Charlie Hebdo. La thèse ignoble de Tariq Ramadan

Après l’incendie de Charlie Hebdo, Tarik Ramadan a admonesté Charb en lui disant très clairement que le magazine pratiquait un humour de lâches pour faire de l’argent (cf. video).Comme l’explique dans le numéro 457 de Lacan Quotidien Jacques-Alain Miller dans « Le secret de Charlie »,Tariq Ramadan a récidivé peu après le massacre du 7 janvier 2015. JAM écrit très exactement ceci : « Il y a la thèse ignoble, celle que Tariq Ramadan colportait des le soir de la tuerie, dans un dialogue en anglais avec Art Spiegelman, le créateur de Maus : c’était pour faire de l’argent ».

Après l’incendie de Charlie Hebdo, Tarik Ramadan a admonesté Charb en lui disant très clairement que le magazine pratiquait un humour de lâches pour faire de l’argent (cf. video).

Comme l’explique dans le numéro 457 de Lacan Quotidien Jacques-Alain Miller dans « Le secret de Charlie »,Tariq Ramadan a récidivé peu après le massacre du 7 janvier 2015. JAM écrit très exactement ceci : « Il y a la thèse ignoble, celle que Tariq Ramadan colportait des le soir de la tuerie, dans un dialogue en anglais avec Art Spiegelman, le créateur de Maus : c’était pour faire de l’argent ».

Tariq Ramadan met en application la technique ancestrale préférée de la structure perverse, c’est-à-dire la pratique du déni. Il dénie le courage des journalistes de Charlie Hebdo; il dénie le but recherché, la lutte contre l’islamo-fascisme et pour la laïcité, pour prêter à Charlie Hebdo des objectifs lâches et mercantiles.

Le devoir du citoyen qui croit en la démocratie est de s’élever avec force contre ce discours effectivement ignoble.

Courageux, inconscients diront certains, les journalistes de Charlie Hebdo le furent bien avant d’avoir été victimes d’actes ignominieux. Même ses adversaires les plus coriaces le reconnaissaient. La parole de Tariq Ramadan n’est pas ici destinée aux journalistes de Charlie Hebdo : si on était autant de mauvaise foi que lui on soutiendrait que la lâcheté est une figure de style destinée aux Musulmans pour leur faire avaler le courage des assaillants dont les actes ont par ailleurs été condamnés par lui-même.

Soutenir ensuite que Charlie Hebdo n’avait dans la tête que de faire l’argent sur le dos de l’islam vise à discréditer le but éthique recherché par Charlie Hebdo. Ce discours est une fois encore destiné aux musulmans, et aux naïfs, et vise à faire passer les journalistes de Charlie Hebdo pour des trafiquants d’argent sans scrupules, ne respectant pas même le Prophète.

Charlie Hebdo a failli crever financièrement à plusieurs reprises. Avancer alors l’argument mercantile va bien au-delà de la mauvaise foi la plus crasse. Et puis, au fond, dans notre société éminemment capitaliste, serait-il illégal de créer des richesses par l’humour ? Ce n’est d’ailleurs pas le moindre des pieds de nez que de remarquer que Charlie Hebdo a ressuscité financièrement par la grâce de Mahomet qui lui a ainsi tout pardonné : la mise sur le marché de sept millions d’exemplaires donne raison au mensonge proféré par Tariq Ramadan. On ne va pas lui demander ce qu’il pense de tout cela. Il l’a dit après l’incendie : les actes sont condamnables, la liberté d’expression doit être préservée et les auteurs de l’attentat ne représentent pas l’Islam.

La vocation première de l’adepte du déni est de faire semblant de prononcer des paroles qu’il sait être mensongères face à sa propre vérité.

Tariq Ramadan condamne les actes parce qu’il les sait contraires au droit positif européen. Tariq Ramadan « défend » la liberté d’expression parce qu’il sait qu’elle est en Occident l’arme principale dans les banlieues pour la propagation d’un certain discours musulman. Tariq Ramadan affirme que les auteurs des actes punissables ne représentent pas l’islam parce qu’il ne connaît que trop les conséquences d’un discours qui irait dans le sens opposé.

Affirmer la lâcheté morale de Charlie Hebdo et son esprit de cupidité mercantile relève réellement de l’ignoble.

L’histoire prochaine dira si la RTS et les autres médias européens persévèreront et offriront régulièrement à Tariq Ramadan leurs plateaux pour diffuser sa bonne parole

La responsabilité éditoriale passe parfois par le refus d’inviter à sa table le discours ignoble.

 

Post Scriptum : Mohamed Sifaoui, journaliste, écrivain, polémiste, réalisateur et compagnon de route de Charlie Hebdo s’exprime ainsi dans Le Matin Dimanche du 18 janvier 2015 (p. 14, & 1) : « Tariq Ramadan ne pouvait pas et ne pourra jamais être Charlie, car il est l’héritier d’une pensée qui est celle des Frères Musulmans. Il faut le dire une fois pour toutes et arrêter de vouloir inverser les responsabilités ».

 

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