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Billet de blog 4 octobre 2015

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Affaire Blatter - Platini. La vérité autour d'un plat de spaghettis

L’affaire Blatter – Platini ne sent pas bon, ça sent le cramé, le poisson pourri, le vomi dans les chiottes, le fétide de la sueur, les glandes anales percées de votre labrador chéri. En un mot, ça pue. Ça pue vraiment.

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L’affaire Blatter – Platini ne sent pas bon, ça sent le cramé, le poisson pourri, le vomi dans les chiottes, le fétide de la sueur, les glandes anales percées de votre labrador chéri. En un mot, ça pue. Ça pue vraiment.


Selon L’Equipe, Michel Platini aurait reçu de la FIFA une somme d’un million de francs suisses (917 000 euros) entre 1999 et 2002. Furieux de voir « Sepp » Blatter briguer un quatrième mandat à la tête de l’instance faîtière du foot à défaut de lui passer le flambeau, il aurait, dans un élan revanchard, réclamé son dû de 2 millions de francs suisses, début 2011. Une thèse balayée par l’intéressé qui assure « n’avoir jamais eu l’intention d’être candidat à la FIFA » à l’époque. « Je n’ai pas cherché à obtenir ce paiement rapidement et j’ai quelque peu laissé de côté cet aspect des choses, pour finalement demander à la FIFA le solde de ma rémunération en 2011 », poursuit-il. De son côté, M. Blatter a utilisé les mêmes arguments pour expliquer ce versement.

Le fabricant de boissons américain Coca-Cola, l’exploitant de fast-food McDonalds, Visa et Budweiser ont exigé vendredi la démission du président de la Fifa, Sepp Blatter. Le Valaisan a rapidement annoncé qu’il comptait rester à son poste jusqu’en février. Pour le bien de la FIFA et l’amour du jeu, of course !

En sus du solde de sa rémunération type Smig de 2011 à hauteur de deux millions de francs suisses (brut ou net, l’histoire ne le dit pas encore avec précision, même si l’on sait par la grâce de Sepp Blatter que les retenues sociales ont été conformes au droit suisse !), Michel Platini a bénéficié d’un salaire « ordinaire » d’un million de francs suisses. Le mathématicien sachant compter fait l’addition : 2’000’000 fr. + 1’000’000 fr. = 3’000’000 francs. Au centime près ! Ainsi donc dans le cadre d’une activité à plein temps (Michel, on te croit, tu n’as pas reçu un sou de l’UEFA ni de la voirie de Paris, ton lieu d’habitation, puisque tu étais occupé à pleine énergie à proposer des réformes d’organisation à la FIFA !), Platini a bénéficié de trois milliards de centimes dont les deux tiers ont été acquis alors même que la créance du travailleur était largement prescrite (au fait, le NF va-t-il interroger Michel Zen Ruffinen pour déterminer le montant fixé pour son silence par Sepp Blatter lorsque ces deux frères valaisans ont signé la paix des braves pour mieux se faire la guerre dans les bas-fonds ? Et le ministère public de la Confédération étendra-t-il sa curiosité vers d’autres savoirs contractuels ?). Trois milliards de centimes, une paille quoi !

Tout bien pesé, Michel Platini est extrêmement généreux : il ne s’est pas précipité pour encaisser le fruit de son travail et a même renoncé à la perception des intérêts moratoires. Cette générosité n’est pas de pacotille et peut-être chiffrée en fondant la démonstration sur le taux légal de 5 % applicable en droit suisse des contrats : 5% x 2’000’000 fr. = 100’000 francs par an; le point de départ des intérêts moratoires doit être fixé à la date moyenne d’échéance, soit environ au 1er janvier 2008; au 30 juin 2015, Michel Platini eût pu exiger 100’000 fr. x 8,5 années = 850’000 francs. Et le petit gars de Joeuf devenu star de la Juve et big boss de l’UEFA a généreusement renoncé à ce dû légal. Les mauvaises langues diront que l’accessoire suit en droit le sort du principsa; la créance de base étant prescrite, la générosité de Platini ne s’éleva pas même au prix d’une noisette. Mais alors, bon dieu, pourquoi donc le Français exigea-t-il et obtint-il le paiement du capital prescrit ? Quel sera le journaliste sérieux qui posera cette élémentaire question au dribbleur Blatter ou/et au tireur de coup-franc Platini ?

Un appel est lancé : si Michel Zen Ruffinen peut m’obtenir un rendez-vous pour un repas avec son héros, c’est bien volontiers que L’1Dex lancera une souscription pour financer et offrir le plat de pâtes à l’italienne aux participants. Je veillerai alors à ce que l’enregistreur soit doté de piles neuves pour que les lecteurs de L’1Dex n’en perdent pas une miette. 

On peut rêver, non ?

Bon dimanche aux footballeurs naïfs. Et aux autres ! 

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