La Catalogne est sur la route de l’indépendance. Une route libre. Nécessaire. Inéluctable. Au delà de toute certitude. La Catalogne est sur la route de la constitution d’un nouveau pays qui fut de tout temps une nation. « Je ne suis pas espagnol, je suis catalan ».Voilà l’un des cris de ralliement de cette révolution pacifique et de notre temps.

La Catalogne est sur la route d’un projet commun. Sur la Route d’une liberté qui lui appartiendra en propre. D’une autonomie qui ne sera pas celle d’un autre. D’amitiés qui seront celles qu’elle aura choisies sans contraintes ni menaces. La Catalogne est sur cette route-là et personne ne lui obstruera le chemin.

Ni les quolibets de Madrid : sur la blogosphère et dans les journaux madrilènes ce qu’on y voit politiquement dépasse l’entendement.  Le maire de Barcelone, Xavier Trias, est apparu en première page d’un quotidien en un âne catalan. Il avait osé dire que Barcelone aurait pu battre Tokyo et Istanbul. Sous-entendu : avec Madrid la défaite était courue d’avance.

Ni la timidité européenne : les dirigeants des pays européens sont tous dans leurs petits souliers. Parlez-leur de l’indépendance la Catalogne, au mieux ils vous répondront en disant qu’ils apprécient le jeu de Lionel Messi. Ils ont trop peur d’une fessée publique s’ils hâtent trop le pas. L’histoire un jour les laissera sur place.

Ni le silence des média : personne au sein de la vieille Europe ne semble comprendre que l’histoire est en marche. On the road. Car comment expliquer autrement le silence de la presse occidentale avant le jour J. Peu d’articles de fond. Peu de documents rappelant l’histoire de la Catalogne. Aucune ou presque de mises en perspective. Aucune vision à long terme.

Ni la menace des chars : le Catalan n’a pas oublié l’ère franquiste. Le fascisme autoritaire d’antan règle la conduite du citoyen d’aujourd’hui. La possibilité d’un débarquement des militaires sur les ramblas prête à sourire. La Catalogne a déjà vaincu. Et l’Espagne le sait.

Ni l’hypothèse de l’ostracisme : la Catalogne se sait déjà dans l’Europe. Certains politiques ou juristes, mesquins ou coquins, voudront ralentir le processus formel d’intégration pour faire semblant de plaire à Madrid. Mais, inéluctablement, la Catalogne sera européenne. Et Barcelone, sa capitale.

Le 11 septembre 2013, 17 heures 14, l’heure de la révolution poétique de la Catalogne.

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