Le LKP passe à l'écrit, et au crible les prix

Il y a plus de deux ans, le Liyannaj kont pwofitasyon («collectif contre la profitation») organisait en Guadeloupe l'une des plus grande grève générale de l'histoire française et ultra-marine, réclamant la fin de l'exploitation outrancière, et obtenant au terme de la signature des accords Bino la reconnaissance de leurs revendications, notamment sur la baisse des prix.

Il y a plus de deux ans, le Liyannaj kont pwofitasyon («collectif contre la profitation») organisait en Guadeloupe l'une des plus grande grève générale de l'histoire française et ultra-marine, réclamant la fin de l'exploitation outrancière, et obtenant au terme de la signature des accords Bino la reconnaissance de leurs revendications, notamment sur la baisse des prix. Las, les promesses du gouvernement n'ont connu que peu de lendemains. Ce samedi, le LKP publie le premier numéro de sa revue, Etudes ouvrières. Pour pointer notamment combien les prix n'ont pas baissé sur l'île antillaise.

 


 

Dans ce n°1, le porte-parole Elie Domota livre un constat accablant: «Que sont devenus les avis de l'Autorité de la Concurrence dénonçant les monopoles oligopolistiques, les marges abusives des importateurs distributeurs, les ententes commerciales illégales, les clauses d'exclusivité anti concurrentielles? Pourquoi tous ces manquements n'ont-ils pas été sanctionnés? Pourquoi l'Etat n'applique-t-il pas l'article L.410-2 du Code de commerce qui prévoit la mise en place de prix réglementés dès lors que le jeu concurrentiel est déséquilibré, comme le LKP le préconise? Bien au contraire, en guise de résultats, les prix ont augmenté en Guadeloupe de 4,2% en 2010 alors qu'ils n'ont augmenté en France que de 1,6% et de 2,3% (maximum) dans les autres colonies.»

Et le directeur du Bureau d'études ouvrières du LKP, Alain Plaisir, d'expliquer dans son édito: «le LKP n'a jamais été ni dupe, ni assez naïf pour croire qu'il suffisait d'une grève pour obliger les capitalistes à rogner de bonne grâce sur leurs profits. Nous ne croyons pas non plus à la neutralité de l'Etat, ni à sa volonté de faire la transparence sur les mécanismes de la pwofitasyon».

Pour appuyer sa critique, Etudes ouvrières a donc recensé et reporté dans sa revue le comparatif des prix dans chaque supermarché de l'île, grâce notamment à des brigades de bénévoles pour relever les (nombreuses) hausses et les (rares) baisses sur une quarantaine de produits depuis deux ans.

 

Pour commander un exemplaire d'Etudes ouvrières: bureau-etudes-ouvrieres@gmail.com

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