à contre courant d’une ambiance faschoïde.  Les conflits sociaux sont durs comme à PSA et comme dans toutes les entreprises confrontées à des plans de liquidation. La résistance est tenace  comme à Notre Dame des Landes ; le travail des réseaux que se soit sur le terrain de l’immigration, du logement, de l’aide au plus démunis  etc …est toujours aussi résolu malgré le poids de l’adversité. Donc, en tant que citoyens, nous ne sommes pas dans un désert de solitude : les initiatives de mobilisation locale voire nationale sont multiples.

             Dans ce contexte de dégradation de la situation économique et sociale et de pourrissement politique des institutions , l’unité syndicale est en berne et explique pour une part les difficultés d’agréger les luttes et révoltes locales. Cette carence à une histoire : Pendant les trente glorieuses, le capitalisme florissant a pu  lâcher du leste sous la pression des grèves revendicatives, sans que soit remis en cause le système. D’où,  s’est installée,  une certaine répartition des tâches entre syndicats,  dit apolitiques ou indépendants,  et les partis politiques réformistes. Notre pensée politique ayant intégré une  hiérarchie des normes   entre social et politique, nous sommes aujourd’hui dans la difficulté pour  analyser le caractère organique de la crise. Que faire des prérogatives de chacun ? Indépendance et recherche de l’ unité ; construire les convergences ; certes . Mais la spécificité de chacune des organisations  nous écarte-t-elle pas des tâches organiques de transformation sociale ? De la prise en compte à la fois de l’écosystème et des aspirations individuelles et collectives.

             Autant dire que dans le marais politique actuel, les organisations syndicales  représentatives sont à la ramasse, marquées qu’elles sont par le clivage économie/politique et faute d’une pensée politique qui leur soit propre, au point de confondre les intérêts de l’ ouvrier et ceux du patron.

La situation n’est pas sans issue pour autant : en 2005, la campagne menée pour le NON au TCE  à partir des collectifs Attac avait en son temps permis d’agréger les forces à contre courant de tous les medias qui appelaient au Oui.  Le Front de gauche, au-delà de la coalition des  partis qui le composent,  est une stratégie politique. Elle pourrait  se donner pour objectif d’être le creuset de ce type de rassemblement unitaire. Accessoirement, ce pourrait être pour le Front de gauche lui-même une perspective de redéploiement  qui permette aux communistes privés de Comité Central de dépasser leur crise interne sans passer par un repli identitaire.

Voilà l’état des forces ; elles existent, elles ne demandent qu’à ce mettre en mouvement   Mais c’est aussi une question de méthode qui reste à débattre.  RDV  le 1er décembre .

Bienvenue dans le Club de Mediapart

Tout·e abonné·e à Mediapart dispose d’un blog et peut exercer sa liberté d’expression dans le respect de notre charte de participation.

Les textes ne sont ni validés, ni modérés en amont de leur publication.

Voir notre charte

À la Une de Mediapart

Journal — Politique
Une pratique révélatrice des impasses de la représentation
Les élections législatives fourmillent de cas de « parachutages ». Volontiers dénoncés, sont-ils si choquants ? La pratique, parfois assumée, n’a pas toujours été mal vue par le passé. Si elle reste sulfureuse, c’est à cause des failles de la représentation dont elle est le symptôme. 
par Fabien Escalona et Ilyes Ramdani
Journal
Nouveau gouvernement : le débrief de Mediapart
Premier conseil des ministres du deuxième quinquennat Macron ce matin, marqué par l’affaire Damien Abad. Émission consacrée donc à notre nouveau gouvernement et à la campagne législative de ceux qui n’en font plus partie, comme Jean-Michel Blanquer, parachuté dans le Loiret.
par À l’air libre
Journal — Écologie
Planification écologique : un gouvernement à trous
Emmanuel Macron avait promis, pendant l’entre-deux-tours, un grand tournant écologique. Si une première ministre a été nommée pour mettre en œuvre une « planification écologique et énergétique », le nouvel organigramme fait apparaître de gros trous et quelques pedigrees étonnants.
par Mickaël Correia, Jade Lindgaard et Amélie Poinssot
Journal — France
Dans le Sud, le pas de deux des identitaires et du RN
À Nice, Menton et Aix-en-Provence, trois figures des identitaires se présentent aux élections législatives sous les couleurs d’Éric Zemmour. Le RN présente face à eux des transfuges de la droite et fustige leur radicalité, alors qu’ils étaient membres du parti quelques mois plus tôt.
par Lucie Delaporte

La sélection du Club

Billet de blog
Raphaël Boutin Kuhlmann : « Les coopératives locales portent l'intérêt général »
Parti s’installer dans la Drôme en 2016, où il a fondé la coopérative foncière « Villages Vivants », Raphaël Boutin Kuhlmann est devenu une figure des nouvelles manières de faire territoire. Dans cet entretien, il revient sur la nécessité de penser autrement l’intérêt général et sur les espoirs qu’il place, face aux crises contemporaines, dans l’innovation et le lien dans les villages.
par Archipel des Alizées
Billet de blog
Habiter
Les humains ne sont pas les seuls à « habiter » : pour les animaux aussi, c'est une préoccupation. Sous la pression économique, les humains n'abandonneraient-ils pas la nécessité d'«habiter » pour se résigner à « loger » ?
par Virginie Lou-Nony
Billet de blog
L'espace public, un concept « vide » ?
Comme le souligne Thierry Paquot dès l’introduction de son ouvrage, « l’espace public est un singulier dont le pluriel – les espaces publics – ne lui correspond pas. » Alors que le premier désigne grossièrement la scène du débat politique, les seconds renvoient à une multiplicité de lieux (rues, places, jardins, etc.) accessibles à tous et la plupart du temps relevant d’une propriété collective.
par Samuel PELRAS
Billet de blog
L’Âge de pierre, de terre ou de raison ?
Le monde du BTP doit se réinventer d’urgence. Les récents événements internationaux ont révélé une nouvelle fois son inadaptation face aux crises de l’énergie et des matières premières. Construire avec des matériaux locaux et peu énergivores devient une évidence de plus en plus difficile à ignorer pour ce secteur si peu enclin au changement.
par Les Grands Moyens