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Billet de blog 9 août 2013

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Affaire Bernard Tapie : de l'odieux au malhonnête

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Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

Ancien Président du Conseil constitutionnel de la France et président du Tribunal arbitral en l’affaire Bernard Tapie, Pierre Mazeaud s’exprime dans Le Point du 8 août 2013 : « Je suis un type odieux et insupportable, mais je ne suis pas malhonnête ». Et avant son jugement implacable sur lui-même, cet homme, âgé de 84 ans, est « en mesure de [nous] dire que tout ce que nous avons fait est conforme à la loi, à nos consciences respectives et à l’înstruction devant les juridictions de droit commun. » Et puis il avoue : « Je ne lis quasi plus. La lecture, c’est ma vie, mais, malheureusement, j’ai perdu un œil, je ne sollicite pas trop l’autre. »Cet homme au passé anarchiste et gaulliste ose aussi dire qu’il a simplement lu la sentence et qu’il l’a signée. Dont acte.

Avec un arbitre qui n’a pas lu le dossier et qui a simplement validé une sentence arbitrale qui lui a été soumise en sa qualité de président du Tribunal (sic !), on ne va perdre son temps à argumenter, à démontrer et à convaincre. Il l’a dit : sa conscience a été respectée.

Mais qu’un homme qui fut la plus haute tête de la magistrature de la France ose faire croire que le jugement du Tribunal arbitral a été conforme à la loi et à ce qui se dégageait des juridictions de droit commun est proprement insupportable.

Pierre Mazeaud ne lit plus. Il faut donc être bref et simple : octroyer une indemnité à titre de réparation morale à hauteur de 45 millions d’euros est tout simplement un acte posé hors de tout droit et de toute justice. Il le sait. Le journaliste qui l’interroge le sait. Le lecteur, qui n’est pas bête, le sait aussi.

Aucune question n’est à ce sujet posée. Aucun regret n’est même suggéré. Le journaliste se tait et ouvre ses colonnes à un homme qui fut la plus haute autorité juridictionnelle de la France républicaine.

Un jugement peut être simultanément odieux et malhonnête.

Post Scriptum I : que mes lecteurs valaisans se rassurent : des jugements odieux et malhonnêtes, il en existe partout dans le monde. Même tout près de chez nous.

Post Scriptum II : pour ceux qui voudraient relire quelques-uns de mes écrits sur la chose :

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