Pourquoi je ne me présente pas aux élections législatives?

Clientélisme, clanisme, féodalisme, pauvreté endémique, fuite des plus dégourdis, poids des réseaux trop importants, presse locale non libre,  interpénétrations politico-clanico-institutionnelles par le cumul des mandats et des fonctions, chantages directs et indirects aux subventions, certains emplois de cabinets plus que douteux: le clapotis du fleuve Aude est en train d’épouser le son de la mandoline...

Je souhaite tout simplement vous faire part des raisons qui ont motivé ma décision et qui pourront alimenter vos réflexions, même si celle-ci n’est pas de nature à changer la face du monde !
Vous aurez droit à une multitude de très jolis textes enflammés du candidat André Viola, déjà président du Conseil départemental, qui se découvrira une passion « pour » les circuits-courts et les entreprises locales (alors qu'il est le chef du "circuit fermé" politique et qu’il était pour le mortifère TAFTA !), « pour » l’écologie (alors qu’il était pour le projet d’usine d’huile de palme de Port la Nouvelle et qu’il n’a jamais voulu mettre en place l’éco-conditionnalité des subventions !), « pour » le rural et le développement local (alors qu’il a sciemment supprimé les financements des postes d’agents de développement notamment à Salles sur l’Hers !), « pour », désormais, le programme de Benoit Hamon (alors qu’il a soutenu mordicus François Hollande puis Manuel Valls et qu’il a encore récemment affirmé que le programme de Hamon est « irréaliste et irréalisable » !)… Vous observerez, à travers les spécialités très audoises que sont l’onanisme collectif, le clientélisme et le « Syndrome de Stockholm des élus »… toute une cohorte de maires suivistes, soumis de gré ou de force, en train d’ânonner la « bonne » et seule parole. Pourquoi la « seule » parole ? Tout simplement parce que la presse locale n’est pas libre. L’Indépendant ayant été racheté par La Dépêche, un seul « son de cloche » est entendu, c'est d'ailleurs ce que je vis depuis des années à Castelnaudary où je suis censuré et/ou déformé. On peut ainsi se demander : est-on en réelle démocratie et à quoi ça sert d'avoir le droit de vote si la presse n'est pas libre ?

Clientélisme politique, clanisme, féodalisme, pauvreté endémique, fuite des plus dégourdis, poids des réseaux trop importants, presse locale non libre, interpénétrations politico-clanico-institutionnelles par le cumul des mandats et des fonctions, chantages directs et indirects aux subventions, certains emplois de cabinets plus que douteux, etc… : le clapotis du fleuve Aude est en train d’épouser le son de la mandoline…

Dans ces conditions, et puisqu’encore pour ce coup ci, les dés sont pipés : je passe mon tour !

De plus, dans ce brouhaha jusque là inégalé, les idées arriveront bien après les chamailleries et les batailles d’égos.
En effet, à l’heure où, entre autres, la banquise se fracture et qu’une indispensable et réelle transition énergétique et alimentaire est nécessaire, que la relocalisation de l’économie ne doit plus être risible, que le « Local » doit être vu comme un atout et non comme un caricatural repli sur soi, etc…, il ne sera vraisemblablement question que de « places »…

Vous m’avez, pour la majorité d’entre vous, connu il y a une quinzaine d’années au moment où j’avais créé les premières AMAP de l’Aude et, surtout en 2008, lorsque j’ai réalisé mon expérience de « Locavore » (une année exceptionnelle à ne manger que des produits locaux) au cours de laquelle j’ai popularisé le « Manger Local » qui a été, depuis, repris partout et récupéré localement tout en m’écartant systématiquement. J’ai été ensuite élu, sans accord avec le PS et face à lui, Conseiller Général avec un bilan positif que personne ne conteste sur le Canton de Castelnaudary-Nord, jusqu’à ce que le PS audois fasse découper celui-ci à mon grand désavantage. 
Pionnier des circuits-courts et au-delà de l’alimentation, apporteur de solutions plutôt que de leçons, porteur d’une écologie désirable et concrète, appelant un chat un chat, non sectaire, préférant mettre les mains dans le cambouis plutôt que de crier depuis les tribunes… j’ai été cela au service de tous. Je le demeure et je le resterai !
De plus, non sujet à des idées noires et ayant fait récemment la vérification des freins de ma voiture, je suis d'ailleurs à l’entière disposition d’un éventuel « Médiapart local », d’étudiants en sociologie ou en anthropologie s'ils s'ont intéressés par un éclairage sur les mœurs très particulières de ce territoire également appelé la « petite Corse ».
Je serai ce coup-ci un spectateur attentif et espère assister, pour le bien de cette dernière, que cela soit de gré ou de force et pour des lendemains plus sains et positifs, à l'assainissement de ce « vieux monde » local !

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