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Billet de blog 13 juin 2008

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Intentions, sophistication.

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88. C’est affreux de s’acharner, avec un simple regard naturel, à descendre l’homme et ses sociétés de leur piédestal. Alors qu’il serait positif de souligner ses réussites, sa formidable aventure d’être vivant doué de conscience. Alors que son esprit s’est élevé continuellement depuis son apparition, aussi bien en philosophie qu’en sciences et techniques au service d’un bien être toujours plus fort. On peut même dire que la plupart de ses avancées se caractérisent par une sophistication. Une appréhension plus complexe des phénomènes, et une résolution plus technique et toujours plus efficace. Un assouvissement plus sophistiqué de ses fonctions vitales d’Homo Sapiens, seul ou en société.

Il serait intéressant de faire la part entre sophistication, et élévation de l’esprit. Et pour cela, à partir de faits et de descriptions concernant la magnificence de l’espèce, essayer de remonter aux intentions des décideurs, des acteurs et des spectateurs. Non pas forcément aux intentions affichées pour se justifier aux yeux de tiers ou à ses propres yeux, mais aux intentions plus vraisemblables, celles qu’on peut détecter en s’observant et en observant avec pénétration… C’est tout un programme, n’est-ce pas. Et d’abord, les intentions peuvent-elles être tellement significatives d’un état d’élévation d’esprit (c'est-à-dire non tourné mesquinement vers soi-même ou son groupe d’appartenance), ou bien leur traduction, les actes ?

89. S’évader d’un programme instinctif ?

Comment pourrait-on définir le concept d’élévation d’esprit ? Serait-elle la recherche d’une évasion du programme instinctif qui régit l’être vivant, d’une évasion des chaînes de décisions-déresponsabilisations qui sont engendrées par l’accrétion d’individus dans les organisations de type humaines ? En termes d’intentions intimes? En termes de choix d’actions ?

90. Production et commerce.

En action militaire, la fin justifie les moyens, c’est normal, et si une minorité d’hommes de troupe ont pris un plaisir individuel et collectif avec les corps de quelques vaincus, c’est regrettable, mais la victoire apporte plus qu’une compensation à ces incidents collatéraux. Elle apporte tout à notre cause suprême. D’ailleurs, malgré une enquête rigoureuse, on n’a pas retrouvé les auteurs présumés, et les faits sont sans aucun doute largement exagérés par de mauvais témoins indirects, dévoyés sexuellement et à la solde de nos ennemis actuels. Ils seront jugés selon la loi par notre justice. Et puis certains sont morts valeureusement dans les deux camps, et ils font honneur à l’humanité par leur héroïsme et leur désintéressement.

Par contre, la vente d’armes à des peuplades solvables organisées en groupes rivaux, serait-elle aussi en rapport avec une cause suprême ? Et quelle serait-elle ? En tous cas, ces ventes se font pour la prospérité des fabricants et des marchands d’armes, qui donnent tant de travail à leurs salariés américains, chinois, britanniques, français, israéliens, pour ne citer que les plus performants dans leurs techniques létales et dans leurs ventes. Et les dégâts occasionnés lors de leurs guerres régionales ou locales, sont-ils collatéraux ou principaux, c'est-à-dire dans ce cas font-ils partie intégrante ou non de l’acte de s’industrialiser et de vendre des produits manufacturés ?

91. L’hypertrophie d’une fonction instinctive : le commerce mondial.

L’industriel, soutenu diplomatiquement par le chef d’état qu’il instrumente (les responsables politiques sont à genoux et consentants devant la puissance des gros lobbies qui vendent de la « technologie ») va porter l’exaction et la décimation, avec pour échange : de la croissance, de la prospérité et du bonheur pour son groupe industriel, pour ses actionnaires anonymes qui spéculent sur les ventes à venir et donc le remplacement des matériels, pour ses salariés et leurs familles qui espèrent de tout leur cœur que les commandes seront suffisantes et qu’ils ne soient pas jetés au chômage comme des inutiles, pour ses sous-traitants qui applaudissent au succès… Malgré toute cette sophistication technique, toute cette recherche universitaire, toutes ces usines de pointe, tout ce bonheur argenté répandu sur un côté de la planète, la cause suprême qui régit cette activité n’est-elle pas assimilable à l’hypertrophie d’une de nos trois fonctions primordiales d’être vivant : l’extension de son espace de vie (superficie, confort, influence, etc.)?

92. Création humaine, création instinctive.

L’activité industrielle comme celle de l’armement par exemple (on appelle cela de la « technologie » dans les médias, et elle représente un des premiers postes d’exportation des pays les plus avancés) procède-t-elle d’une élévation de l’esprit des hommes qui y participent, qu’ils soient constructeurs, ingénieurs, commerciaux vendeurs ou acheteurs, actionnaires anonymes, général, soldats des confins du monde civilisé instruits à l’utilisation des matériels technologiques, paysans et bourgeois brûlant sous les gaz, les bombes et les contaminations, ou simples téléspectateurs ? Il y en a qui disent qu’on n’y peut rien parce que cela fait partie de notre condition humaine. Mais alors en acceptant cette raison comme suprême, on ne s’écarterait de la cérébralité de tous les autres êtres vivants que par l’organisation de l’esprit en une sorte d’ingénierie, certes fort complexe, mais strictement appliquée à réaliser un programme instinctif?

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