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Certains lapsus ont la saveur de l'histoire renversée. Ainsi, au moment même où François Fillon se démène tant et mal pour se sorrir d'un guêpier indescriptible à la suite des révélations homériques du Canard Enchaîné et de Mediapart, voilà que l'un des avocats de la famille du candidat des Républicains commet en conférence de presse un acte manqué de langage qui entre de plein pied dans l'histoire de la France contemporaine : "Penelope Pillon".  

 

Le lapsus, dit-on après avoir lu la psychopathologie de la vie quotidienne de Sigmund, révèle un conflit psychique dans lequel se débat le sujet, qui le pousse à exprimer ce qu'il veut cacher. Et c'est là que l'auditeur attentif de la conférence de presse décèle l'intimité de la pensée exprimée : "Pénélope, Pillons !" On entend presque le murmure d'un pacte financier diabolique auquel sont parties François et sa dame, le premier, représenté par un membre du barreau, soufflant à son épouse la stratégie économique de leur partenariat, à savoir l'accroissement de leur situation patrimoniale commune par la grâce de revenus acquis à travers un pillage des ressources étatiques servant à financer une fiction, celle d'une intense et double activité de ce couple se refusant à apparaître comme des pilleurs. 

 

Groggys au bord du ring, les soutiens de François Fillon en viennent à traiter leurs ennemis à la mode crapuleuse. Et vlan un sale coup dans les gencives de Edwy Plenel en attaquant avec l'épée de la calomnie sa fille Eve. Le fondateur de Mediapart a répondu en père et en journaliste certain de l'ignominie. Si l'honneur de la vérité signifiait encore quelque chose en ce bas monde, celui qui brigue la présidence de la République française offrirait des excuses publiques à Mediapart. Mais aujourd'hui l'honneur dans le champ politique a le poids sur une balance d'une graine de soja face à des kilos d'or que l'on placerait de l'autre côté du plateau pour signifier l'argent public escroqué par les donneurs de morale. 

 

La France pillée de toutes parts, la France ciblée par la vilenie de l'extrême-droite, la France parasitée par les affaires à répétition (de Cahuzac à Bygmalion, de Marine à Penelope, de Balkany à Sarkozy, on ne sait plus où tourner la tête), est aujourdlhui dans un état si exsangue de délabrement moral que le Penelopegate n'est que la goutte ultime d'un syphonage si étendu et si généralisé que plus personne ne peut donner tort à Alexandre Jardin : "J'accuse les hommes politiques d'avoir trahi la démocratie pour se servir".

 

"Penelope, pillons ! Tous nos amis agissent de même, ne soyons pas les cons de la République, assumons mon destin, la France a besoin de nous, notre tirelire cochon céramique rose aussi !"

 

Pillons, pillons, pillons. Avec Fillon !

 

 

Bonjour à tous les escroqués !

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