SWISSMEDIC VERSUS ALKOPHARMA. UN MEDECIN S'INDIGNE ET ... HALLUCINE

Une affaire de Big Pharma, née en France, et "jugée" en Suisse. La manipulation, sous la forme d'un faux étiquetage, de médicaments périmés entraîne une peine de quelques francs. C'est en Valais, c'est en Suisse.

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Un médecin sédunois s’est indigné dans une Tribune de libre opinion parue ce 21 janvier 2018 dans Le Matin Dimanche. Le contenu de cette lettre rejoint largement les positions qui ont été exprimées ici à L’1Dex (1dex.ch [feuilleton : SWISSMEDIC versus ALKOPHARMA])

Demain, nous abordons un autre aspect de cette affaire, le côté obscur de la finance irréfléchie avec « Jean-Daniel Papilloud et l’Emmenthal ».

(PAR JEAN-CHARLES PIGUET)

En tant que médecin, je rêve, j’hallucine à la lecture de votre article. Dans quel monde vit-on (mais on commence à en avoir une vague idée) ! Quand on pense qu’un conducteur à 180 km/h sur une autoroute déserte va prendre une année ferme pour cette infraction sans conséquence, il est difficile d’imaginer que des gens qui, pour le simple profit, se rendent coupables d’une malversation pareille écopent de simples amendes. Et le discours de Me Couchepin accusant Swissmedi – qui n’est de loin pas mon amie – de tous les maux est une insulte honteuse : la faute incombe aux patrons, pas à l’organe de surveillance, qui dénonce ce qui devrait être condamné par de lourdes peines. Et si des gens ont perdu dans l’aventure leur travail, c’est la faute … des coupables. Retourner ainsi la responsabilité est indigne, mais surprend peu dans le canton des petits copains (au-delà donc du seul PDC).

(…)

Je le répète, comme médecin, je vois difficilement ce que l’on peut faire de pire comme acte volontaire, et je me mets parfaitement à la place des familles des défunts, en proie à un légitime questionnement.

Je suis dégoûté, mais merci d’avoir révélé des faits pareils.

 

Post Scriptum : on s’étonne ici que les médecins, individuellement et collectivement n’aient pas précédé le Dr. Jean-Charles Piguet dans son indignation ! Et certains avocats que j’ai rencontrés considérent que le propos du mandataire d’un organe de Alkopharma devrait être saisi par la Chambre de surveillance. A l’évidence, ces gens ne connaissent pas le système de l’intérieur !

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