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Billet de blog 1 août 2013

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De quoi Mariano Rajoy est-il le nom ?

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Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

De quoi Mariano Rajoy est-il le nom ? Du fait que l’Espagne n’est pas encore une démocratie.

Devant le parlement espagnol, le premier ministre, Mariano Rajoy, a donc dit qu’il ne démissionnerait pas et qu’il n’y aurait pas de nouvelles élections législatives. En disant cela, le chef de la majorité a simplement dit à l’Espagne, à l’Europe, à ses partisans, à ses adversaires et, surtout, à ses amis politiques, que son pays n’était pas encore une démocratie.

L’Espagne n’a pas pu encore oublier les décennies de règne du franquisme, l’autoritarisme du pouvoir et les facilités liées au copinage, au clanisme et à la corruption organisée en système de gouvernement.

Mariano Rajoy a dit qu’il avait commis une erreur, celle d’avoir fait confiance au trésorier du parti, senor Barcenas. Soit diront les plus amènes. D’autres oseront affirmer que le bougre est un fieffé coquin et un menteur sans nom. Les plus subtiles avanceront qu’une telle absence de flair fait craindre le pire pour l’Espagne. Beaucoup, surtout parmi la gauche, ont évoqué ce jour – ici en Espagne - la gravité de l’absence de toute crédibilité du premier ministre espagnol. Mariano Rajoy devrait avoir la décence de démissionner. Mais, en héritier de Franco, de la droite fasciste, du pouvoir capitaliste dominant et des corrompus d’entreprises se goinfrant sur le dos des collectivités publiques, Mariano Rajoy veut rester au pouvoir. C’est plus facile de rentabiliser ainsi le pouvoir qu’a daigné lui confier le peuple ibérique !

Démissionner – ou organiser de nouvelles élections (blanc bonnet ou bonnet blanc) – eût été un acte d’abandon de pouvoir. Et une personne qui s’inscrit depuis des années dans un élan antidémocratique congénital ne saurait si facilement avouer ses actes criminels, ses amitiés nauséabondes ou, au mieux, ses œillères caricaturales.

Le parti populaire de Mariano Rajoy, sous la responsabilité de Barcenas, évidemment aussi sous celles de ses tendres amis, a opéré, à des fins de financement politique, des détournements de fonds pour 47 millions d’euros vers la Suisse. Et le seul responsable de ces versements systémiques serait l’ancien trésorier du parti de la majorité. Qui donc, en Europe et ailleurs, peut croire une telle énormité ? Et c’est pourtant très exactement ce que Mariano Rajoy vend à son pays, à son peuple, à tous les citoyens de l’Espagne (et de la Catalogne). Qui donc peut encore se fier à ce premier ministre ?

Seul un pays encore inscrit dans sa chair dans le fascisme franquiste peut accepter sans sourciller cet acte d’atteinte à la démocratie parlementaire.

Et seul un dictateur parlementaire peut oser traiter la Catalogne comme il le fait : volonté de lutter contre la langue catalane, volonté de ne pas distribuer les deniers publics nécessaires au fonctionnement des collectivités publiques catalanes et menaces de couper toutes les retraites en Catalogne, concentrées à Madrid, en cas de maintien du désir d’indépendance de la Catalogne.

Le prochain 11 septembre, à Barcelone et ailleurs, sera « chaud-bouillant ». Qui sait, Rajoy, sur son piédestal dictatorial, pourrait appeler à un rassemblement des forces militaires sur les Ramblas.

Post Scriptum : La Fête nationale de la Catalogne connue en catalan comme la Diada Nacional de Catalunya, la Diada de l’Onze de Setembre(littéralement : la fête du 11 septembre) ou tout simplement La Diada, est la fête nationale de la Catalogne et un symbole national selon l’article 8.1 de son Statut d’Autonomie. Depuis 1886, chaque année, elle commémore la dernière défense de Barcelone le 11 septembre 1714. Elle a été célébrée clandestinement sous le gouvernement de Franco. C’est un jour férié.

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